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Os et articulationsGuide

Ostéoporose : ce que peuvent (et ne peuvent pas) les solutions naturelles

Beaucoup de femmes cherchent à protéger leurs os sans médicament. C'est possible en partie, à condition de savoir ce qui a fait ses preuves et ce qui ne l'a pas fait.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co4 minutes de lecture
Deux femmes d'une cinquantaine d'années qui marchent côte à côte avec des bâtons de marche nordique sur un sentier forestier, tenue de randonnée

En bref en 30 secondes

Les solutions naturelles qui comptent vraiment pour les os sont l'activité physique, une alimentation riche en calcium et en vitamine D, l'arrêt du tabac et la prévention des chutes. En revanche, aucune plante n'est reconnue comme traitement par les autorités de santé et l'efficacité de l'homéopathie est jugée insuffisante : elles ne remplacent pas un traitement quand le risque de fracture est élevé.

Dans cet article
  1. 1Pourquoi les os ont besoin d'autre chose que de « bons produits »
  2. 2Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  3. 3L'homéopathie et l'ostéoporose : ce qu'on en sait
  4. 4Les plantes médicinales et les compléments, expliqués honnêtement
  5. 5Ostéopénie : le traitement naturel suffit-il ?
  6. +Toutes les solutions
  7. 6Et quand le risque de fracture est élevé ?
  8. ?Vos questions

Vouloir prendre soin de ses os sans médicament est une envie très partagée. La réponse honnête tient en deux temps : une partie des solutions « naturelles » est recommandée par les autorités de santé, une autre n'a jamais fait ses preuves. Pour les bases, voyez d'abord notre page pour comprendre l'ostéoporose.

1Pourquoi les os ont besoin d'autre chose que de « bons produits »

L'os se renouvelle en permanence : il est sans cesse détruit et reconstruit. Avec l'âge, et surtout après la ménopause, la destruction prend le dessus (voir ostéoporose et ménopause). Ce qui aide l'os à se maintenir, c'est d'abord le mouvement : bouger renforce les muscles et préserve la densité osseuse avec l'âge. L'alimentation fournit ensuite les matériaux (calcium, vitamine D, protéines).

C'est pour cela que la Haute Autorité de santé, avant tout médicament, demande de corriger les carences en calcium et en vitamine D, d'arrêter le tabac, d'encourager l'activité physique et de prévenir les chutes. Ces mesures sont « naturelles » au sens propre, et elles sont la base du traitement pour toutes.

2Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Marchez, dansez, montez les escaliers : privilégiez les exercices « en charge », où l'on porte son poids, comme la marche, la randonnée, le tennis ou le step.
  2. Ajoutez du renforcement musculaire : haltères légers, élastiques, exercices au poids du corps. Voir renforcement musculaire.
  3. Travaillez votre équilibre et votre souplesse : ils réduisent le risque de chute, et donc de fracture.
  4. Remplissez votre assiette de calcium et de vitamine D : laitages, eaux riches en calcium, poissons gras, jaune d'œuf. Le détail dans que manger en cas d'ostéoporose.
  5. Profitez de la lumière du jour : la vitamine D se forme dans la peau sous l'effet du soleil.
  6. Arrêtez le tabac et réduisez l'alcool : tous deux aggravent l'ostéoporose.
  7. Gardez un poids suffisant : une grande minceur favorise l'ostéoporose.

En cas de tassement vertébral, la natation est plutôt recommandée. Avec une ostéoporose connue, demandez à votre médecin quelles activités vous conviennent.

3L'homéopathie et l'ostéoporose : ce qu'on en sait

En 2019, la Haute Autorité de santé a évalué près de 1 200 médicaments homéopathiques et plus de 1 000 publications. Sa conclusion : leur efficacité n'est pas suffisamment démontrée pour justifier un remboursement, et elle a rendu un avis défavorable à leur prise en charge.

Un avertissement compte particulièrement pour les os : le recours à l'homéopathie ne doit pas retarder la prescription des soins nécessaires, surtout pour les maladies graves et évolutives. Une ostéoporose sévère, avec des fractures, en fait partie. Prendre de l'homéopathie n'est pas interdit, mais elle ne remplace pas une évaluation du risque de fracture. Plus de détails dans homéopathie et ménopause.

