1À quoi ressemble une bouffée de chaleur
C'est une sensation de chaleur intense qui monte du torse vers le cou et le visage, avec une rougeur. Elle peut s'accompagner de sueurs abondantes, de palpitations, parfois de frissons, de tremblements, d'un malaise ou de vertiges. La plupart du temps, elle est brève : de 30 secondes à 2 minutes, rarement plus de quelques minutes.
Leur rythme varie beaucoup d'une femme à l'autre. Certaines en ont de temps en temps, d'autres plusieurs fois par heure. Elles surviennent surtout la nuit, où elles réveillent et deviennent des sueurs nocturnes, mais aussi le jour, souvent après un repas, un verre d'alcool, un effort, une émotion ou dans une pièce trop chauffée.
C'est le signe le plus fréquent de la ménopause : environ sept femmes sur dix en ont. Vous n'êtes donc pas seule, et ce n'est pas « dans votre tête ».
2Pourquoi ça arrive
Tout part des ovaires. Autour de 50 ans, ils fabriquent de moins en moins d'œstrogènes, puis s'arrêtent. Or ces hormones parlent en permanence à une petite zone du cerveau, l'hypothalamus, qui règle la température du corps comme un thermostat.
Des neurones de cette zone, sensibles aux œstrogènes, perdent leur repère quand le taux d'hormones baisse. Le thermostat devient trop sensible : au moindre petit écart, il croit que le corps a trop chaud et déclenche l'arsenal pour se refroidir. Les vaisseaux de la peau se dilatent (c'est la rougeur et la vague de chaleur), la transpiration démarre, le cœur accélère. Une fois la chaleur évacuée, on peut avoir froid et frissonner.
Pendant la périménopause, les hormones ne baissent pas de façon régulière : elles font des montagnes russes. C'est pour cela que les bouffées de chaleur peuvent apparaître alors que vous avez encore vos règles. Les premiers symptômes arrivent le plus souvent vers 47 ans. Pour mieux comprendre cette période, lisez notre page sur la préménopause.
Ces vagues de chaleur peuvent aussi avoir d'autres causes que la ménopause. Si elles ne collent pas avec votre âge ou votre cycle, parlez-en à votre médecin.
3Combien de temps durent les bouffées de chaleur ?
Chaque bouffée dure quelques secondes à quelques minutes. Sur la durée, elles persistent en général quelques mois, parfois plusieurs années. Elles s'atténuent le plus souvent dans les premières années après l'arrêt des règles, mais un quart des femmes s'en plaignent encore au bout de dix ans.
Autrement dit, il n'y a pas de date de fin connue d'avance. C'est justement une bonne raison de ne pas « attendre que ça passe » si elles vous gâchent les nuits : des solutions existent. Si elles vous épuisent, voyez aussi notre page sur les bouffées de chaleur et la fatigue.
4Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Habillez-vous en couches légères, faciles à retirer et à remettre : c'est le premier conseil.
- Rafraîchissez la maison : thermostat plus bas, ventilateur, et une chambre autour de 18 °C la nuit.
- Gardez un brumisateur d'eau dans votre sac et sur la table de nuit.
- Repérez vos déclencheurs : alcool, café, thé, boissons chaudes, plats épicés, stress reviennent souvent. Notez quand vos bouffées arrivent pendant une ou deux semaines : vous verrez peut-être un lien.
- Allégez le dîner et prenez-le au moins deux heures avant de vous coucher.
- Bougez régulièrement : marche, vélo, natation. L'activité physique atténue les symptômes de la périménopause.
- Arrêtez le tabac si vous fumez : il avance la ménopause et pèse sur le cœur et les os.
- Respirez et soufflez quand la vague monte : le stress aggrave les bouffées de chaleur.
5Les traitements, avec ou sans hormones
Quand les gestes du quotidien ne suffisent plus, parlez-en à votre médecin traitant, à votre gynécologue ou à votre sage-femme. Plusieurs pistes existent, détaillées sur notre page traitements des bouffées de chaleur.
Le traitement hormonal de la ménopause. La Haute Autorité de santé lui reconnaît un intérêt quand les symptômes altèrent nettement la qualité de vie. Il associe un œstrogène et, si vous avez votre utérus, un progestatif. Il se prescrit à la dose minimale efficace, se réévalue au moins une fois par an et ne convient pas à toutes : il n'est pas proposé en cas d'antécédent de cancer du sein, d'accident vasculaire cérébral ou d'infarctus, qui font partie de ses contre-indications. Ses risques (cancer du sein, thrombose, AVC…) se discutent avec votre médecin, au cas par cas.
Les traitements sans hormones. Un traitement non hormonal peut être proposé contre les bouffées de chaleur. Le fézolinétant, un médicament sur ordonnance, agit directement sur le thermostat du cerveau, avec une surveillance du foie. D'autres médicaments, utilisés hors de leur indication habituelle, peuvent être discutés avec votre médecin.
L'hypnose et la thérapie cognitive et comportementale (TCC). Elles sont efficaces pour diminuer les bouffées de chaleur. La relaxation, la sophrologie et le yoga font du bien, mais leur effet sur les bouffées de chaleur n'est pas démontré.





