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Sécheresse intime ou mycose : comment faire la différence

Ça démange, ça brûle, c'est inconfortable : est-ce une mycose, ou la sécheresse de la ménopause ? Les deux se ressemblent, se mêlent parfois, et ne se traitent pas de la même façon.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co4 minutes de lecture
Une femme de 50 ans en tenue confortable qui consulte un carnet assise à une table de cuisine, une tasse de tisane à côté

En bref en 30 secondes

La sécheresse intime donne surtout une gêne, des irritations et des rapports douloureux, sans pertes particulières ; la mycose s'accompagne en général de fortes démangeaisons et de pertes blanches épaisses ou grumeleuses. Les deux peuvent coexister, et seul un examen permet de trancher : consultez si c'est la première fois ou si les signes ne passent pas.

Dans cet article
  1. 1Pourquoi on confond si facilement les deux
  2. 2Sécheresse ou mycose : les signes qui orientent
  3. 3Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  4. 4Ce qui favorise les mycoses
  5. +Toutes les solutions
  6. 5Préménopause et mycose : y a-t-il un lien ?
  7. 6Sécheresse après une mycose : est-ce normal ?
  8. 7Comment on traite l'une et l'autre
  9. 8Les compléments, plantes et produits « naturels »
  10. ?Vos questions

1Pourquoi on confond si facilement les deux

La sécheresse intime et la mycose touchent la même zone, le vagin et la vulve, et donnent des sensations proches : démangeaisons, brûlures, inconfort, douleur pendant les rapports.

La sécheresse vient de la baisse des œstrogènes à la ménopause. Elle s'installe progressivement et peut provoquer une inflammation du vagin (vaginite), des douleurs et une diminution du plaisir pendant les rapports. Notre page sur la sécheresse vaginale la détaille.

La mycose est une infection due le plus souvent à une levure, Candida albicans. C'est la cause la plus fréquente des vaginites infectieuses, avec des démangeaisons de la vulve et du vagin, parfois une rougeur et un gonflement des grandes lèvres, et des pertes blanches épaisses.

Ce qui brouille les pistes à la ménopause : la sécheresse fragilise la muqueuse. Elle augmente à la fois le risque d'irritations et celui d'infections vaginales. Une femme ménopausée peut donc avoir une sécheresse, une mycose, ou les deux à la fois.

2Sécheresse ou mycose : les signes qui orientent

Plutôt une sécheressePlutôt une mycose
InstallationProgressivePar épisode, une « crise »
PertesPas de pertes particulièresPertes blanches ou jaunes épaisses, parfois grumeleuses
DémangeaisonsPlutôt une gêne, une irritationDémangeaisons de la vulve et du vagin
RapportsDouloureux par manque de lubrificationParfois douloureux pendant l'épisode
ContexteMénopause, préménopauseAntibiotiques récents, diabète, vêtements synthétiques

Ce tableau aide à vous repérer, il ne remplace pas un examen : ces signes se chevauchent, et d'autres infections (bactéries, parasites, herpès) donnent elles aussi des pertes et des démangeaisons.

3Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Observez vos pertes : leur couleur, leur aspect, leur odeur. C'est le premier indice qui oriente vers une infection.
  2. Ne vous traitez seule contre une mycose que si vous en avez déjà eu une, diagnostiquée, avec exactement les mêmes signes.
  3. Arrêtez les douches vaginales et les produits d'hygiène intime parfumés ou agressifs.
  4. Portez des sous-vêtements en coton, changés chaque jour, évitez les vêtements serrés et ne gardez pas un maillot mouillé.
  5. Préférez la douche au bain et séchez bien la zone intime.
  6. En cas de sécheresse, utilisez un hydratant vaginal régulier et un lubrifiant à base d'eau pendant les rapports.
  7. Consultez dans les jours qui viennent si les démangeaisons s'accompagnent de pertes malodorantes ou jaunâtres, de brûlures en urinant ou d'une douleur du bas-ventre.

