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1Pourquoi un médicament sur le cerveau contre les bouffées de chaleur
Les bouffées de chaleur viennent de la baisse des œstrogènes à la ménopause. Elles touchent environ sept femmes sur dix, et durent quelques mois, parfois plusieurs années. Le centre qui règle la température du corps se trouve dans le cerveau, dans une zone appelée l'hypothalamus. Quand les œstrogènes baissent, ce « thermostat » se dérègle et déclenche des bouffées de chaleur et des sueurs, souvent la nuit.
Jusqu'ici, le traitement le plus efficace restait le traitement hormonal, qui compense la baisse des œstrogènes. Mais il ne convient pas à toutes : il est contre-indiqué après un cancer du sein, un accident vasculaire cérébral ou un infarctus, par exemple, et certaines femmes ne souhaitent pas en prendre. Toutes les options sont comparées dans notre page sur les traitements de la ménopause.
La nouvelle famille de médicaments vise directement ce thermostat. C'est une classe qui agit au niveau du cerveau sur la régulation de la température : des antagonistes des récepteurs de la neurokinine 3, une substance qui intervient dans ce réglage. En résumé, le fézolinétant agit sur des médiateurs de l'hypothalamus.
2Le fézolinétant : ce qui est établi
Le fézolinétant (nom commercial Veoza) est le premier représentant de cette famille. Voici ce qui est établi à la date de notre vérification :
- Disponibilité : il est disponible en France depuis début avril 2025.
- Ordonnance : il ne s'obtient que sur prescription médicale ; l'ANSM s'adresse aux médecins généralistes, gynécologues et pharmaciens pour encadrer sa prescription.
- Remboursement : il n'est pas remboursé ; à la date de notre vérification, la Haute Autorité de santé n'a publié aucun avis de remboursement.
- Efficacité : dans les essais cliniques, il a réduit la fréquence et l'intensité des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes, mais son intérêt reste jugé limité.
- Foie : le 5 mai 2025, l'ANSM a informé les professionnels de santé que des lésions hépatiques graves avaient été observées avec ce médicament.
3Le bilan du foie, en pratique
L'ANSM a fixé des règles précises :
- un bilan hépatique (une prise de sang qui mesure le fonctionnement du foie) avant de commencer ; le traitement n'est pas débuté si les résultats sont trop élevés ;
- un contrôle tous les mois pendant les trois premiers mois, puis selon la situation ;
- un arrêt du traitement si les valeurs du foie montent au-delà de certains seuils ;
- une consultation immédiate en cas de fatigue inhabituelle, démangeaisons, jaunisse, urines foncées, selles claires, nausées, vomissements, baisse de l'appétit ou douleurs du ventre.
4Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Notez vos bouffées de chaleur (nombre, moment, gêne) pendant deux semaines : votre médecin pourra juger de leur intensité.
- Commencez par les gestes du quotidien : vêtements en couches, chambre fraîche, moins d'alcool, repérer les déclencheurs.
- Parlez de l'hypnose ou de la thérapie cognitive et comportementale, qui semblent efficaces.
- Préparez votre rendez-vous : vos antécédents (cancer du sein, maladie du foie), vos médicaments actuels, vos questions sur les options avec ou sans hormones.
- Si le fézolinétant vous est prescrit, faites les prises de sang prévues et gardez en tête les signes qui doivent faire consulter.
5Les autres traitements sans hormones
Le fézolinétant n'est pas la seule option sans hormones. Votre médecin peut aussi proposer :
- certains antidépresseurs (de la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine), la clonidine ou la gabapentine. Ils n'ont pas d'autorisation officielle pour les bouffées de chaleur, mais ont montré une efficacité supérieure au placebo ; leurs effets secondaires sont à discuter au cas par cas, et il faut souvent attendre 2 à 3 mois pour l'effet complet ;
- la bêta-alanine, plus ancienne : son efficacité est limitée et peu différente de celle d'un placebo.
Il existe aussi des alternatives sans médicament dont l'efficacité apparaît supérieure au placebo : l'hypnose, le yoga et l'acupuncture. Et il existe une grande variabilité entre les femmes : ce qui marche pour l'une ne marche pas forcément pour l'autre. Tout est détaillé dans notre page sur les traitements de la ménopause sans hormones.





