1Pourquoi le rayon « ménopause » est si fourni
À la ménopause, les ovaires cessent de produire des œstrogènes et de la progestérone. Cette baisse explique les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la sécheresse intime ou les troubles du sommeil. Beaucoup de femmes cherchent alors un produit sans ordonnance, qu'elles imaginent plus doux qu'un traitement : les compléments alimentaires répondent à cette envie.
Il faut savoir ce qu'est un complément alimentaire, juridiquement. C'est une source concentrée de nutriments ou d'autres substances, destinée à compléter l'alimentation. Contrairement à un médicament, sa commercialisation ne nécessite pas d'autorisation de mise sur le marché : il est simplement déclaré à l'administration, et c'est le fabricant qui est responsable de sa conformité. Il ne peut revendiquer aucun effet thérapeutique. Il n'est soumis à aucun test d'efficacité ni de sécurité avant d'être vendu, et il n'est pas remboursé.
Ce n'est pas une raison pour les rejeter en bloc. C'est une raison pour lire l'étiquette, et pour savoir ce que les autorités disent de chaque ingrédient.
2Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Retournez la boîte et lisez la liste des ingrédients : c'est elle qui compte, pas le nom du produit.
- Repérez les phyto-œstrogènes : soja, isoflavones, trèfle rouge, actée à grappes noires, lin, houblon. Si vous avez eu un cancer du sein ou de l'utérus, n'en prenez pas sans l'accord de votre médecin.
- Ne cumulez pas plusieurs produits « ménopause » : les prises multiples, répétées ou prolongées sans avis sont déconseillées.
- Montrez l'étiquette à votre pharmacien ou à votre médecin, surtout si vous prenez un traitement. Les autres options sont comparées dans notre page sur les traitements de la ménopause.
- Achetez dans un circuit contrôlé (pharmacie, magasin), et méfiez-vous des produits qui promettent trop.
- Notez vos symptômes avant et pendant la prise : sans changement, inutile de continuer.
- Signalez tout effet inhabituel à un professionnel de santé ; les effets des compléments peuvent être déclarés au dispositif de nutrivigilance de l'ANSES.
3Les familles d'ingrédients, expliquées honnêtement
Les isoflavones (soja, trèfle rouge)
Ce sont des phyto-œstrogènes, parfois appelés « œstrogènes végétaux ». Ils semblent moins efficaces que les œstrogènes de synthèse : un soulagement rapporté chez environ 30 % des femmes, contre 70 % avec les produits de synthèse. Aucune étude n'a porté sur leur usage à long terme. Depuis 2012, l'Union européenne interdit aux fabricants d'écrire qu'ils agissent sur les bouffées de chaleur ou la densité osseuse.
Les phyto-œstrogènes du soja ne sont pas recommandés par la Haute Autorité de santé, faute d'évaluation, et ils sont déconseillés après un cancer du sein. Ces produits pourraient entraîner les mêmes risques que les œstrogènes du traitement hormonal, pour une efficacité moindre. Nous détaillons le sujet dans notre page soja et ménopause.
L'actée à grappes noires (cimicifuga)
C'est l'ingrédient de nombreux produits « sans hormones », dont Taïdo Ménoa. Son usage contre les symptômes gênants est reconnu, avec un effet qui serait plutôt psychologique qu'hormonal, à confirmer : une aide possible, sans efficacité claire pour toutes les préparations. Des atteintes du foie, rares, ont été signalées. Elle fait partie des plantes qui contiennent des lignanes, un autre type de phyto-œstrogènes.
Houblon, sauge, lin
Le houblon pourrait avoir une certaine efficacité sur les bouffées de chaleur, sans plus de précision. La sauge officinale, utilisée contre la transpiration et les sueurs nocturnes, repose surtout sur la tradition, avec quelques petites études. Pour les graines de lin, deux études ont donné des résultats contradictoires ; en excès, elles peuvent causer un inconfort intestinal. Plus de détails dans notre page sur la phytothérapie.
DHEA et igname sauvage (« yam »)
La DHEA est une hormone que le corps transforme en œstrogènes. Elle a une certaine activité sur la sécheresse de la peau et du vagin, surtout après 70 ans, mais elle pourrait entraîner les mêmes risques que les œstrogènes. L'igname sauvage contient des substances dont l'industrie se sert pour fabriquer des hormones, mais le corps humain ne sait pas faire cette transformation : ces produits n'ont jamais montré d'efficacité à la ménopause.
Vitamine E, oméga-3 marins, gelée royale
Soyons nets : un apport excessif de vitamine E n'a pas d'effet positif, et un excès augmente même la mortalité ; mieux vaut s'en tenir aux aliments (huiles végétales, fruits secs, graines, jaune d'œuf). Pour les mélanges d'oméga-3 d'origine marine, aucune preuve clinique ne vient étayer leur intérêt à la ménopause. Pour la gelée royale, pas de preuve non plus, et l'Union européenne interdit depuis 2012 de prétendre qu'elle soulage la ménopause.
Calcium et vitamine D
C'est la famille la mieux établie, mais pour les os, pas pour les bouffées de chaleur. Un apport suffisant en calcium et en vitamine D aide à prévenir l'ostéoporose, d'abord par l'alimentation ; un supplément peut être prescrit par votre médecin. Voir notre page sur l'ostéoporose à la ménopause.
4Gummies, complexes, marques : comment s'y retrouver
Gélules, comprimés, gummies : la forme ne change rien à la question. Un « complexe ménopause » est un mélange de plusieurs ingrédients ci-dessus, souvent avec des vitamines et des minéraux. Ymea, Donaclim, Granions, NHCO, Fadiamone, Herbalgem ou d'autres : nous ne classons aucune marque et ne touchons aucune commission. Leurs formules changent d'une gamme à l'autre ; ce qui compte, c'est la liste des ingrédients au dos de la boîte, que vous pouvez comparer aux familles ci-dessus. Nous avons aussi des fiches sur les produits les plus cherchés, comme Sérélys Méno, Manhaé, Ménophytea ou Taïdo Ménoa.





