On parle beaucoup des bouffées de chaleur, beaucoup moins des os. Pourtant, c'est à la ménopause que se joue une bonne partie de leur avenir, et c'est aussi le moment où les gestes utiles ont le plus de sens.
1Pourquoi la ménopause affaiblit les os
L'os se renouvelle en permanence : de l'os ancien est retiré, de l'os neuf est fabriqué. Les œstrogènes, les hormones fabriquées par les ovaires, protègent cet équilibre : ils freinent la destruction de l'os et soutiennent sa fabrication.
À la ménopause, en moyenne vers 51 ans en France, les ovaires cessent de produire ces hormones. Le résultat : la perte osseuse s'accélère, car le corps fabrique moins de tissu osseux. Cette accélération dure environ 5 à 10 ans.
Ce n'est pas la ménopause seule qui fait l'ostéoporose : la perte osseuse commence doucement dès 45 ans environ, et l'âge reste la première cause. Mais la ménopause appuie sur l'accélérateur. C'est pour cela que l'ostéoporose est 2 à 3 fois plus fréquente chez la femme ménopausée que chez l'homme du même âge.
Le cas de la ménopause précoce, avant 40 ans, est particulier : la perte osseuse commence plus tôt, et elle fait partie des facteurs qui doivent faire envisager une ostéodensitométrie. Voir ménopause précoce.
2Ce que cela représente
Les chiffres officiels donnent la mesure, sans qu'il faille s'en alarmer :
- l'ostéoporose touche une femme ménopausée sur quatre ;
- environ 39 % des femmes vers 65 ans et 70 % à partir de 80 ans ;
- on compte environ 484 000 fractures de fragilité en France en 2019, et on en prévoit environ 610 000 en 2034 ;
- les fractures les plus fréquentes après la ménopause touchent le poignet, le col du fémur et les vertèbres ; quand elles font mal, voyez ostéoporose et douleurs.
Autrement dit, la majorité des femmes ménopausées n'ont pas d'ostéoporose, mais le risque est assez fréquent pour mériter qu'on y pense.
3Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Bougez avec des impacts : marche, danse, tennis. Marchez 3 à 4 fois par semaine, 30 à 45 minutes, et ajoutez du renforcement musculaire. Voir renforcement musculaire.
- Limitez le temps assise : levez-vous toutes les 30 à 60 minutes.
- Mettez du calcium au menu : environ 3 produits laitiers par jour et/ou une eau riche en calcium, et de la vitamine D (poissons gras, jaune d'œuf, lumière du jour). Le détail dans que manger pour ses os.
- Évitez les régimes restrictifs : ils sont déconseillés à la ménopause, et une grande minceur fragilise l'os.
- Arrêtez le tabac : il aggrave l'ostéoporose, et la ménopause arrive en moyenne 1 à 2 ans plus tôt chez les fumeuses.
- Restez sous les repères d'alcool : 10 verres standard par semaine au plus, 2 par jour au plus, avec des jours sans.
- Faites-vous mesurer chaque année : un suivi annuel est recommandé après la ménopause, poids et taille compris ; une perte de taille peut révéler un tassement vertébral.
- Profitez du bilan prévention entre 45 et 50 ans : il aborde la prévention osseuse.
4Le dépistage à la ménopause
Il n'y a pas d'ostéodensitométrie systématique pour toutes les femmes ménopausées. Le médecin propose un bilan selon vos facteurs de risque : une ménopause avant 40 ans, un indice de masse corporelle bas, certains traitements passés (comme les corticoïdes), un manque d'activité physique, une carence en vitamine D, un parent qui s'est cassé le col du fémur, une fracture après un choc léger. Le résultat s'exprime en T-score : voir comprendre son ostéodensitométrie.
5Le traitement de l'ostéoporose chez la femme ménopausée
Le traitement hormonal de la ménopause
Le traitement hormonal réduit le risque de fractures de 30 à 40 % et prévient l'ostéoporose. La HAS a confirmé en 2025 sa place pour prévenir l'ostéoporose chez les femmes à risque accru de fracture, avec une réévaluation au moins une fois par an. Il est recommandé pour les femmes à risque accru de fracture qui ne tolèrent pas ou ne peuvent pas prendre les autres traitements de l'ostéoporose, et il peut être proposé avant 60 ans en cas de risque de fracture avec un T-score de -2 ou moins, sans contre-indication.
Ses risques sont réels et doivent être pesés : cancer du sein, cancer de l'endomètre (avec un œstrogène seul), cancer de l'ovaire en cas de traitement long, maladies cardiovasculaires ; la forme appliquée sur la peau expose moins au risque de phlébite que les comprimés. La densité osseuse diminue aussi de nouveau à l'arrêt. La décision se prend avec votre médecin ou votre gynécologue : voir traitement hormonal de la ménopause.
Les autres médicaments
Biphosphonates, dénosumab, raloxifène, tériparatide, romosozumab : ils sont réservés aux femmes dont le risque de fracture est élevé. Chacun a ses indications et ses effets indésirables, détaillés dans traitement de l'ostéoporose.





