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Traitement hormonal de la ménopause (THM ou THS) : pour qui, comment

Le traitement hormonal de la ménopause a longtemps fait peur, puis il est revenu dans les cabinets. Voici ce qu'il contient, à qui il s'adresse et comment il se décide.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co6 minutes de lecture
Une femme de 53 ans aux cheveux mi-longs grisonnants, assise à la table de sa cuisine avec une tasse, qui lit calmement un papier

En bref en 30 secondes

Le traitement hormonal de la ménopause (THM, l'ancien THS) apporte des œstrogènes, associés à un progestatif quand on a encore son utérus, pour soulager les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et la sécheresse vaginale quand elles gênent vraiment la vie. Il se décide avec votre médecin après un bilan, à la dose minimale efficace, et se réévalue au moins une fois par an.

Dans cet article
  1. 1Pourquoi un traitement hormonal
  2. 2Pour qui le traitement hormonal est-il proposé ?
  3. 3Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  4. 4Comment se passe la prescription
  5. +Toutes les solutions
  6. 5Les bénéfices et les risques, sans caricature
  7. 6Les compléments et les plantes, expliqués honnêtement
  8. 7Les questions qu'on se pose
  9. ?Vos questions

1Pourquoi un traitement hormonal

À la ménopause, les ovaires arrêtent de fabriquer des œstrogènes et de la progestérone. C'est cette baisse qui déclenche la plupart des signes que vous connaissez peut-être déjà : bouffées de chaleur, sueurs la nuit, sécheresse vaginale, sommeil haché, humeur en dents de scie.

Le traitement hormonal de la ménopause, qu'on appelait autrefois traitement hormonal substitutif (THS), compense une partie de cette baisse. Il agit sur les troubles du climatère, c'est-à-dire de la période de la ménopause : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale et troubles de l'humeur. Il fait partie d'un ensemble d'options que nous comparons dans traitement de la ménopause.

Il n'est pas proposé à toutes les femmes. Depuis la réévaluation de 2025, c'est clair : il garde sa place, mais son utilisation ne peut pas être recommandée à toutes. Il s'adresse d'abord aux femmes dont les troubles abîment la qualité de vie.

2Pour qui le traitement hormonal est-il proposé ?

Le médecin traitant ou le gynécologue peut le proposer, en l'absence de contre-indication, dans trois situations :

  • des troubles de la ménopause qui gênent vraiment votre vie ;
  • une ménopause précoce, avant 40 ans (le traitement est alors proposé jusqu'à l'âge habituel de la ménopause, vers 50 ans) ;
  • la prévention de la perte osseuse chez une femme à risque élevé de fracture, quand les autres traitements de l'ostéoporose ne lui conviennent pas.

Un repère de calendrier s'y ajoute : il se commence après la confirmation de la ménopause, ou dans les dix ans qui suivent son début (avant 60 ans). C'est dans cette fenêtre que le rapport bénéfice-risque est jugé globalement positif, en l'absence de contre-indication.

3Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Notez vos signes pendant deux ou trois semaines : nombre de bouffées de chaleur, réveils la nuit, gêne pendant les rapports. C'est la base de la discussion avec votre médecin. Notre questionnaire peut vous aider à faire le point.
  2. Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme. Le médecin traitant ou le gynécologue peut proposer le traitement hormonal, et la sage-femme fait aussi partie des interlocuteurs à qui en parler.
  3. Rassemblez vos antécédents : cancer du sein, phlébite, accident vasculaire cérébral, infarctus, dans votre famille et chez vous, et dites si vous fumez.
  4. Préparez vos questions : quelle forme, quel progestatif, combien de temps, quand refaire le point.
  5. Entre 45 et 50 ans, pensez à « Mon Bilan Prévention », un rendez-vous de 30 à 45 minutes qui permet de parler de ces symptômes.

4Comment se passe la prescription

Le bilan avant de commencer

Il comprend un examen clinique, une mammographie et une évaluation du risque cardiovasculaire, qui est le principal risque pour la santé des femmes ménopausées. La réévaluation de chaque année comporte un examen clinique et un bilan sanguin.

Les contre-indications : un antécédent de cancer du sein ou de l'utérus, d'accident vasculaire cérébral (même passager) ou d'infarctus, une maladie cardiovasculaire, des saignements vaginaux anormaux. Le tabagisme en fait aussi partie.

Ce que contient le traitement

  • Un œstrogène, le plus souvent l'estradiol. On préfère la peau (gel, patch) à la bouche (comprimé) : la voie orale double le risque de phlébite et d'embolie pulmonaire, alors que la voie cutanée réduit ou annule ce risque. Une nuance : ces données plaident pour la voie cutanée mais reposent sur un niveau de preuve encore peu solide. En France, 87 % des traitements à l'estradiol passaient par la peau en 2024. Nous détaillons les différentes formes sur la page patch, gel ou comprimé. Pour les hormones vendues comme « bio-identiques », voyez hormones bio-identiques : ce qu'il faut savoir.
  • Un progestatif, si vous avez encore votre utérus, au moins 10 jours par mois. Il protège la muqueuse de l'utérus contre le cancer. Il est inutile après une hystérectomie. Trois progestatifs (chlormadinone, nomégestrol, médrogestone) ont été écartés à cause du risque de méningiome, une tumeur des enveloppes du cerveau, le plus souvent bénigne.

