1Faut-il traiter la ménopause ?
La ménopause n'est pas une maladie : c'est l'arrêt du fonctionnement des ovaires, qui survient en général entre 45 et 55 ans, vers 51 ans en moyenne. Beaucoup de femmes la traversent sans traitement. D'autres sont très gênées : 20 à 25 % des femmes ont des troubles sévères qui affectent leur qualité de vie, et un quart se plaint encore de symptômes au bout de dix ans.
La règle à retenir est assez simple : un traitement se discute quand les symptômes diminuent nettement la qualité de vie, ou en cas de déminéralisation des os confirmée. Ce n'est donc pas « tout ou rien ». On peut commencer par des gestes simples, puis aller plus loin si la gêne reste forte.
Pourquoi tant de signes différents ? Parce que les œstrogènes agissent un peu partout : sur le centre qui règle la température dans le cerveau (d'où les bouffées de chaleur), sur les muqueuses intimes, sur les os, sur le sommeil et l'humeur. Le bon traitement dépend de ce qui vous gêne le plus. Pour faire la liste de vos signes, notre questionnaire peut servir de point de départ.
2Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Repérez ce qui vous gêne le plus : chaleur, nuits, sécheresse, humeur, articulations. Notez-le pendant quelques semaines.
- Bougez régulièrement. Une activité physique régulière atténue les symptômes et préserve la masse musculaire et les os.
- Repérez ce qui déclenche vos bouffées de chaleur en notant ce qui les précède, et évitez-le.
- Arrêtez de fumer et limitez l'alcool, deux conseils qui arrivent en tête de liste quand on parle de ménopause.
- Protégez votre sommeil avec des horaires réguliers, et prenez le temps de souffler (relaxation, yoga, sophrologie améliorent le bien-être).
- Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme si la gêne persiste. Entre 45 et 50 ans, « Mon Bilan Prévention » est l'occasion d'en parler.
3Les traitements, un par un
Le traitement hormonal de la ménopause (THM)
C'est le traitement le plus étudié contre les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Il associe un œstrogène, de préférence en gel ou en patch, et un progestatif si vous avez encore votre utérus. La Haute Autorité de santé a confirmé sa place en 2025, pour les troubles modérés à sévères et pour prévenir l'ostéoporose chez certaines femmes, avec une prescription à la dose minimale efficace et une réévaluation au moins annuelle. Il a des contre-indications (cancer du sein, accident vasculaire cérébral, infarctus, maladie cardiovasculaire) et des risques à peser avec votre médecin. Tout est détaillé sur notre page traitement hormonal de la ménopause.
Les médicaments sans hormones
Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas prendre d'hormones, il existe quelques options, même si leur intérêt reste jugé limité :
- le fézolinétant, sur ordonnance et non remboursé, qui agit sur le centre de la température dans le cerveau. Des atteintes graves du foie ont été observées : l'ANSM impose un bilan du foie avant de commencer et pendant le traitement ;
- la bêta-alanine, dont l'efficacité est peu différente de celle d'un placebo.
Nous les détaillons sur la page traitement sans hormones ; voyez aussi les nouveaux traitements de la ménopause.
Les traitements de la sécheresse intime
Pour la sécheresse intime, il existe d'abord des hydratants et lubrifiants vaginaux, en vente en pharmacie, et sur ordonnance un œstrogène local appliqué dans le vagin, qui réduit la sécheresse et aide aussi contre les cystites et les envies pressantes d'uriner. La sage-femme fait partie des professionnels à qui vous pouvez en parler, au même titre que votre médecin ou votre gynécologue. Notre page sécheresse vaginale : hydratants, lubrifiants, traitements entre dans le détail.
Le soutien psychologique
Pour les troubles du sommeil, l'irritabilité, l'anxiété ou l'humeur en baisse, il existe le dispositif « Mon soutien psy », avec des séances chez un psychologue partenaire. L'hypnose et la thérapie cognitive et comportementale semblent aussi diminuer les bouffées de chaleur.
Les os et le cœur
Après la ménopause, le risque cardiovasculaire augmente et rejoint celui des hommes, et les os perdent de leur solidité. Calcium, vitamine D et activité physique sont recommandés, ainsi que des traitements spécifiques pour les femmes à haut risque de fracture.



















