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Fuites urinaires : rééducation, traitements, protections

Rééducation, médicaments, bandelette, protections : les traitements des fuites urinaires sont nombreux, et ils ne s'adressent pas tous aux mêmes fuites. Voici dans quel ordre on les propose, et pour qui.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co5 minutes de lecture
Une femme de 60 ans en legging et tee-shirt ample, allongée sur un tapis de sol dans un salon lumineux, genoux pliés, l'air détendu

En bref en 30 secondes

Le premier traitement des fuites urinaires est la rééducation du périnée, avec un kinésithérapeute ou une sage-femme, associée à des changements d'habitudes. Selon le type de fuites, le médecin peut ajouter des médicaments (vessie hyperactive), des œstrogènes locaux après la ménopause, puis, si les fuites persistent, une chirurgie comme la bandelette sous l'urètre.

Dans cet article
  1. 1Pourquoi le traitement dépend du type de fuites
  2. 2Fuite urinaire : que faire dès maintenant ?
  3. 3La rééducation du périnée, premier traitement
  4. 4Les médicaments
  5. +Toutes les solutions
  6. 5Les œstrogènes locaux après la ménopause
  7. 6Le pessaire
  8. 7La chirurgie
  9. 8Les autres techniques pour la vessie hyperactive
  10. 9Incontinence urinaire de la femme âgée : quel traitement ?
  11. 10Fuite urinaire chez la jeune femme
  12. 11Compléments et plantes
  13. ?Vos questions

1Pourquoi le traitement dépend du type de fuites

Toutes les fuites urinaires ne se ressemblent pas, et c'est pour cela que le traitement commence par un bilan. On distingue les fuites à l'effort (en toussant, en riant, en portant une charge), dues à un périnée ou à un sphincter qui ne ferment plus assez bien, les fuites par envie pressante, dues à une vessie qui se contracte trop tôt, et les fuites mixtes, qui associent les deux. Notre page sur les fuites urinaires explique ces mécanismes et leurs causes.

Le médecin traitant pose les questions utiles (depuis quand, dans quelles circonstances, combien de fois par jour), examine, recherche une infection urinaire ou une descente d'organe, et vous demande souvent de tenir un calendrier mictionnel pendant 2 à 3 jours. Si besoin, il coordonne la suite avec un urologue, un gynécologue ou un kinésithérapeute. Le choix du traitement tient compte de la cause, du type de fuites et de la gêne qu'elles vous causent.

2Fuite urinaire : que faire dès maintenant ?

  1. Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant, dès les premières fuites.
  2. Tenez un calendrier mictionnel : heures, quantités, fuites et ce qui les a déclenchées.
  3. Limitez le café, le thé, l'alcool et les colas, et les boissons après 18 heures, en buvant assez dans la journée.
  4. Luttez contre la constipation et, si vous fumez, faites-vous aider pour arrêter.
  5. Commencez à repérer votre périnée : contracter, tenir deux ou trois secondes, relâcher. Votre kinésithérapeute vérifiera que le geste est juste.
  6. Face à une envie pressante, arrêtez-vous, asseyez-vous si possible, respirez et contractez fort le périnée plusieurs fois, puis allez aux toilettes calmement une fois l'envie passée.
  7. Utilisez une protection adaptée en attendant que le traitement fasse effet.

3La rééducation du périnée, premier traitement

C'est le premier traitement proposé en cas de fuites. Elle est faite par un kinésithérapeute, ou par une sage-femme après un accouchement.

Pour les fuites à l'effort, elle associe :

  • un travail manuel : apprendre à sentir les muscles du périnée et à les contracter puis les relâcher, avec un toucher vaginal par le praticien ;
  • le biofeedback : une sonde vaginale reliée à un signal sonore ou visuel permet de voir la contraction et le relâchement ;
  • des conseils sur les postures, les efforts du quotidien et le mode de vie ;
  • un travail à la maison entre les séances, expressément recommandé.

Pour les fuites par envie pressante ou mixtes, l'électrostimulation et la rééducation comportementale sont aussi recommandées : adapter ce que vous buvez et reprogrammer les passages aux toilettes pour les espacer peu à peu.

Les séances prescrites sont remboursées par l'Assurance maladie à 60 % chez un kinésithérapeute et à 70 % chez une sage-femme. Pour entretenir les résultats, les exercices doux de la sangle profonde, décrits dans muscler son ventre en douceur, sont un bon complément une fois le bon geste appris.

