L'ostéoporose fait partie de ces mots qu'on entend autour de 50 ans sans trop savoir ce qu'ils recouvrent. La bonne nouvelle, c'est qu'on sait la repérer avant la fracture, et qu'on peut agir à tout âge.
1L'ostéoporose, c'est quoi exactement ?
L'os n'est pas un matériau figé. Il se renouvelle sans arrêt : certaines cellules retirent l'os ancien, d'autres fabriquent de l'os neuf. C'est ce qu'on appelle le remodelage osseux.
La masse osseuse augmente jusque vers 25 ans, reste stable jusque vers 45 ans, puis la destruction l'emporte peu à peu sur la fabrication. Quand cette perte devient importante, les os perdent de leur densité et leur structure interne s'abîme : c'est l'ostéoporose, une maladie diffuse du squelette.
Conséquence : l'os casse plus facilement. Les médecins parlent de fracture de fragilité quand un os se brise après un choc léger, au plus une chute de sa propre hauteur en marchant.
L'ostéoporose touche l'os lui-même. Elle ne doit pas être confondue avec l'arthrose, qui use le cartilage des articulations : nous détaillons la différence dans arthrose ou ostéoporose.
2Les causes de l'ostéoporose
Il n'y a presque jamais une seule cause. Plusieurs facteurs s'additionnent :
- L'âge, principal facteur : avec les années, l'os se reconstruit moins bien, chez les femmes comme chez les hommes.
- La ménopause : la baisse des œstrogènes accélère la perte osseuse, d'autant plus si la ménopause arrive avant 40 ans.
- L'hérédité : le capital osseux construit dans la jeunesse dépend en partie des gènes, et les antécédents familiaux comptent.
- Certains médicaments : les corticoïdes à forte dose pendant au moins trois mois, certains traitements hormonaux (endométriose, cancer du sein), les inhibiteurs de la pompe à protons (médicaments contre l'acidité de l'estomac) et certains antidépresseurs.
- Certaines maladies : une hyperthyroïdie ou une hyperparathyroïdie, par exemple.
- Les carences en vitamine D (surtout en hiver ou quand on sort peu) et en calcium.
- Le mode de vie : une grande minceur (indice de masse corporelle inférieur à 19), la sédentarité, une immobilisation prolongée, le tabac et l'alcool.
3Ostéoporose et âge : qui est concerné ?
Quelques chiffres donnent la mesure :
| Repère | |
|---|---|
| Femmes vers 65 ans | environ 39 % ont une ostéoporose |
| Femmes de 80 ans et plus | environ 70 % |
| Personnes touchées en France (2019) | près de 4 millions, soit 5,5 % de la population |
| Fractures de fragilité (2019) | environ 484 000, surtout col du fémur, vertèbres et poignet |
L'ostéoporose de la femme est donc la plus fréquente : les femmes sont 2 à 3 fois plus touchées que les hommes. Les hommes ne sont pas épargnés pour autant, puisqu'un quart des fractures de fragilité les concernent.
4Pourquoi les femmes sont plus touchées
Les œstrogènes protègent l'os : ils freinent sa destruction et soutiennent sa fabrication. À la ménopause, leur chute brutale accélère la perte osseuse pendant environ 5 à 10 ans. Nous détaillons ce mécanisme dans ostéoporose et ménopause.
Ce n'est pas une fatalité : toutes les femmes ne feront pas d'ostéoporose, et le capital osseux de départ, l'activité physique et l'alimentation pèsent dans la balance.
5Une maladie silencieuse : les signes à connaître
L'ostéoporose n'entraîne aucun symptôme au début. Elle est souvent découverte à l'occasion d'une fracture. Les plus fréquentes touchent :
- le poignet et l'avant-bras ;
- les vertèbres (on parlait autrefois de tassements vertébraux) : c'est l'ostéoporose du rachis, la colonne vertébrale ;
- le col du fémur, en haut de la cuisse, la fracture la plus lourde de conséquences.
Les fractures des vertèbres sont souvent peu ou pas douloureuses. Elles se repèrent à une perte de taille et à un dos qui se voûte. Une perte de 3 à 4 cm par rapport à votre taille habituelle doit faire rechercher une ostéoporose. Pour les douleurs, voyez notre page ostéoporose et douleurs.
6Le dépistage : l'ostéodensitométrie
L'examen de référence s'appelle l'ostéodensitométrie. Il mesure la densité de l'os au niveau de la colonne lombaire et du col du fémur, dure moins de 15 minutes, sans injection ni prise de sang, et ne fait pas mal.
Il n'est pas proposé à tout le monde. Il n'est utile qu'en présence de facteurs de risque médicaux. Il est pris en charge à 70 % par l'Assurance Maladie dans ces situations :
- à tout âge : une fracture sans choc violent, ou une maladie ou un traitement qui fragilise l'os (hyperthyroïdie, hyperparathyroïdie, corticoïdes pendant plus de trois mois) ;
- chez la femme ménopausée : un parent (père, mère) qui s'est cassé le col du fémur sans choc violent, un indice de masse corporelle inférieur à 19, une ménopause avant 40 ans, ou des corticoïdes pris plus de trois mois de suite par le passé.
Un second examen est possible dans certains cas (à l'arrêt d'un traitement de l'ostéoporose, ou trois à cinq ans après un premier examen normal ou montrant une ostéopénie). Sous traitement hormonal de la ménopause, l'examen n'est pas recommandé.
Le résultat s'exprime en T-score, qui compare votre os à celui d'un adulte jeune :
| T-score | Ce que cela veut dire |
|---|---|
| supérieur à -1 | densité normale |
| entre -1 et -2,5 | ostéopénie (os moins dense, pas encore ostéoporose) |
| -2,5 ou moins | ostéoporose |
| -2,5 ou moins avec une ou plusieurs fractures | ostéoporose sévère |
Le médecin complète souvent avec un calcul du risque de fracture à dix ans (l'outil FRAX). Tout est expliqué dans comprendre son ostéodensitométrie, et l'ostéopénie a sa propre page : ostéopénie. Pour les questions de prise en charge, voyez ostéoporose et ALD.
7Ostéoporose sévère : ce que cela signifie
On parle d'ostéoporose sévère quand le T-score est à -2,5 ou moins et qu'il y a déjà eu une ou plusieurs fractures. Ce n'est pas une question de douleur, mais de risque : après une fracture d'une vertèbre, le risque d'en faire une nouvelle est d'environ 25 % dans l'année. C'est pourquoi un traitement est alors souvent discuté.
8Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Bougez tous les jours : marche, danse, escaliers. L'idéal est d'associer des exercices « en charge » (où l'on porte son poids) et du renforcement musculaire, voir notre page renforcement musculaire.
- Travaillez votre équilibre : il limite les chutes, et donc les fractures.
- Mettez du calcium et de la vitamine D dans vos assiettes : laitages, eaux riches en calcium, poissons gras, jaune d'œuf.
- Ne mangez pas trop peu : les besoins ne baissent pas avec l'âge et une grande maigreur fragilise l'os.
- Arrêtez le tabac et gardez l'alcool sous les repères (pas plus de 10 verres par semaine, 2 par jour au plus, avec des jours sans).
- Sécurisez votre logement : lumière, tapis retirés, barres d'appui, fils rangés.
- Signalez une perte de taille ou une fracture « bête » à votre médecin, et demandez-lui s'il faut évaluer votre risque.
9Et les traitements ?
La Haute Autorité de santé est claire : un médicament contre l'ostéoporose n'est indiqué que si le risque de fracture est élevé. Il en existe plusieurs familles, et le traitement hormonal de la ménopause peut aussi avoir sa place chez certaines femmes. La décision se prend avec le médecin, après une évaluation complète. Nous présentons chaque option, avec ses effets indésirables, dans traitement de l'ostéoporose.
Les compléments et les plantes ont-ils un intérêt ? Le calcium et la vitamine D ne suffisent pas à traiter une ostéoporose installée. Ce que l'on sait des solutions naturelles est réuni dans traitement naturel de l'ostéoporose.














