Se casser le poignet en tombant de sa hauteur, ce n'est pas « juste de la malchance ». Chez une femme ménopausée, c'est souvent le premier signe que les os ont perdu de leur solidité, et l'occasion de faire le point.
1Qu'est-ce qu'une fracture ostéoporotique ?
Les médecins parlent de fracture de fragilité quand un os se casse après un traumatisme léger, au plus équivalent à une chute de sa propre hauteur en marchant. Un os normal résiste à ce type de choc ; un os fragilisé par l'ostéoporose, non.
On parle aussi d'ostéoporose fracturaire quand l'ostéoporose s'est déjà compliquée d'une fracture. Et d'ostéoporose sévère quand le T-score à l'ostéodensitométrie est à -2,5 ou moins avec une ou plusieurs fractures.
En France, environ 484 000 fractures de fragilité ont été recensées en 2019. Elles pourraient atteindre environ 610 000 en 2034.
2Pourquoi l'os casse : ce qui augmente le risque
L'ostéoporose rend l'os moins dense et abîme sa structure interne (voir l'ostéoporose, causes et dépistage). Mais une fracture, c'est presque toujours un os fragile plus une chute. Voici les facteurs qui augmentent le risque de fracture :
- une fracture de fragilité passée, le facteur le plus fort ;
- pour une femme ménopausée, un parent qui s'est cassé le haut du fémur ;
- le risque de chute, et certaines maladies chroniques (Parkinson, Alzheimer, diabète, maladies du cœur, bronchite chronique).
Et ce qui fait tomber : alcool régulier, plus de 80 ans, sédentarité, logement mal adapté, baisse de la vue, séquelles d'accident vasculaire cérébral, arthrose de la hanche ou du genou, dépression, et la prise de plus de quatre médicaments qui diminuent la vigilance (somnifères, anxiolytiques).
3Les trois fractures les plus fréquentes
Les fractures des vertèbres (tassements vertébraux)
Une vertèbre fragile s'écrase sur elle-même. Ces fractures vertébrales sont le plus souvent non douloureuses, mais certaines sont très douloureuses : les deux situations existent. Elles entraînent une perte de taille et, quand elles se répètent, un dos qui se voûte (cyphose). Une perte de 3 à 4 cm doit faire rechercher une ostéoporose. Pour les douleurs du dos : ostéoporose et douleurs.
Le poignet et l'avant-bras
C'est l'une des fractures les plus fréquentes de l'ostéoporose. Comme les autres, elle peut être la première manifestation d'une ostéoporose jusque-là silencieuse.
Le col du fémur
C'est la fracture du haut de la cuisse, près de la hanche. Elle est la plus lourde : seule la moitié des plus de 60 ans retrouvent une mobilité normale de la hanche après une fracture du col du fémur. Les fractures sévères peuvent menacer la vie des personnes âgées ou fragiles et laissent souvent des douleurs durables.
4Après une fracture : pourquoi il faut aller plus loin
Une fracture de fragilité ne se résume pas au plâtre ou à l'opération. Elle signale un risque :
- après une fracture vertébrale, le risque d'une nouvelle fracture est d'environ 25 % dans l'année ;
- le dépistage de l'ostéoporose après une fracture reste insuffisant en France.
Concrètement, une fracture « bête » doit vous amener à demander à votre médecin si une ostéodensitométrie est utile. Cet examen est justement indiqué après une fracture sans choc violent.
5Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Parlez de votre fracture à votre médecin traitant, même ancienne, et demandez si une ostéoporose doit être recherchée.
- Faites-vous mesurer : une perte de taille trahit parfois des tassements passés inaperçus.
- Sécurisez votre logement : retirez les tapis, dégagez les passages, rangez les fils, installez des barres d'appui, éclairez bien.
- Faites contrôler votre vue régulièrement.
- Signalez à votre médecin vertiges, troubles de l'équilibre, douleurs dans les jambes, et les médicaments qui vous endorment dans la journée.
- Portez des chaussures fermées qui tiennent bien le pied, et des vêtements à votre taille.
- Reprenez une activité adaptée dès que possible : la natation est recommandée après un tassement, et le médecin peut prescrire une activité physique adaptée encadrée.
6Le traitement de l'ostéoporose fracturaire
Après une fracture de fragilité, la question d'un traitement de fond se pose presque toujours, car le risque de fracture est élevé : c'est la condition posée par la Haute Autorité de santé dans ses recommandations. Le choix dépend du type et du nombre de fractures :
- les biphosphonates sont le premier choix ;
- le tériparatide est réservé aux personnes ayant au moins deux fractures vertébrales ;
- le romosozumab est réservé aux femmes ménopausées de moins de 75 ans avec une ostéoporose sévère, une fracture sévère et sans maladie cardiovasculaire.
Le traitement dure plusieurs années et ne s'arrête pas sans avis médical, même sans nouvelle fracture. Le détail, effets indésirables compris, est dans traitement de l'ostéoporose.
Les sources officielles grand public que nous avons lues ne détaillent pas la prise en charge de la douleur du tassement lui-même (antidouleurs, corset, gestes sur la vertèbre) : elle se décide avec le médecin, au cas par cas.





