Aller au contenu

TraitementsGuide

Compléments alimentaires et ménopause : ce qu'ils contiennent, ce qu'on en sait

Gélules, gummies, complexes « ménopause » : le rayon est immense. Plutôt qu'un classement, voici les grandes familles d'ingrédients, ce que les autorités en savent, et les précautions à connaître.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co5 minutes de lecture
Une nature morte sur une table en bois clair : des graines de lin dans un bol, quelques cônes de houblon séchés et des feuilles de sauge

En bref en 30 secondes

Un complément alimentaire n'est pas un médicament : il n'a pas besoin d'autorisation avant d'être vendu, ne peut revendiquer aucun effet thérapeutique et n'est pas remboursé. Pour la plupart des ingrédients « ménopause », les preuves d'efficacité sont faibles ou absentes, et ceux qui contiennent des phyto-œstrogènes sont déconseillés après un cancer du sein ou de l'utérus.

Dans cet article
  1. 1Pourquoi le rayon « ménopause » est si fourni
  2. 2Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  3. 3Les familles d'ingrédients, expliquées honnêtement
  4. 4Gummies, complexes, marques : comment s'y retrouver
  5. +Toutes les solutions
  6. 5Qui doit éviter les compléments « ménopause » ?
  7. 6Combien de temps peut-on prendre un complément ménopause ?
  8. 7Et si rien ne marche ?

1Pourquoi le rayon « ménopause » est si fourni

À la ménopause, les ovaires cessent de produire des œstrogènes et de la progestérone. Cette baisse explique les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la sécheresse intime ou les troubles du sommeil. Beaucoup de femmes cherchent alors un produit sans ordonnance, qu'elles imaginent plus doux qu'un traitement : les compléments alimentaires répondent à cette envie.

Il faut savoir ce qu'est un complément alimentaire, juridiquement. C'est une source concentrée de nutriments ou d'autres substances, destinée à compléter l'alimentation. Contrairement à un médicament, sa commercialisation ne nécessite pas d'autorisation de mise sur le marché : il est simplement déclaré à l'administration, et c'est le fabricant qui est responsable de sa conformité. Il ne peut revendiquer aucun effet thérapeutique. Il n'est soumis à aucun test d'efficacité ni de sécurité avant d'être vendu, et il n'est pas remboursé.

Ce n'est pas une raison pour les rejeter en bloc. C'est une raison pour lire l'étiquette, et pour savoir ce que les autorités disent de chaque ingrédient.

2Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Retournez la boîte et lisez la liste des ingrédients : c'est elle qui compte, pas le nom du produit.
  2. Repérez les phyto-œstrogènes : soja, isoflavones, trèfle rouge, actée à grappes noires, lin, houblon. Si vous avez eu un cancer du sein ou de l'utérus, n'en prenez pas sans l'accord de votre médecin.
  3. Ne cumulez pas plusieurs produits « ménopause » : les prises multiples, répétées ou prolongées sans avis sont déconseillées.
  4. Montrez l'étiquette à votre pharmacien ou à votre médecin, surtout si vous prenez un traitement. Les autres options sont comparées dans notre page sur les traitements de la ménopause.
  5. Achetez dans un circuit contrôlé (pharmacie, magasin), et méfiez-vous des produits qui promettent trop.
  6. Notez vos symptômes avant et pendant la prise : sans changement, inutile de continuer.
  7. Signalez tout effet inhabituel à un professionnel de santé ; les effets des compléments peuvent être déclarés au dispositif de nutrivigilance de l'ANSES.

3Les familles d'ingrédients, expliquées honnêtement

Les isoflavones (soja, trèfle rouge)

Ce sont des phyto-œstrogènes, parfois appelés « œstrogènes végétaux ». Ils semblent moins efficaces que les œstrogènes de synthèse : un soulagement rapporté chez environ 30 % des femmes, contre 70 % avec les produits de synthèse. Aucune étude n'a porté sur leur usage à long terme. Depuis 2012, l'Union européenne interdit aux fabricants d'écrire qu'ils agissent sur les bouffées de chaleur ou la densité osseuse.

Les phyto-œstrogènes du soja ne sont pas recommandés par la Haute Autorité de santé, faute d'évaluation, et ils sont déconseillés après un cancer du sein. Ces produits pourraient entraîner les mêmes risques que les œstrogènes du traitement hormonal, pour une efficacité moindre. Nous détaillons le sujet dans notre page soja et ménopause.

L'actée à grappes noires (cimicifuga)

C'est l'ingrédient de nombreux produits « sans hormones », dont Taïdo Ménoa. Son usage contre les symptômes gênants est reconnu, avec un effet qui serait plutôt psychologique qu'hormonal, à confirmer : une aide possible, sans efficacité claire pour toutes les préparations. Des atteintes du foie, rares, ont été signalées. Elle fait partie des plantes qui contiennent des lignanes, un autre type de phyto-œstrogènes.

