1Pourquoi un traitement hormonal
À la ménopause, les ovaires arrêtent de fabriquer des œstrogènes et de la progestérone. C'est cette baisse qui déclenche la plupart des signes que vous connaissez peut-être déjà : bouffées de chaleur, sueurs la nuit, sécheresse vaginale, sommeil haché, humeur en dents de scie.
Le traitement hormonal de la ménopause, qu'on appelait autrefois traitement hormonal substitutif (THS), compense une partie de cette baisse. Il agit sur les troubles du climatère, c'est-à-dire de la période de la ménopause : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale et troubles de l'humeur. Il fait partie d'un ensemble d'options que nous comparons dans traitement de la ménopause.
Il n'est pas proposé à toutes les femmes. Depuis la réévaluation de 2025, c'est clair : il garde sa place, mais son utilisation ne peut pas être recommandée à toutes. Il s'adresse d'abord aux femmes dont les troubles abîment la qualité de vie.
2Pour qui le traitement hormonal est-il proposé ?
Le médecin traitant ou le gynécologue peut le proposer, en l'absence de contre-indication, dans trois situations :
- des troubles de la ménopause qui gênent vraiment votre vie ;
- une ménopause précoce, avant 40 ans (le traitement est alors proposé jusqu'à l'âge habituel de la ménopause, vers 50 ans) ;
- la prévention de la perte osseuse chez une femme à risque élevé de fracture, quand les autres traitements de l'ostéoporose ne lui conviennent pas.
Un repère de calendrier s'y ajoute : il se commence après la confirmation de la ménopause, ou dans les dix ans qui suivent son début (avant 60 ans). C'est dans cette fenêtre que le rapport bénéfice-risque est jugé globalement positif, en l'absence de contre-indication.
3Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Notez vos signes pendant deux ou trois semaines : nombre de bouffées de chaleur, réveils la nuit, gêne pendant les rapports. C'est la base de la discussion avec votre médecin. Notre questionnaire peut vous aider à faire le point.
- Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme. Le médecin traitant ou le gynécologue peut proposer le traitement hormonal, et la sage-femme fait aussi partie des interlocuteurs à qui en parler.
- Rassemblez vos antécédents : cancer du sein, phlébite, accident vasculaire cérébral, infarctus, dans votre famille et chez vous, et dites si vous fumez.
- Préparez vos questions : quelle forme, quel progestatif, combien de temps, quand refaire le point.
- Entre 45 et 50 ans, pensez à « Mon Bilan Prévention », un rendez-vous de 30 à 45 minutes qui permet de parler de ces symptômes.
4Comment se passe la prescription
Le bilan avant de commencer
Il comprend un examen clinique, une mammographie et une évaluation du risque cardiovasculaire, qui est le principal risque pour la santé des femmes ménopausées. La réévaluation de chaque année comporte un examen clinique et un bilan sanguin.
Les contre-indications : un antécédent de cancer du sein ou de l'utérus, d'accident vasculaire cérébral (même passager) ou d'infarctus, une maladie cardiovasculaire, des saignements vaginaux anormaux. Le tabagisme en fait aussi partie.
Ce que contient le traitement
- Un œstrogène, le plus souvent l'estradiol. On préfère la peau (gel, patch) à la bouche (comprimé) : la voie orale double le risque de phlébite et d'embolie pulmonaire, alors que la voie cutanée réduit ou annule ce risque. Une nuance : ces données plaident pour la voie cutanée mais reposent sur un niveau de preuve encore peu solide. En France, 87 % des traitements à l'estradiol passaient par la peau en 2024. Nous détaillons les différentes formes sur la page patch, gel ou comprimé. Pour les hormones vendues comme « bio-identiques », voyez hormones bio-identiques : ce qu'il faut savoir.
- Un progestatif, si vous avez encore votre utérus, au moins 10 jours par mois. Il protège la muqueuse de l'utérus contre le cancer. Il est inutile après une hystérectomie. Trois progestatifs (chlormadinone, nomégestrol, médrogestone) ont été écartés à cause du risque de méningiome, une tumeur des enveloppes du cerveau, le plus souvent bénigne.
Le traitement peut être pris en continu ou de façon discontinue, avec ou sans règles selon la façon dont il est organisé : c'est à discuter avec votre médecin.
Le suivi
La Haute Autorité de santé demande une réévaluation au moins annuelle des bénéfices et des risques, avec la possibilité d'une pause pour vérifier si les symptômes sont toujours là. Le traitement se prescrit à la dose minimale efficace, pour la durée la plus courte possible. En cas de ménopause précoce, la durée optimale ne peut pas être définie et une pause annuelle n'est pas nécessaire.