4Les plantes médicinales et les compléments, expliqués honnêtement

On trouve en pharmacie et en magasin bio des produits pour les os à base de prêle, d'ortie, d'algues, de soja, de curcuma ou de collagène. Voici ce que l'on en sait :

  • Aucune plante n'est reconnue comme traitement de l'ostéoporose. Nous n'avons trouvé aucune position officielle établissant un effet de la prêle ou de l'ortie sur le risque de fracture.
  • Les isoflavones de soja : l'Autorité européenne de sécurité des aliments a refusé l'allégation selon laquelle elles maintiendraient la densité osseuse après la ménopause. Les phyto-œstrogènes du soja ne sont pas recommandés, et ils sont déconseillés aux femmes qui ont eu un cancer du sein.
  • L'ipriflavone, un dérivé de synthèse d'une isoflavone, est vendue comme médicament en Italie ; elle peut être toxique pour les globules blancs, ce qui limite son usage.
  • Coquille d'huître, oméga-3, germe de blé, certaines fibres : depuis 2012, les autorités européennes ont refusé leurs allégations sur la santé des os, faute de preuves suffisantes.
  • Calcium et vitamine D en complément : ils aident les personnes carencées, mais ils ne suffisent pas à traiter une ostéoporose installée. Un dosage sanguin est recommandé chez les personnes à risque de carence en vitamine D, avec une supplémentation prescrite par le médecin si le taux est bas.

Retenez ceci : un complément alimentaire n'a pas le droit de prétendre prévenir, traiter ou faire disparaître une maladie. Et naturel ne veut pas dire inoffensif : consultez un professionnel de santé avant toute phytothérapie, homéopathie ou tout complément. Pour les plantes de la ménopause en général : phytothérapie et ménopause.

5Ostéopénie : le traitement naturel suffit-il ?

Avec une ostéopénie, c'est-à-dire une densité un peu basse sans ostéoporose, l'hygiène de vie est souvent la seule mesure proposée. Un traitement préventif se discute à partir d'un T-score de -2,5, et seulement si le risque de fracture est élevé. Bouger, bien manger et arrêter de fumer sont donc ici le cœur de la prise en charge. Voir ostéopénie.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Activité physique (marche, danse, renforcement, équilibre)OrdonnanceNonRembourséNonRecommandée à tout âge, elle préserve la densité osseuse, renforce les muscles et réduit le risque de chute.
Alimentation riche en calcium et en vitamine D, lumière du jourOrdonnanceNonRembourséNonLaitages, eaux riches en calcium, poissons gras et jaune d'œuf sont conseillés, la vitamine D se formant aussi sous l'effet de la lumière.
Arrêt du tabac, alcool limitéOrdonnanceNonRembourséNonLe tabac et l'alcool aggravent l'ostéoporose.
HoméopathieOrdonnanceNonRembourséNonSon efficacité a été jugée insuffisante en 2019, et elle ne doit jamais retarder les soins nécessaires.
Plantes et compléments « os » (prêle, ortie, isoflavones de soja…)OrdonnanceNonRembourséNonL'avis d'un professionnel est nécessaire avant toute plante ou tout complément, et les isoflavones de soja ne sont pas recommandées.
Médicaments de l'ostéoporoseOrdonnanceOuiRembourséSelon les casIls sont réservés aux personnes dont le risque de fracture est élevé.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

6Et quand le risque de fracture est élevé ?

C'est là que les solutions naturelles montrent leurs limites. L'activité physique et l'alimentation restent indispensables, mais elles ne suffisent pas toujours. Après une fracture vertébrale, le risque d'une nouvelle fracture est d'environ 25 % dans l'année. Dans ce cas, un médicament se discute avec votre médecin, qui pèse avec vous bénéfices et effets indésirables. Rien n'empêche de continuer à bouger et à bien manger en parallèle : l'activité physique, la correction des carences et la prévention des chutes accompagnent tout traitement, comme expliqué plus haut. Toutes les options sont décrites dans traitement de l'ostéoporose.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

La naturopathie peut-elle traiter l'ostéoporose ?

La naturopathie ne figure pas parmi les traitements reconnus de l'ostéoporose. Les conseils d'hygiène de vie (bouger, bien manger, arrêter de fumer) sont utiles quel que soit le cadre où on les reçoit.

Les plantes peuvent-elles remplacer un traitement en cas d'ostéoporose sévère ?

Non. Aucune plante n'a fait la preuve d'un effet sur le risque de fracture, et ces approches ne doivent pas retarder les soins nécessaires.