Houblon, sauge, lin

Le houblon pourrait avoir une certaine efficacité sur les bouffées de chaleur, sans plus de précision. La sauge officinale, utilisée contre la transpiration et les sueurs nocturnes, repose surtout sur la tradition, avec quelques petites études. Pour les graines de lin, deux études ont donné des résultats contradictoires ; en excès, elles peuvent causer un inconfort intestinal. Plus de détails dans notre page sur la phytothérapie.

DHEA et igname sauvage (« yam »)

La DHEA est une hormone que le corps transforme en œstrogènes. Elle a une certaine activité sur la sécheresse de la peau et du vagin, surtout après 70 ans, mais elle pourrait entraîner les mêmes risques que les œstrogènes. L'igname sauvage contient des substances dont l'industrie se sert pour fabriquer des hormones, mais le corps humain ne sait pas faire cette transformation : ces produits n'ont jamais montré d'efficacité à la ménopause.

Vitamine E, oméga-3 marins, gelée royale

Soyons nets : un apport excessif de vitamine E n'a pas d'effet positif, et un excès augmente même la mortalité ; mieux vaut s'en tenir aux aliments (huiles végétales, fruits secs, graines, jaune d'œuf). Pour les mélanges d'oméga-3 d'origine marine, aucune preuve clinique ne vient étayer leur intérêt à la ménopause. Pour la gelée royale, pas de preuve non plus, et l'Union européenne interdit depuis 2012 de prétendre qu'elle soulage la ménopause.

Calcium et vitamine D

C'est la famille la mieux établie, mais pour les os, pas pour les bouffées de chaleur. Un apport suffisant en calcium et en vitamine D aide à prévenir l'ostéoporose, d'abord par l'alimentation ; un supplément peut être prescrit par votre médecin. Voir notre page sur l'ostéoporose à la ménopause.

4Gummies, complexes, marques : comment s'y retrouver

Gélules, comprimés, gummies : la forme ne change rien à la question. Un « complexe ménopause » est un mélange de plusieurs ingrédients ci-dessus, souvent avec des vitamines et des minéraux. Ymea, Donaclim, Granions, NHCO, Fadiamone, Herbalgem ou d'autres : nous ne classons aucune marque et ne touchons aucune commission. Leurs formules changent d'une gamme à l'autre ; ce qui compte, c'est la liste des ingrédients au dos de la boîte, que vous pouvez comparer aux familles ci-dessus. Nous avons aussi des fiches sur les produits les plus cherchés, comme Sérélys Méno, Manhaé, Ménophytea ou Taïdo Ménoa.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Gestes du quotidien (vêtements en couches, chambre fraîche, moins d'alcool, activité physique)OrdonnanceNonRembourséNonIls passent en premier : repérer les déclencheurs, bouger, limiter l'alcool, dormir à horaires réguliers.
Traitement hormonal de la ménopauseOrdonnanceOuiRembourséSelon les casIl est indiqué pour les troubles qui altèrent la qualité de vie, à la dose minimale efficace et avec une réévaluation au moins annuelle.
Traitements sans hormones sur ordonnanceOrdonnanceOuiRembourséSelon les casUn traitement non hormonal peut être proposé contre les bouffées de chaleur.
Compléments à base d'isoflavones de soja ou de trèfle rougeOrdonnanceNonRembourséNonIls ne sont pas recommandés, faute d'évaluation, et sont déconseillés après un cancer du sein.
Compléments à base d'actée à grappes noiresOrdonnanceNonRembourséNonUne aide possible sans efficacité claire pour toutes les préparations, avec de rares atteintes du foie signalées.
Calcium (avec la vitamine D, pour les os)OrdonnanceSelon les casRembourséSelon les casUn apport suffisant en calcium et vitamine D est recommandé, d'abord par l'alimentation, un supplément pouvant être prescrit.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

5Qui doit éviter les compléments « ménopause » ?

  • Après un cancer du sein ou de l'utérus : ces produits sont déconseillés.
  • Si les œstrogènes vous sont contre-indiqués : n'utilisez pas les compléments à base d'isoflavones.
  • Si vous prenez des médicaments : des interactions existent ; donnez la composition du produit à votre médecin ou pharmacien.
  • Si vous avez une maladie du foie, en particulier pour l'actée, en raison des atteintes du foie signalées.

6Combien de temps peut-on prendre un complément ménopause ?

La prise prolongée de plantes à phyto-œstrogènes n'a pas été étudiée : elle doit se faire sous contrôle médical, et les durées sont en général limitées à quelques mois. Les prises prolongées sans avis d'un professionnel sont déconseillées.

7Et si rien ne marche ?

Ce n'est pas un échec personnel : les preuves sont faibles pour la plupart de ces ingrédients. D'autres pistes ont été évaluées : l'hypnose et la thérapie cognitive et comportementale, un traitement sans hormones ou un traitement hormonal sur ordonnance. Notre page sur les traitements naturels de la ménopause fait le tour de ce qui aide sans médicament.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire