1Pourquoi le traitement dépend du type de fuites
Toutes les fuites urinaires ne se ressemblent pas, et c'est pour cela que le traitement commence par un bilan. On distingue les fuites à l'effort (en toussant, en riant, en portant une charge), dues à un périnée ou à un sphincter qui ne ferment plus assez bien, les fuites par envie pressante, dues à une vessie qui se contracte trop tôt, et les fuites mixtes, qui associent les deux. Notre page sur les fuites urinaires explique ces mécanismes et leurs causes.
Le médecin traitant pose les questions utiles (depuis quand, dans quelles circonstances, combien de fois par jour), examine, recherche une infection urinaire ou une descente d'organe, et vous demande souvent de tenir un calendrier mictionnel pendant 2 à 3 jours. Si besoin, il coordonne la suite avec un urologue, un gynécologue ou un kinésithérapeute. Le choix du traitement tient compte de la cause, du type de fuites et de la gêne qu'elles vous causent.
2Fuite urinaire : que faire dès maintenant ?
- Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant, dès les premières fuites.
- Tenez un calendrier mictionnel : heures, quantités, fuites et ce qui les a déclenchées.
- Limitez le café, le thé, l'alcool et les colas, et les boissons après 18 heures, en buvant assez dans la journée.
- Luttez contre la constipation et, si vous fumez, faites-vous aider pour arrêter.
- Commencez à repérer votre périnée : contracter, tenir deux ou trois secondes, relâcher. Votre kinésithérapeute vérifiera que le geste est juste.
- Face à une envie pressante, arrêtez-vous, asseyez-vous si possible, respirez et contractez fort le périnée plusieurs fois, puis allez aux toilettes calmement une fois l'envie passée.
- Utilisez une protection adaptée en attendant que le traitement fasse effet.
3La rééducation du périnée, premier traitement
C'est le premier traitement proposé en cas de fuites. Elle est faite par un kinésithérapeute, ou par une sage-femme après un accouchement.
Pour les fuites à l'effort, elle associe :
- un travail manuel : apprendre à sentir les muscles du périnée et à les contracter puis les relâcher, avec un toucher vaginal par le praticien ;
- le biofeedback : une sonde vaginale reliée à un signal sonore ou visuel permet de voir la contraction et le relâchement ;
- des conseils sur les postures, les efforts du quotidien et le mode de vie ;
- un travail à la maison entre les séances, expressément recommandé.
Pour les fuites par envie pressante ou mixtes, l'électrostimulation et la rééducation comportementale sont aussi recommandées : adapter ce que vous buvez et reprogrammer les passages aux toilettes pour les espacer peu à peu.
Les séances prescrites sont remboursées par l'Assurance maladie à 60 % chez un kinésithérapeute et à 70 % chez une sage-femme. Pour entretenir les résultats, les exercices doux de la sangle profonde, décrits dans muscler son ventre en douceur, sont un bon complément une fois le bon geste appris.
4Les médicaments
Un point est clair : aucun médicament n'est efficace dans les fuites à l'effort. Les médicaments servent aux fuites par vessie hyperactive ou mixtes, en premier ou après l'échec de la rééducation comportementale. Ce sont des antispasmodiques (anticholinergiques), qui agissent sur la contraction de la vessie. Ils peuvent donner une bouche sèche, des vertiges ou une constipation : signalez tout effet inhabituel à votre médecin ou à votre pharmacien, sans arrêter seule le traitement.