Le traitement peut être pris en continu ou de façon discontinue, avec ou sans règles selon la façon dont il est organisé : c'est à discuter avec votre médecin.

Le suivi

La Haute Autorité de santé demande une réévaluation au moins annuelle des bénéfices et des risques, avec la possibilité d'une pause pour vérifier si les symptômes sont toujours là. Le traitement se prescrit à la dose minimale efficace, pour la durée la plus courte possible. En cas de ménopause précoce, la durée optimale ne peut pas être définie et une pause annuelle n'est pas nécessaire.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Gestes du quotidien (arrêt du tabac, peu d'alcool, activité physique, sommeil régulier)OrdonnanceNonRembourséNonIls passent en premier : l'activité physique régulière atténue les symptômes et préserve les muscles et les os.
Traitement hormonal de la ménopause (œstrogène en gel, patch ou comprimé, avec un progestatif)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casIl garde sa place en 2025 pour les troubles qui gênent la vie et pour prévenir l'ostéoporose chez certaines femmes, avec une réévaluation au moins annuelle.
Œstrogène local (crème, ovule, anneau vaginal)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casIl réduit la sécheresse vaginale et aide contre les cystites et les envies pressantes d'uriner.
Traitement sans hormones des bouffées de chaleur (fézolinétant)OrdonnanceOuiRembourséNonÀ voir avec votre médecin.
Hypnose, thérapie cognitive et comportementaleOrdonnanceNonRembourséSelon les casElles semblent diminuer les bouffées de chaleur.
Compléments alimentaires et plantes (soja, trèfle rouge…)OrdonnanceNonRembourséNonLes phyto-œstrogènes de soja ne sont pas recommandés, et ils sont déconseillés après un cancer du sein.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

5Les bénéfices et les risques, sans caricature

Le traitement a été très discrédité au début des années 2000 après une grande étude américaine. Or la plupart des femmes de cette étude avaient commencé plus de dix ans après leur ménopause, avec des molécules qu'on n'utilise pas en France.

Ce qu'on en attend : moins de bouffées de chaleur, de sueurs et de sécheresse, et un risque de fracture réduit de 30 à 40 %. Il ne semble pas non plus augmenter la mortalité globale, ni celle liée aux maladies du cœur ou au cancer du sein.

Ce qu'il faut peser : un sur-risque de cancer du sein qui augmente avec la durée, un risque de cancer de l'endomètre si l'œstrogène est pris sans progestatif, un risque de cancer de l'ovaire en cas de traitement long, un risque de thrombose et d'accident vasculaire cérébral, plus marqué la première année. Pour donner un ordre de grandeur, le risque de cancer du sein passe de 50 à 52 cas pour 1 000 femmes après 5 ans de traitement, et à 56 pour 1 000 après 10 ans.

Les effets gênants et les risques sont détaillés sur notre page risques et effets secondaires du traitement hormonal.

6Les compléments et les plantes, expliqués honnêtement

Beaucoup de femmes se tournent vers les compléments « sans hormones » avant d'oser parler du traitement hormonal. Avant toute plante, homéopathie ou complément, demandez l'avis d'un professionnel de santé. Les phyto-œstrogènes de soja ne sont pas recommandés, faute d'évaluation suffisante. Ils sont déconseillés après un cancer du sein, et les études sur leur efficacité manquent. Pour aller plus loin : les traitements sans hormones et les nouveaux médicaments de la ménopause.

7Les questions qu'on se pose

Le traitement hormonal, est-ce dangereux ?

Ni dangereux, ni anodin. C'est un médicament avec des bénéfices et des risques, qui se pèsent pour chaque femme selon son âge, ses antécédents et la gêne ressentie. C'est tout l'enjeu : une décision au cas par cas, après une information claire.

Peut-on prendre un traitement hormonal après 60 ans ?

Le début du traitement se situe dans les dix ans qui suivent la ménopause, avant 60 ans. Au-delà, la question se discute avec votre médecin, qui tient compte de votre risque cardiovasculaire.

Que faire si le traitement me gêne ?

Une tension douloureuse des seins peut amener le médecin à baisser la dose, et des bouffées de chaleur qui persistent peuvent l'amener à l'ajuster. N'arrêtez pas seule : parlez-en, il existe plusieurs formes et plusieurs progestatifs.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

THM et THS, est-ce la même chose ?

Oui. THS (traitement hormonal substitutif) est l'ancien nom ; on parle aujourd'hui de THM, traitement hormonal de la ménopause. Les deux noms s'emploient encore.

Combien de femmes prennent un traitement hormonal en France ?

Environ 496 000 femmes en 2025, soit 4,4 % des femmes de 45 à 60 ans, un chiffre en hausse depuis 2022.

Le traitement hormonal fait-il grossir ?

Une prise de poids n'est pas observée quand la dose est minimale et la durée limitée. Nous détaillons ce point sur notre page dédiée au poids.