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IntimitéLe dossier

Sécheresse vaginale : causes, symptômes, solutions

Une gêne, des irritations, des rapports qui deviennent inconfortables : la sécheresse intime est l'un des changements les plus fréquents de la ménopause, et l'un des moins évoqués. Elle se soulage.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co6 minutes de lecture
Une femme de 52 ans aux cheveux mi-longs grisonnants, en pull doux, assise sur un canapé avec une tasse de thé, sourire paisible

En bref en 30 secondes

La sécheresse vaginale vient surtout de la baisse des œstrogènes à la ménopause : le vagin est moins lubrifié, ses parois s'amincissent et perdent de leur élasticité. Elle est fréquente, s'installe peu à peu et se soulage avec des hydratants et des lubrifiants vaginaux, et si besoin un traitement local prescrit par votre médecin ou votre sage-femme.

Dans cet article
  1. 1Sécheresse vaginale : ce qui se passe dans le corps
  2. 2Les symptômes de la sécheresse intime
  3. 3Les causes de la sécheresse vaginale
  4. 4Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  5. 5Les traitements : du gel au traitement local
  6. +Toutes les solutions
  7. 6Les plantes et les compléments, expliqués honnêtement
  8. 7Sécheresse vaginale et ménopause : est-ce que ça passe tout seul ?
  9. 8Sécheresse intime ou mycose : comment savoir ?
  10. 9La sécheresse vaginale met-elle fin à la vie sexuelle ?
  11. 10Sécheresse vaginale, cystites et envies pressantes : quel rapport ?
  12. 11À qui en parler ?
  13. ?Vos questions

1Sécheresse vaginale : ce qui se passe dans le corps

Les œstrogènes, les hormones produites par les ovaires, entretiennent la muqueuse du vagin : ils la gardent épaisse, souple et bien lubrifiée. À la ménopause, leur taux chute. Il s'ensuit une baisse de la lubrification vaginale, un amincissement et une perte d'élasticité des parois du vagin.

Cette sécheresse, qui touche le vagin et la vulve (la partie extérieure du sexe), s'installe progressivement et fait partie des symptômes qui durent. Elle a aussi tendance à s'aggraver avec les années qui suivent la ménopause. La sécheresse intime ne disparaît donc pas toute seule : il vaut mieux la prendre en charge que l'endurer.

Les médecins regroupent aujourd'hui la sécheresse vulvo-vaginale et les troubles urinaires qui l'accompagnent souvent (envies pressantes, infections, fuites) sous un même nom : le syndrome génito-urinaire de la ménopause. Si vous le lisez sur une ordonnance ou un compte rendu, c'est de cela qu'il s'agit. Pour les fuites, voyez les traitements des fuites urinaires.

2Les symptômes de la sécheresse intime

La sécheresse ne se résume pas à « manquer de lubrification pendant les rapports ». Elle peut se manifester par :

  • une sensation de sécheresse, d'inconfort ou d'irritation au quotidien, parfois en marchant ou assise ;
  • des douleurs pendant les rapports et une diminution du plaisir, qui peuvent à leur tour faire baisser le désir ;
  • une inflammation du vagin (vaginite) ;
  • un risque plus élevé d'infections vaginales ;
  • des troubles urinaires associés : envies fréquentes, infections urinaires, fuites.

La vulve aussi peut devenir sèche, irritée, sensible : nous en parlons dans notre page sur la sécheresse vulvaire. Et quand les fuites urinaires prennent de la place, notre page sur les fuites urinaires détaille ce qui aide.

3Les causes de la sécheresse vaginale

La ménopause est la cause principale. La baisse des œstrogènes explique l'essentiel des sécheresses intimes après 50 ans.

La préménopause aussi. La sécheresse vaginale fait partie des symptômes possibles de la périménopause, quand les règles sont encore là mais deviennent irrégulières.

D'autres causes existent. Les produits d'hygiène intime parfumés ou agressifs entretiennent les irritations. Une maladie auto-immune, la maladie de Gougerot-Sjögren, peut assécher à la fois les yeux, la bouche, la peau et le vagin : nous l'expliquons dans notre page sur la sécheresse des muqueuses. Si votre sécheresse apparaît en dehors de la ménopause, ou avec d'autres signes, parlez-en à votre médecin : ces signes ont d'autres causes possibles.

4Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Utilisez un hydratant vaginal régulièrement, même en dehors des rapports.
  2. Ajoutez un lubrifiant au moment des rapports, appliqué à l'entrée du vagin. Préférez un gel à base d'eau plutôt qu'à base de corps gras.
  3. Lavez-vous simplement, sans produit d'hygiène intime parfumé ou agressif, et évitez les savons acides ou trop décapants.
  4. Portez des sous-vêtements en coton, changés chaque jour, et évitez les vêtements trop serrés, qui favorisent les irritations.
  5. Parlez-en à votre partenaire, pour que les rapports restent un moment de plaisir et pas une épreuve.
  6. Parlez-en à un professionnel de santé si la gêne dure : ces inconforts ne doivent pas être considérés comme inévitables.

5Les traitements : du gel au traitement local

Les hydratants et les lubrifiants sont vendus sans ordonnance, en pharmacie et en grande surface. La sécheresse vaginale fait partie des troubles de la ménopause pour lesquels l'automédication est possible dans un premier temps, tant qu'aucun autre signe n'inquiète.

