1Ménopause précoce : de quoi parle-t-on ?
La ménopause arrive en moyenne vers 51 ans en France, entre 45 et 55 ans le plus souvent (au-delà, voyez notre page ménopause tardive). Quand elle survient plus tôt, les médecins utilisent plusieurs mots :
- Avant 40 ans : on parle d'insuffisance ovarienne prématurée (IOP). C'est le terme médical de la « ménopause précoce ».
- Entre 40 et 45 ans : on parle de ménopause avancée (ou anticipée).
Dans les deux cas, les ovaires cessent de fonctionner plus tôt que prévu : les règles s'arrêtent et il n'est plus possible, en principe, d'avoir un enfant sans aide médicale. L'insuffisance ovarienne prématurée concerne 1 à 2 % des femmes.
Disons-le sans détour : un arrêt des ovaires avant l'âge habituel, surtout avant 40 ans, n'est pas normal. Ce n'est donc pas une ménopause comme les autres, et ce n'est pas à « attendre que ça passe ».
2Les signes d'une ménopause précoce
Ce sont les mêmes que ceux de la ménopause habituelle, mais plus tôt :
- des règles qui s'espacent, deviennent irrégulières, puis s'arrêtent ;
- des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes, qui peuvent réveiller ;
- une sécheresse vaginale, des rapports douloureux, une baisse du désir ;
- des douleurs articulaires, souvent plus fortes le matin ;
- par ricochet, des troubles du sommeil, de la fatigue, de l'irritabilité, des trous de mémoire.
Ces signes sont d'intensité variable, parfois fluctuants, parfois très discrets. Une « périménopause précoce », avec des cycles qui se dérèglent avant 40 ans, mérite donc déjà d'en parler à votre médecin. Ces signes peuvent aussi avoir d'autres causes : seul un bilan permet de faire la part des choses.
3Pourquoi ça arrive
On distingue deux situations.
La ménopause provoquée par un traitement (on dit « iatrogène ») : une chimiothérapie, une radiothérapie qui abîment les ovaires, ou l'ablation des deux ovaires. Nous en parlons sur notre page ménopause artificielle.
La ménopause précoce spontanée. Son origine est souvent difficile à trouver. Les pistes les plus fréquentes :
- une prédisposition familiale : une mère, une grand-mère maternelle, une sœur ont eu la même chose. Une cause génétique est trouvée dans 30 à 40 % de ces cas, avec des examens complémentaires ;
- une maladie auto-immune, chez vous ou dans votre famille : le médecin recherche alors une maladie de la thyroïde, un diabète ou d'autres maladies de ce type.
Dans plus de 60 % des cas, aucune cause précise n'est retrouvée à ce jour. Ce n'est ni de votre faute, ni lié à quelque chose que vous auriez dû faire autrement.
4Pourquoi il faut consulter, même si vous supportez bien les symptômes
Le manque d'œstrogènes ne se voit pas seulement dans les bouffées de chaleur. Quand il arrive tôt, ses effets sur la santé sont plus marqués qu'à 50 ans :
- Les os : la perte osseuse expose à l'ostéoporose et aux fractures. Une mesure de la densité osseuse est recommandée dès le bilan de départ ; elle est remboursée si la ménopause survient avant 40 ans.
- Le cœur et les vaisseaux : les femmes dont les ovaires se sont arrêtés avant 45 ans, et surtout avant 40 ans, ont 2 à 3 fois plus de risque d'infarctus ou d'AVC, et plus tôt dans la vie.
- La mémoire : une ménopause avant 40 ans est associée à 2 à 3 fois plus de risque de déclin précoce de la mémoire et du raisonnement.
La bonne nouvelle, c'est que ces risques diminuent nettement, voire disparaissent dans les études, quand un traitement hormonal est pris au moins jusqu'à l'âge habituel de la ménopause.
5Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme si vos règles s'arrêtent ou se dérèglent avant 40 ans.
- Notez vos cycles et vos symptômes sur quelques mois (dates des règles, bouffées de chaleur, sommeil) pour la consultation.
- Parlez de votre famille : une mère ou une sœur ménopausée tôt, une maladie de la thyroïde ou un diabète dans la famille sont des informations utiles.
- Arrêtez le tabac et limitez l'alcool.
- Mangez assez de calcium, en privilégiant les produits laitiers ou une eau riche en calcium, et bougez régulièrement : marche rapide, sport, moins de temps assise.
- Demandez de l'aide si c'est dur à vivre, surtout si vous aviez un projet d'enfant : un soutien psychologique peut être proposé.
6Le traitement : des hormones, en général jusqu'à 50 ans
Avant 40 ans, un traitement hormonal substitutif est en général prescrit au moins jusqu'à l'âge habituel de la ménopause, vers 50 ans, sauf contre-indication. On parle de traitement « substitutif » parce qu'il remplace des hormones que le corps aurait dû encore fabriquer.
Ce qu'il contient. De l'estradiol (sur la peau ou en comprimé) et, si vous avez votre utérus, de la progestérone pour le protéger. Chez les plus jeunes, une pilule contraceptive classique peut parfois être utilisée.
Ses risques. Avant 50 ans, ils sont très faibles et comparables à ceux d'une femme du même âge non ménopausée. Ce traitement n'expose pas les femmes de moins de 50 ans aux risques observés avec le traitement hormonal pris après la ménopause habituelle. Il existe des contre-indications, notamment un antécédent de cancer du sein : votre médecin les connaît.
Et après 50 ans ? Le traitement n'a pas à s'arrêter obligatoirement : la suite se discute comme pour toute femme qui entre dans la ménopause. Plus de détails sur notre page traitement hormonal de la ménopause.
Si le traitement hormonal est contre-indiqué, des traitements sans hormones peuvent soulager les bouffées de chaleur, et des hydratants ou lubrifiants vaginaux améliorent le confort intime.





