1Sécheresse vaginale : ce qui se passe dans le corps
Les œstrogènes, les hormones produites par les ovaires, entretiennent la muqueuse du vagin : ils la gardent épaisse, souple et bien lubrifiée. À la ménopause, leur taux chute. Il s'ensuit une baisse de la lubrification vaginale, un amincissement et une perte d'élasticité des parois du vagin.
Cette sécheresse, qui touche le vagin et la vulve (la partie extérieure du sexe), s'installe progressivement et fait partie des symptômes qui durent. Elle a aussi tendance à s'aggraver avec les années qui suivent la ménopause. La sécheresse intime ne disparaît donc pas toute seule : il vaut mieux la prendre en charge que l'endurer.
Les médecins regroupent aujourd'hui la sécheresse vulvo-vaginale et les troubles urinaires qui l'accompagnent souvent (envies pressantes, infections, fuites) sous un même nom : le syndrome génito-urinaire de la ménopause. Si vous le lisez sur une ordonnance ou un compte rendu, c'est de cela qu'il s'agit. Pour les fuites, voyez les traitements des fuites urinaires.
2Les symptômes de la sécheresse intime
La sécheresse ne se résume pas à « manquer de lubrification pendant les rapports ». Elle peut se manifester par :
- une sensation de sécheresse, d'inconfort ou d'irritation au quotidien, parfois en marchant ou assise ;
- des douleurs pendant les rapports et une diminution du plaisir, qui peuvent à leur tour faire baisser le désir ;
- une inflammation du vagin (vaginite) ;
- un risque plus élevé d'infections vaginales ;
- des troubles urinaires associés : envies fréquentes, infections urinaires, fuites.
La vulve aussi peut devenir sèche, irritée, sensible : nous en parlons dans notre page sur la sécheresse vulvaire. Et quand les fuites urinaires prennent de la place, notre page sur les fuites urinaires détaille ce qui aide.
3Les causes de la sécheresse vaginale
La ménopause est la cause principale. La baisse des œstrogènes explique l'essentiel des sécheresses intimes après 50 ans.
La préménopause aussi. La sécheresse vaginale fait partie des symptômes possibles de la périménopause, quand les règles sont encore là mais deviennent irrégulières.
D'autres causes existent. Les produits d'hygiène intime parfumés ou agressifs entretiennent les irritations. Une maladie auto-immune, la maladie de Gougerot-Sjögren, peut assécher à la fois les yeux, la bouche, la peau et le vagin : nous l'expliquons dans notre page sur la sécheresse des muqueuses. Si votre sécheresse apparaît en dehors de la ménopause, ou avec d'autres signes, parlez-en à votre médecin : ces signes ont d'autres causes possibles.
4Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Utilisez un hydratant vaginal régulièrement, même en dehors des rapports.
- Ajoutez un lubrifiant au moment des rapports, appliqué à l'entrée du vagin. Préférez un gel à base d'eau plutôt qu'à base de corps gras.
- Lavez-vous simplement, sans produit d'hygiène intime parfumé ou agressif, et évitez les savons acides ou trop décapants.
- Portez des sous-vêtements en coton, changés chaque jour, et évitez les vêtements trop serrés, qui favorisent les irritations.
- Parlez-en à votre partenaire, pour que les rapports restent un moment de plaisir et pas une épreuve.
- Parlez-en à un professionnel de santé si la gêne dure : ces inconforts ne doivent pas être considérés comme inévitables.
5Les traitements : du gel au traitement local
Les hydratants et les lubrifiants sont vendus sans ordonnance, en pharmacie et en grande surface. La sécheresse vaginale fait partie des troubles de la ménopause pour lesquels l'automédication est possible dans un premier temps, tant qu'aucun autre signe n'inquiète.
Si cela ne suffit pas, votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme peut prescrire un traitement local à base d'œstrogènes : une crème, des ovules ou un anneau placés dans le vagin. Il diminue la sécheresse vaginale et vulvaire, et il aide aussi contre les cystites et les envies pressantes d'uriner. Ces œstrogènes passent très peu dans le sang, mais ils sont contre-indiqués en cas de cancer du sein ou de l'endomètre, d'épaississement de l'endomètre non traité ou d'antécédent de caillot sanguin.
Le traitement hormonal de la ménopause, pris par voie générale pour d'autres symptômes, peut aussi soulager certains troubles génitaux. Il se décide avec le médecin, qui pèse avec vous bénéfices et risques.
Tous ces produits, leur usage et leurs différences sont détaillés dans notre guide hydratants, lubrifiants et traitements de la sécheresse vaginale.