4Les médicaments

Un point est clair : aucun médicament n'est efficace dans les fuites à l'effort. Les médicaments servent aux fuites par vessie hyperactive ou mixtes, en premier ou après l'échec de la rééducation comportementale. Ce sont des antispasmodiques (anticholinergiques), qui agissent sur la contraction de la vessie. Ils peuvent donner une bouche sèche, des vertiges ou une constipation : signalez tout effet inhabituel à votre médecin ou à votre pharmacien, sans arrêter seule le traitement.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Changer certaines habitudes (boissons, constipation, tabac, poids)OrdonnanceNonRembourséNonMieux vaut traiter d'abord ce qui favorise les fuites, par exemple en limitant les boissons après 18 heures.
Rééducation du périnée (kinésithérapeute, sage-femme)OrdonnanceOuiRembourséEn partiePremier traitement proposé en cas de fuites ; sur prescription, l'Assurance maladie rembourse 60 % du tarif chez un kinésithérapeute et 70 % chez une sage-femme.
Rééducation comportementale et électrostimulation (vessie hyperactive)OrdonnanceOuiRembourséEn partieElles sont recommandées pour les fuites par envie pressante ou mixtes, pour espacer peu à peu les passages aux toilettes.
Médicaments antispasmodiques (anticholinergiques)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casIls sont réservés aux fuites par vessie hyperactive ou mixtes ; ils peuvent donner une bouche sèche, des vertiges ou une constipation.
Œstrogènes locaux après la ménopauseOrdonnanceOuiRembourséSelon les casAssociés à la gymnastique du périnée, ils sont souvent efficaces sur les fuites.
Pessaire (en cas de descente d'organe)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casLe médecin peut le proposer en cas de prolapsus associé.
Chirurgie (bandelette sous-urétrale, autres techniques)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casProposée en deuxième intention après un bilan urodynamique, décidée en équipe ; les complications sont rares.
Neuromodulation sacrée, toxine botulique dans la vessieOrdonnanceOuiRembourséSelon les casElles sont réservées à la vessie hyperactive, après l'échec d'un traitement par médicaments bien conduit.
Protections absorbantesOrdonnanceNonRembourséSelon les casElles aident au quotidien en attendant l'effet du traitement, et votre pharmacien peut vous conseiller.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

5Les œstrogènes locaux après la ménopause

Après la ménopause, les fuites vont souvent de pair avec une sécheresse vaginale. Les œstrogènes locaux, prescrits en cas de sécheresse, peuvent améliorer les troubles associés, sans traiter directement les fuites. Le traitement œstrogénique local associé à une gymnastique des muscles du périnée est souvent efficace. Ces œstrogènes ont des contre-indications que votre médecin vérifie.

6Le pessaire

En cas de descente d'organe (prolapsus) associée aux fuites, le médecin peut proposer un pessaire, un dispositif placé dans le vagin pour soutenir les organes.

7La chirurgie

Elle est proposée en deuxième intention, quand la cause est traitée et que les fuites persistent malgré la rééducation et les médicaments. En pratique :

  • un bilan urodynamique (des mesures du remplissage et de la vidange de la vessie) est fait avant ;
  • la décision est prise par une équipe (urologue, gynécologue, médecin de rééducation, médecin traitant), avec vous ;
  • selon le mécanisme des fuites, plusieurs techniques existent : bandelettes sous-urétrales posées par voie vaginale, ballons ajustables qui compriment l'urètre, injections autour de l'urètre, sphincter urinaire artificiel ;
  • l'intervention se fait le plus souvent en ambulatoire (retour le jour même), avec des contrôles à un mois puis dans l'année ;
  • les complications sont rares mais existent (infection urinaire, difficultés à uriner, douleurs, érosion de la vessie ou de l'urètre) ; en cas de complication grave, un retrait du matériel peut être décidé avec vous.

Après une bandelette, mieux vaut éviter les efforts et les rapports sexuels le premier mois, de bien boire et de vider complètement la vessie toutes les 2 à 3 heures dans la journée. L'arrêt de travail dépend de votre métier : environ 10 jours pour un travail sédentaire, jusqu'à 28 jours pour un travail avec port de charges.

8Les autres techniques pour la vessie hyperactive

Quand un traitement par médicaments bien conduit n'a pas suffi, deux techniques existent, proposées sur avis d'un urologue ou d'un gynécologue : la neuromodulation des racines nerveuses sacrées (un petit appareil qui envoie des impulsions électriques aux nerfs de la vessie) et les injections de toxine botulique dans le muscle de la vessie.

9Incontinence urinaire de la femme âgée : quel traitement ?

Les traitements sont les mêmes, choisis selon la cause, le type de fuites et la gêne ressentie. Certains médicaments, surtout quand on en prend plusieurs (par exemple des diurétiques), favorisent les fuites : faire le point sur l'ordonnance fait partie du bilan. Des aménagements aident aussi : un chemin dégagé jusqu'aux toilettes, des barres d'appui, des vêtements faciles à retirer, une aide à la marche si besoin. Une activité douce régulière reste conseillée : notre page sur le renforcement musculaire après 50 ans propose des exercices adaptés, et la page après la ménopause fait le point sur le suivi médical.

10Fuite urinaire chez la jeune femme

Les fuites peuvent toucher des femmes jeunes : après une grossesse ou un accouchement difficile, avec certains sports qui sollicitent beaucoup le périnée (course, sauts, trampoline), ou même sans cause retrouvée. Le traitement commence là aussi par la rééducation.

11Compléments et plantes

Aucun complément alimentaire ni aucune plante n'a fait ses preuves pour traiter les fuites urinaires. Avant d'en prendre un, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien, surtout si vous suivez déjà un traitement.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

Combien de séances de rééducation du périnée faut-il ?

Il n'y a pas de nombre fixe : votre médecin et votre kinésithérapeute l'adaptent à vos fuites et à vos progrès. Un travail à la maison entre les séances est aussi recommandé.

La bandelette est-elle définitive ?

Oui, les bandelettes sous-urétrales sont des implants définitifs. En cas de complication grave, un retrait peut être décidé avec la patiente, dans des établissements habilités.