4Ce qui favorise les mycoses

Plusieurs facteurs connus favorisent les mycoses : un traitement antibiotique, un système immunitaire affaibli, la grossesse, la pilule contraceptive, le diabète, les douches vaginales répétées et les vêtements et sous-vêtements synthétiques. Les séjours prolongés dans des lieux chauds et humides (piscine, jacuzzi) et un maillot de bain mouillé gardé longtemps favorisent aussi les vaginites.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Hygiène douce (pas de douche vaginale, pas de savon agressif, sous-vêtements en coton)OrdonnanceNonRembourséNonCes gestes limitent le risque de vaginite ; mieux vaut éviter les produits d'hygiène intime parfumés ou agressifs.
Antifongique local (ovule, capsule, crème) pour une mycoseOrdonnanceSelon les casRembourséSelon les casCeux vendus sans ordonnance ne s'utilisent que si vous avez déjà été traitée pour une mycose et retrouvez les mêmes signes.
Antifongique par la bouche en cas de mycoses à répétitionOrdonnanceOuiRembourséSelon les casLe médecin peut le prescrire en cas de mycoses récidivantes, associé à un ovule.
Hydratant et lubrifiant vaginaux pour la sécheresseOrdonnanceNonRembourséNonIls soulagent la sécheresse vaginale de la ménopause, en privilégiant les gels à base d'eau.
Œstrogènes locaux pour la sécheresseOrdonnanceOuiRembourséSelon les casIls diminuent la sécheresse vaginale et vulvaire et ont des contre-indications, dont le cancer du sein.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

5Préménopause et mycose : y a-t-il un lien ?

À ce jour, aucun lien direct n'est décrit entre la préménopause et les mycoses. Ce que l'on sait en revanche, c'est que les symptômes de la ménopause, dont la sécheresse vaginale, commencent souvent dès la périménopause, quand les règles sont encore là, et cette sécheresse rend la muqueuse plus sensible aux irritations. Si vous avez des mycoses à répétition à cette période, parlez-en à votre médecin : il cherchera ce qui les favorise (diabète, antibiotiques, autre infection).

6Sécheresse après une mycose : est-ce normal ?

En début de traitement d'une mycose, les brûlures et les démangeaisons peuvent s'aggraver un moment. Si une gêne persiste une fois le traitement terminé, plusieurs pistes sont possibles : une sécheresse qui existait déjà et que la mycose masquait, une irritation par les produits utilisés, ou une infection toujours présente. Ces signes ont plusieurs causes possibles : faites le point avec votre médecin plutôt que d'enchaîner les traitements.

7Comment on traite l'une et l'autre

La mycose se traite par des antifongiques locaux : des ovules ou capsules à placer dans le vagin, complétés par une crème sur la vulve quand elle est touchée. Certains se vendent sans ordonnance, mais ne doivent servir qu'en cas de récidive avec les mêmes signes. En cas de mycoses à répétition, le médecin peut prescrire un antifongique par la bouche.

La sécheresse se soulage avec des hydratants et lubrifiants vaginaux, et si besoin un traitement local à base d'œstrogènes prescrit par votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme. Notre guide hydratants, lubrifiants, traitements compare ces solutions. Pour la vulve en particulier, voyez sécheresse vulvaire.

Traiter une sécheresse avec un antifongique ne sert à rien, et un antifongique utilisé à tort peut retarder le bon diagnostic. C'est la raison pour laquelle l'examen compte.

8Les compléments, plantes et produits « naturels »

Aujourd'hui, aucun complément alimentaire ni aucune plante n'est recommandé contre les mycoses ou la sécheresse intime. Les plantes « ménopause » à effet proche des œstrogènes s'utilisent sous contrôle médical. Des produits d'hygiène intime doux, vendus en pharmacie et qui respectent la flore vaginale, peuvent atténuer les démangeaisons et l'inconfort.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

Peut-on avoir une mycose à la ménopause ?

Oui. La sécheresse rend la muqueuse plus fragile et plus sujette aux irritations et aux infections. Mais toutes les démangeaisons ne sont pas des mycoses : un examen évite de se traiter à tort.

Faut-il traiter le partenaire en cas de mycose ?

Le partenaire sexuel doit également être traité. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien si c'est utile dans votre situation, et comment.