L'arthrose n'est pas une fatalité de l'âge réservée aux autres. Elle est fréquente, elle touche davantage les femmes après la ménopause, et il existe des moyens concrets de garder des articulations mobiles.
1L'arthrose, c'est quoi ?
Au bout de chaque os, dans une articulation, une couche de cartilage permet aux os de glisser l'un sur l'autre. Un liquide, sécrété par une membrane qui tapisse l'articulation, la lubrifie et nourrit ce cartilage. L'arthrose, c'est l'usure et la destruction progressive de ce cartilage, puis l'atteinte des autres structures de l'articulation.
Elle est très fréquente avec l'âge. Elle touche 3 % des moins de 45 ans, 65 % des plus de 65 ans et 80 % des plus de 80 ans. L'arthrose du genou concerne à elle seule 30 % des 65-75 ans.
2Pourquoi l'arthrose apparaît souvent après la ménopause
Parmi les facteurs qui favorisent l'arthrose du genou, il y a le sexe et le statut hormonal, les femmes étant plus touchées, surtout après la ménopause. Le mécanisme précis reste mal connu.
D'autres facteurs s'ajoutent, et ce sont souvent eux qui font la différence :
- l'âge, l'arthrose étant rare avant 40 ans ;
- le surpoids, qui augmente la pression sur les genoux et les hanches ;
- les sollicitations répétées : travail à genoux ou accroupi, port de charges lourdes, sport intensif mal maîtrisé ;
- la sédentarité ;
- les troubles métaboliques : diabète, hypertension, cholestérol ;
- l'hérédité, établie pour l'arthrose du genou et de la main ;
- les anciennes blessures : ménisque, ligament, fracture.
Les douleurs articulaires de la ménopause, diffuses et changeantes, ne sont pas la même chose que l'arthrose : elles bougent d'une articulation à l'autre, alors que l'arthrose revient au même endroit. Voir douleurs articulaires à la ménopause.
3Comment reconnaître l'arthrose
Pour le genou, les signes sont :
- une douleur « mécanique » : elle apparaît ou s'aggrave à l'effort (marche, escaliers, port de charges) et se calme au repos ;
- une raideur le matin qui se dérouille en moins d'un quart d'heure ;
- des poussées : quelques jours de douleur plus forte, avec un genou gonflé et une raideur du matin qui dure plus longtemps ;
- à un stade avancé, des sensations de blocage, de dérobement ou de craquement.
Le diagnostic repose sur l'examen par le médecin traitant et une radio. Point rassurant : une arthrose visible à la radio mais qui ne fait pas mal ne demande pas de traitement.
L'arthrose peut aussi toucher d'autres articulations, comme la main ou la hanche. Ces douleurs ont d'autres causes possibles : parlez-en à votre médecin, qui fera la différence.
4Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Bougez régulièrement, en dehors des poussées : l'activité physique fait partie du traitement et soulage la douleur. La marche est encouragée hors poussée.
- Mettez-vous au repos relatif pendant une poussée, puis reprenez progressivement.
- Renforcez les muscles qui portent l'articulation : les cuisses pour le genou. Voir renforcer ses genoux et Pilates doux après 50 ans.
- Allégez la charge si vous êtes en surpoids, sans régime sévère.
- Évitez les longues positions à genoux ou accroupie, et les charges lourdes.
- Parlez à votre pharmacien avant tout antidouleur régulier, surtout les anti-inflammatoires.
Pour l'arthrose du genou, le vélo et le ski sont déconseillés ; demandez à votre médecin ce qui convient à votre articulation.
5Les traitements de l'arthrose
Pour le genou, la prise en charge se fait par étapes :
- Le paracétamol en premier, sauf maladie du foie.
- Les anti-inflammatoires si le paracétamol ne suffit pas, sur 5 jours au plus, à la dose la plus faible et sans en associer plusieurs, car ils exposent à des effets indésirables sur l'estomac, le cœur et les reins.
- Les infiltrations de corticoïdes, qui soulagent sans réparer le cartilage. L'acide hyaluronique n'améliore pas non plus le cartilage et n'est pas remboursé.
- La kinésithérapie, d'abord encadrée puis poursuivie à la maison.
- La chirurgie, seulement si le traitement médical échoue : correction de l'axe de la jambe, prothèse.





