Aller au contenu

TraitementsGuide

Nouveau traitement de la ménopause sans hormones : où en est-on ?

Une nouvelle famille de médicaments agit sur le « thermostat » du cerveau pour calmer les bouffées de chaleur, sans hormones. Voici ce qui est établi, et ce qu'il faut savoir avant d'en parler à votre médecin.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co5 minutes de lecture
Une femme de 57 ans aux cheveux blancs coupés court, assise face à une personne hors champ dans un bureau chaleureux, qui pose une question en souriant

En bref en 30 secondes

Le fézolinétant est le premier médicament d'une nouvelle famille qui agit sur le centre de régulation de la température dans le cerveau : il est disponible en France sur ordonnance, et il est non remboursé. L'ANSM impose un bilan du foie avant et pendant le traitement, car des atteintes hépatiques graves ont été observées. Un second médicament de cette famille, l'élinzanétant, est autorisé dans l'Union européenne depuis le 17 novembre 2025, mais nous n'avons trouvé aucune information officielle sur sa disponibilité ni sur son remboursement en France.

Dans cet article
  1. 1Pourquoi un médicament sur le cerveau contre les bouffées de chaleur
  2. 2Le fézolinétant : ce qui est établi
  3. 3Le bilan du foie, en pratique
  4. 4Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  5. 5Les autres traitements sans hormones
  6. +Toutes les solutions
  7. 6D'autres médicaments de cette famille arrivent-ils ?
  8. 7Nouveau traitement ou traitement hormonal : comment choisir ?
  9. ?Vos questions

Informations vérifiées le 8 novembre 2026. Ce domaine bouge : nous relisons cette page à chaque nouvelle publication des autorités.

1Pourquoi un médicament sur le cerveau contre les bouffées de chaleur

Les bouffées de chaleur viennent de la baisse des œstrogènes à la ménopause. Elles touchent environ sept femmes sur dix, et durent quelques mois, parfois plusieurs années. Le centre qui règle la température du corps se trouve dans le cerveau, dans une zone appelée l'hypothalamus. Quand les œstrogènes baissent, ce « thermostat » se dérègle et déclenche des bouffées de chaleur et des sueurs, souvent la nuit.

Jusqu'ici, le traitement le plus efficace restait le traitement hormonal, qui compense la baisse des œstrogènes. Mais il ne convient pas à toutes : il est contre-indiqué après un cancer du sein, un accident vasculaire cérébral ou un infarctus, par exemple, et certaines femmes ne souhaitent pas en prendre. Toutes les options sont comparées dans notre page sur les traitements de la ménopause.

La nouvelle famille de médicaments vise directement ce thermostat. C'est une classe qui agit au niveau du cerveau sur la régulation de la température : des antagonistes des récepteurs de la neurokinine 3, une substance qui intervient dans ce réglage. En résumé, le fézolinétant agit sur des médiateurs de l'hypothalamus.

2Le fézolinétant : ce qui est établi

Le fézolinétant (nom commercial Veoza) est le premier représentant de cette famille. Voici ce qui est établi à la date de notre vérification :

  • Disponibilité : il est disponible en France depuis début avril 2025.
  • Ordonnance : il ne s'obtient que sur prescription médicale ; l'ANSM s'adresse aux médecins généralistes, gynécologues et pharmaciens pour encadrer sa prescription.
  • Remboursement : il n'est pas remboursé ; à la date de notre vérification, la Haute Autorité de santé n'a publié aucun avis de remboursement.
  • Efficacité : dans les essais cliniques, il a réduit la fréquence et l'intensité des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes, mais son intérêt reste jugé limité.
  • Foie : le 5 mai 2025, l'ANSM a informé les professionnels de santé que des lésions hépatiques graves avaient été observées avec ce médicament.

3Le bilan du foie, en pratique

L'ANSM a fixé des règles précises :

  • un bilan hépatique (une prise de sang qui mesure le fonctionnement du foie) avant de commencer ; le traitement n'est pas débuté si les résultats sont trop élevés ;
  • un contrôle tous les mois pendant les trois premiers mois, puis selon la situation ;
  • un arrêt du traitement si les valeurs du foie montent au-delà de certains seuils ;
  • une consultation immédiate en cas de fatigue inhabituelle, démangeaisons, jaunisse, urines foncées, selles claires, nausées, vomissements, baisse de l'appétit ou douleurs du ventre.

4Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Notez vos bouffées de chaleur (nombre, moment, gêne) pendant deux semaines : votre médecin pourra juger de leur intensité.
  2. Commencez par les gestes du quotidien : vêtements en couches, chambre fraîche, moins d'alcool, repérer les déclencheurs.
  3. Parlez de l'hypnose ou de la thérapie cognitive et comportementale, qui semblent efficaces.
  4. Préparez votre rendez-vous : vos antécédents (cancer du sein, maladie du foie), vos médicaments actuels, vos questions sur les options avec ou sans hormones.
  5. Si le fézolinétant vous est prescrit, faites les prises de sang prévues et gardez en tête les signes qui doivent faire consulter.

