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Ménopause précoce : signes, causes, que faire

Des règles qui s'espacent puis disparaissent, des bouffées de chaleur alors que vous n'avez pas 40 ans : ce n'est pas une ménopause « un peu en avance ». Voici ce que c'est, pourquoi ça arrive et pourquoi il faut consulter.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co6 minutes de lecture
Une femme de 38 ans aux cheveux bruns bouclés, assise sur un banc dans un parc en automne, le regard posé, un livre fermé sur les genoux

En bref en 30 secondes

Une ménopause avant 40 ans s'appelle insuffisance ovarienne prématurée : elle touche 1 à 2 % des femmes et doit toujours faire consulter. Elle se prend en charge, en général par un traitement hormonal au moins jusqu'à l'âge habituel de la ménopause, vers 50 ans, sauf contre-indication.

Dans cet article
  1. 1Ménopause précoce : de quoi parle-t-on ?
  2. 2Les signes d'une ménopause précoce
  3. 3Pourquoi ça arrive
  4. 4Pourquoi il faut consulter, même si vous supportez bien les symptômes
  5. 5Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  6. 6Le traitement : des hormones, en général jusqu'à 50 ans
  7. +Toutes les solutions
  8. 7Les compléments et les plantes, expliqués honnêtement
  9. 8À quel âge parle-t-on de ménopause précoce ?
  10. 9Peut-on encore avoir des règles ou une grossesse ?
  11. ?Vos questions

1Ménopause précoce : de quoi parle-t-on ?

La ménopause arrive en moyenne vers 51 ans en France, entre 45 et 55 ans le plus souvent (au-delà, voyez notre page ménopause tardive). Quand elle survient plus tôt, les médecins utilisent plusieurs mots :

  • Avant 40 ans : on parle d'insuffisance ovarienne prématurée (IOP). C'est le terme médical de la « ménopause précoce ».
  • Entre 40 et 45 ans : on parle de ménopause avancée (ou anticipée).

Dans les deux cas, les ovaires cessent de fonctionner plus tôt que prévu : les règles s'arrêtent et il n'est plus possible, en principe, d'avoir un enfant sans aide médicale. L'insuffisance ovarienne prématurée concerne 1 à 2 % des femmes.

Disons-le sans détour : un arrêt des ovaires avant l'âge habituel, surtout avant 40 ans, n'est pas normal. Ce n'est donc pas une ménopause comme les autres, et ce n'est pas à « attendre que ça passe ».

2Les signes d'une ménopause précoce

Ce sont les mêmes que ceux de la ménopause habituelle, mais plus tôt :

  • des règles qui s'espacent, deviennent irrégulières, puis s'arrêtent ;
  • des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes, qui peuvent réveiller ;
  • une sécheresse vaginale, des rapports douloureux, une baisse du désir ;
  • des douleurs articulaires, souvent plus fortes le matin ;
  • par ricochet, des troubles du sommeil, de la fatigue, de l'irritabilité, des trous de mémoire.

Ces signes sont d'intensité variable, parfois fluctuants, parfois très discrets. Une « périménopause précoce », avec des cycles qui se dérèglent avant 40 ans, mérite donc déjà d'en parler à votre médecin. Ces signes peuvent aussi avoir d'autres causes : seul un bilan permet de faire la part des choses.

3Pourquoi ça arrive

On distingue deux situations.

La ménopause provoquée par un traitement (on dit « iatrogène ») : une chimiothérapie, une radiothérapie qui abîment les ovaires, ou l'ablation des deux ovaires. Nous en parlons sur notre page ménopause artificielle.

La ménopause précoce spontanée. Son origine est souvent difficile à trouver. Les pistes les plus fréquentes :

  • une prédisposition familiale : une mère, une grand-mère maternelle, une sœur ont eu la même chose. Une cause génétique est trouvée dans 30 à 40 % de ces cas, avec des examens complémentaires ;
  • une maladie auto-immune, chez vous ou dans votre famille : le médecin recherche alors une maladie de la thyroïde, un diabète ou d'autres maladies de ce type.

Dans plus de 60 % des cas, aucune cause précise n'est retrouvée à ce jour. Ce n'est ni de votre faute, ni lié à quelque chose que vous auriez dû faire autrement.

4Pourquoi il faut consulter, même si vous supportez bien les symptômes

Le manque d'œstrogènes ne se voit pas seulement dans les bouffées de chaleur. Quand il arrive tôt, ses effets sur la santé sont plus marqués qu'à 50 ans :

  • Les os : la perte osseuse expose à l'ostéoporose et aux fractures. Une mesure de la densité osseuse est recommandée dès le bilan de départ ; elle est remboursée si la ménopause survient avant 40 ans.
  • Le cœur et les vaisseaux : les femmes dont les ovaires se sont arrêtés avant 45 ans, et surtout avant 40 ans, ont 2 à 3 fois plus de risque d'infarctus ou d'AVC, et plus tôt dans la vie.
  • La mémoire : une ménopause avant 40 ans est associée à 2 à 3 fois plus de risque de déclin précoce de la mémoire et du raisonnement.