Si cela ne suffit pas, votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme peut prescrire un traitement local à base d'œstrogènes : une crème, des ovules ou un anneau placés dans le vagin. Il diminue la sécheresse vaginale et vulvaire, et il aide aussi contre les cystites et les envies pressantes d'uriner. Ces œstrogènes passent très peu dans le sang, mais ils sont contre-indiqués en cas de cancer du sein ou de l'endomètre, d'épaississement de l'endomètre non traité ou d'antécédent de caillot sanguin.

Le traitement hormonal de la ménopause, pris par voie générale pour d'autres symptômes, peut aussi soulager certains troubles génitaux. Il se décide avec le médecin, qui pèse avec vous bénéfices et risques.

Tous ces produits, leur usage et leurs différences sont détaillés dans notre guide hydratants, lubrifiants et traitements de la sécheresse vaginale.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Toilette douce, sans produit d'hygiène intime parfumé ou agressifOrdonnanceNonRembourséNonMieux vaut éviter les produits d'hygiène intime parfumés ou agressifs, qui irritent une muqueuse déjà fragile.
Hydratant vaginal, utilisé régulièrementOrdonnanceNonRembourséNonLes hydratants vaginaux améliorent le confort, notamment pendant les rapports.
Lubrifiant au moment des rapportsOrdonnanceNonRembourséNonMieux vaut préférer les gels à base d'eau plutôt qu'à base de corps gras.
Œstrogènes locaux (crème, ovules ou anneau vaginal)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casIls diminuent la sécheresse vaginale et vulvaire, passent très peu dans le sang mais sont contre-indiqués en cas de cancer du sein ou de l'endomètre.
Traitement hormonal de la ménopause (par voie générale)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casIl peut soulager certains troubles génitaux et se décide avec le médecin en pesant bénéfices et risques.
Plantes et compléments (soja, trèfle rouge, actée à grappes noires)OrdonnanceNonRembourséNonIls s'utilisent avec précaution et sous contrôle médical, car les études manquent pour confirmer leur efficacité.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

6Les plantes et les compléments, expliqués honnêtement

On trouve beaucoup de compléments « ménopause » à base de soja, de trèfle rouge ou d'actée à grappes noires. Ces plantes ont des effets proches de ceux des œstrogènes : elles doivent être utilisées avec précaution et sous contrôle médical, et les études manquent pour confirmer leur efficacité. Les phyto-œstrogènes de soja ne sont pas recommandés par la Haute Autorité de santé, faute d'évaluation suffisante, et ils sont déconseillés après un cancer du sein. La DHEA, parfois vendue comme complément, doit elle aussi être prise sous contrôle médical.

Avant de prendre une plante ou un complément, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien, surtout si vous suivez un traitement.

7Sécheresse vaginale et ménopause : est-ce que ça passe tout seul ?

En général, non. Elle fait partie des symptômes durables, et elle s'aggrave avec la durée de la ménopause. La bonne nouvelle, c'est qu'elle se soulage, à condition de ne pas attendre que les rapports deviennent douloureux pour agir.

8Sécheresse intime ou mycose : comment savoir ?

Les deux donnent une gêne et des démangeaisons, et la sécheresse rend les infections plus fréquentes. Une mycose s'accompagne en général de pertes blanches épaisses et de fortes démangeaisons, ce qui n'est pas le cas de la sécheresse seule. Nous détaillons les différences dans sécheresse intime ou mycose.

9La sécheresse vaginale met-elle fin à la vie sexuelle ?

Non. La ménopause ne signifie pas la fin de la sexualité, qui peut évoluer selon les envies et le confort de chacune. Lubrifiant, hydratant, traitement local et dialogue avec le partenaire changent beaucoup de choses. Nous en parlons en détail dans ménopause et sexualité.

10Sécheresse vaginale, cystites et envies pressantes : quel rapport ?

La muqueuse du vagin et celle de l'urètre réagissent toutes deux à la baisse des œstrogènes. C'est pourquoi la sécheresse intime s'accompagne souvent, après la ménopause, d'infections urinaires plus fréquentes, d'envies d'uriner rapprochées ou de petites fuites. Le traitement local par œstrogènes agit sur les deux : il aide contre les cystites et les envies pressantes, et, pour les fuites, il est souvent efficace quand il est associé à une gymnastique des muscles du périnée. Si vous avez à la fois une sécheresse et des troubles urinaires, mentionnez les deux lors de la consultation : la prise en charge sera plus cohérente.

11À qui en parler ?

Trois interlocutrices et interlocuteurs sont possibles : le médecin généraliste, souvent le premier, le gynécologue, spécialiste de référence des symptômes hormonaux, et la sage-femme, qui peut évaluer vos symptômes, vous conseiller et prescrire des traitements locaux non hormonaux. Vous pouvez aborder le sujet simplement, comme n'importe quel autre symptôme.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

La sécheresse vaginale peut-elle arriver avant la ménopause ?

Oui. La sécheresse vaginale fait partie des symptômes possibles de la périménopause (préménopause), la période où les règles sont encore là mais deviennent irrégulières.

Qui consulter pour une sécheresse vaginale ?

Votre médecin traitant, votre gynécologue ou une sage-femme. La sage-femme peut évaluer vos symptômes et prescrire des traitements locaux non hormonaux.