5Les autres traitements sans hormones

Le fézolinétant n'est pas la seule option sans hormones. Votre médecin peut aussi proposer :

  • certains antidépresseurs (de la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine), la clonidine ou la gabapentine. Ils n'ont pas d'autorisation officielle pour les bouffées de chaleur, mais ont montré une efficacité supérieure au placebo ; leurs effets secondaires sont à discuter au cas par cas, et il faut souvent attendre 2 à 3 mois pour l'effet complet ;
  • la bêta-alanine, plus ancienne : son efficacité est limitée et peu différente de celle d'un placebo.

Il existe aussi des alternatives sans médicament dont l'efficacité apparaît supérieure au placebo : l'hypnose, le yoga et l'acupuncture. Et il existe une grande variabilité entre les femmes : ce qui marche pour l'une ne marche pas forcément pour l'autre. Tout est détaillé dans notre page sur les traitements de la ménopause sans hormones.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Gestes du quotidien (vêtements en couches, chambre fraîche, repérer les déclencheurs, moins d'alcool)OrdonnanceNonRembourséNonIls sont conseillés en premier contre les bouffées de chaleur.
Hypnose, thérapie cognitive et comportementaleOrdonnanceNonRembourséSelon les casElles semblent efficaces pour diminuer les bouffées de chaleur.
Fézolinétant (nouvelle famille, sans hormones)OrdonnanceOuiRembourséNonIl réduit la fréquence et l'intensité des bouffées de chaleur dans les essais, avec un bilan du foie obligatoire avant et pendant le traitement.
Élinzanétant (même famille, sans hormones)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casAutorisé dans l'UE depuis le 17 novembre 2025 ; pas d'information officielle sur sa disponibilité ou son remboursement en France.
Autres médicaments sans hormones (certains antidépresseurs, clonidine, gabapentine)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casIls n'ont pas d'autorisation pour cet usage mais font mieux qu'un placebo, avec des effets secondaires à discuter au cas par cas.
Bêta-alanineOrdonnanceNonRembourséNonSon efficacité est limitée et peu différente de celle d'un placebo.
Traitement hormonal de la ménopauseOrdonnanceOuiRembourséSelon les casC'est le traitement le plus efficace, à discuter en l'absence de contre-indication et à réévaluer chaque année.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

6D'autres médicaments de cette famille arrivent-ils ?

Oui : un second médicament de cette famille, l'élinzanétant (nom commercial Lynkuet), a reçu le 17 novembre 2025 une autorisation valable dans toute l'Union européenne. Voici ce qu'on en sait :

  • Indication : les bouffées de chaleur et sueurs nocturnes modérées à sévères liées à la ménopause, ou causées par une hormonothérapie adjuvante après un cancer du sein (un traitement qui bloque les œstrogènes pour limiter le risque de récidive).
  • Fonctionnement : comme le fézolinétant, il bloque l'action de la neurokinine B dans le centre du cerveau qui règle la température, mais sur deux récepteurs au lieu d'un.
  • Ordonnance : il n'est délivré que sur ordonnance, et il fait l'objet d'une surveillance renforcée.
  • Efficacité : dans les études, il a réduit le nombre de bouffées de chaleur modérées à sévères davantage qu'un placebo, avec un effet qui a duré au moins 50 semaines.
  • Effets indésirables : les plus fréquents sont les maux de tête et la fatigue ; il ne doit pas être utilisé pendant une grossesse.
  • En France : à la date de notre vérification, nous n'avons trouvé aucune information officielle sur sa disponibilité ni sur son remboursement.

Nous mettrons cette page à jour dès qu'une autorité française en parlera.

7Nouveau traitement ou traitement hormonal : comment choisir ?

Le traitement hormonal reste le traitement le plus efficace, et les alternatives sans hormones sont surtout utiles en cas de contre-indication. Si les hormones sont possibles pour vous, votre médecin pèsera les bénéfices et les risques ; la Haute Autorité de santé recommande une réévaluation au moins annuelle. Si elles ne le sont pas, ou si vous n'en voulez pas, les traitements sans hormones prennent le relais. Pour comparer, voir notre page sur les traitements des bouffées de chaleur et celle sur le traitement hormonal. Et si ce sont surtout vos nuits qui sont gâchées, lisez notre page sur les sueurs nocturnes.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

Le fézolinétant est-il remboursé ?

Non. À la date de notre vérification (8 novembre 2026), aucun avis de remboursement n'a été publié.

Peut-on le prendre après un cancer du sein ?

Pour le fézolinétant, les sources que nous avons lues ne le précisent pas. L'élinzanétant, lui, est autorisé aussi contre les bouffées de chaleur dues à une hormonothérapie qui suit un cancer du sein. Dans les deux cas, la question est à poser à votre oncologue.

L'élinzanétant est-il disponible en France ?

Il est autorisé dans toute l'Union européenne depuis le 17 novembre 2025. À la date de notre vérification (8 novembre 2026), nous n'avons trouvé aucune information officielle sur sa disponibilité ou son remboursement en France.