La bonne nouvelle, c'est que ces risques diminuent nettement, voire disparaissent dans les études, quand un traitement hormonal est pris au moins jusqu'à l'âge habituel de la ménopause.

5Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme si vos règles s'arrêtent ou se dérèglent avant 40 ans.
  2. Notez vos cycles et vos symptômes sur quelques mois (dates des règles, bouffées de chaleur, sommeil) pour la consultation.
  3. Parlez de votre famille : une mère ou une sœur ménopausée tôt, une maladie de la thyroïde ou un diabète dans la famille sont des informations utiles.
  4. Arrêtez le tabac et limitez l'alcool.
  5. Mangez assez de calcium, en privilégiant les produits laitiers ou une eau riche en calcium, et bougez régulièrement : marche rapide, sport, moins de temps assise.
  6. Demandez de l'aide si c'est dur à vivre, surtout si vous aviez un projet d'enfant : un soutien psychologique peut être proposé.

6Le traitement : des hormones, en général jusqu'à 50 ans

Avant 40 ans, un traitement hormonal substitutif est en général prescrit au moins jusqu'à l'âge habituel de la ménopause, vers 50 ans, sauf contre-indication. On parle de traitement « substitutif » parce qu'il remplace des hormones que le corps aurait dû encore fabriquer.

Ce qu'il contient. De l'estradiol (sur la peau ou en comprimé) et, si vous avez votre utérus, de la progestérone pour le protéger. Chez les plus jeunes, une pilule contraceptive classique peut parfois être utilisée.

Ses risques. Avant 50 ans, ils sont très faibles et comparables à ceux d'une femme du même âge non ménopausée. Ce traitement n'expose pas les femmes de moins de 50 ans aux risques observés avec le traitement hormonal pris après la ménopause habituelle. Il existe des contre-indications, notamment un antécédent de cancer du sein : votre médecin les connaît.

Et après 50 ans ? Le traitement n'a pas à s'arrêter obligatoirement : la suite se discute comme pour toute femme qui entre dans la ménopause. Plus de détails sur notre page traitement hormonal de la ménopause.

Si le traitement hormonal est contre-indiqué, des traitements sans hormones peuvent soulager les bouffées de chaleur, et des hydratants ou lubrifiants vaginaux améliorent le confort intime.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Consulter pour poser le diagnostic et chercher une causeOrdonnanceNonRembourséOuiUn bilan adapté est recommandé, avec une recherche de cause familiale ou auto-immune.
Traitement hormonal substitutif (estradiol et progestérone)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casIl est recommandé au moins jusqu'à l'âge habituel de la ménopause, sauf contre-indication comme un cancer du sein.
Mesure de la densité osseuse (ostéodensitométrie)OrdonnanceOuiRembourséOuiRecommandée au bilan de départ, et remboursée si la ménopause survient avant 40 ans.
Hygiène de vie (arrêt du tabac, alimentation riche en calcium, activité physique)OrdonnanceNonRembourséNonElle est recommandée pour limiter les risques pour les os et le cœur.
Traitements non hormonaux des symptômesOrdonnanceSelon les casRembourséSelon les casIls ne devraient être envisagés qu'en cas de contre-indication au traitement hormonal.
Soutien psychologiqueOrdonnanceNonRembourséSelon les casIl peut être nécessaire, surtout quand le désir d'enfant n'est pas comblé.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

7Les compléments et les plantes, expliqués honnêtement

Les compléments « ménopause » à base de soja ou de plantes ne remplacent pas le traitement hormonal en cas de ménopause précoce : aucune autorité de santé ne leur reconnaît d'effet sur les os, le cœur ou la mémoire dans cette situation. La Haute Autorité de santé les juge mal évalués, et ils ne doivent pas être utilisés après un cancer hormonodépendant comme le cancer du sein. Demandez l'avis de votre médecin avant d'en prendre.

8À quel âge parle-t-on de ménopause précoce ?

Avant 40 ans pour l'insuffisance ovarienne prématurée, entre 40 et 45 ans pour la ménopause avancée. Après 55 ans, on parle au contraire de ménopause tardive.

9Peut-on encore avoir des règles ou une grossesse ?

Oui, parfois. Les ovaires peuvent se remettre à fonctionner par périodes : c'est possible dans 5 à 6 % des cas environ. Une grossesse spontanée survient dans moins de 5 % des cas, et un don d'ovocytes peut être envisagé dans un service spécialisé. Si vous ne souhaitez pas de grossesse, parlez de contraception avec votre médecin.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

Peut-on encore être enceinte après une ménopause précoce ?

C'est rare mais possible. Les ovaires peuvent parfois se remettre à fonctionner un temps, et une grossesse survient spontanément dans moins de 5 % des cas ; un don d'ovocytes peut aussi être envisagé.

La ménopause précoce réduit-elle l'espérance de vie ?

Il n'existe pas de chiffre officiel sur l'espérance de vie. Les risques pour le cœur, les os et la mémoire sont plus élevés sans traitement, et la mortalité est plus faible chez les femmes traitées que chez celles qui ne le sont pas.