1Fuites urinaires : de quoi parle-t-on ?
Une fuite urinaire, c'est une perte d'urine que vous ne contrôlez pas. Le nom médical est incontinence urinaire ; on entend aussi parler « d'insuffisance urinaire » ou de « perte d'urine », mais il s'agit de la même chose.
C'est très fréquent. Plus de 5 millions de femmes sont concernées en France, dont 1,5 million ont des fuites tous les jours. Environ une femme sur trois de plus de 70 ans en a, mais les fuites touchent aussi des femmes bien plus jeunes. Le chiffre réel est difficile à connaître : beaucoup de femmes n'en parlent ni à leurs proches ni à leur médecin, en pensant que c'est « l'âge ». C'est dommage, car des traitements existent et le retentissement sur la vie est réel : sorties que l'on évite, peur des odeurs ou des taches, nuits coupées.
2Les trois types de fuites
On distingue trois situations, et les reconnaître aide à choisir le bon traitement.
- Les fuites à l'effort (environ 40 % des cas) : l'urine s'échappe sans envie préalable, quand vous toussez, riez, éternuez, sautez ou portez une charge. Au début, seulement lors d'efforts intenses, puis parfois en marchant.
- Les fuites par envie pressante (environ 10 % des cas) : un besoin soudain, très difficile à retenir, vous empêche d'arriver à temps aux toilettes. Il peut se déclencher au repos, la nuit, ou en entendant couler l'eau. On parle de vessie hyperactive.
- Les fuites mixtes (environ 50 % des cas) : les deux à la fois.
3Pourquoi ça arrive : le périnée, la vessie, les hormones
Pour retenir l'urine, deux éléments travaillent ensemble : le sphincter de l'urètre, un anneau musculaire qui ferme le canal, et le périnée, l'ensemble des muscles et des tissus qui ferment le bas du bassin et soutiennent l'urètre. Quand le périnée s'affaiblit ou que le sphincter perd de sa force, la fermeture n'est plus assez solide au moment d'un effort.
Ce qui fragilise le périnée :
- les grossesses et les accouchements, surtout difficiles (ventouse, forceps, déchirure) ;
- une descente d'organe (prolapsus génital) ;
- une opération du ventre ou du petit bassin ;
- le surpoids, la constipation chronique, une toux chronique ;
- certains sports qui sollicitent le périnée de façon répétée (course à pied, sauts, trampoline, musculation, sports de balle), qui peuvent révéler une fragilité ;
- l'âge et la ménopause.
Les fuites par envie pressante ont d'autres causes : une infection urinaire (cystite), certaines maladies de la vessie ou neurologiques, les suites d'une radiothérapie du bassin. Certains médicaments (diurétiques, sédatifs) et l'excès de café, d'alcool ou de tabac jouent aussi. Enfin, des femmes qui n'ont jamais accouché et n'ont aucun de ces facteurs ont parfois des fuites : une fragilité des tissus de soutien peut alors être en cause.
4Fuites urinaires et ménopause : quel lien ?
Après la ménopause, la baisse des hormones féminines touche aussi la vessie, l'urètre et le vagin. La ménopause fait partie des facteurs qui favorisent les fuites, et elle s'accompagne parfois de fuites, d'envies fréquentes d'uriner et d'infections urinaires plus fréquentes. Les fuites apparaissent quand les muscles du périnée perdent de leur tonus.
Ces troubles urinaires vont souvent de pair avec la sécheresse vaginale : les médecins parlent de syndrome génito-urinaire de la ménopause. C'est pour cela qu'un traitement de la sécheresse (des œstrogènes appliqués dans le vagin) améliore souvent les fuites associées, sans les traiter directement. Si vous vous posez des questions sur vos autres signes, la liste des symptômes de la ménopause peut vous aider à faire le point avant la consultation.
5Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Parlez-en à votre médecin traitant dès les premières fuites. Un traitement est possible et efficace.
- Notez vos mictions pendant 2 à 3 jours : les heures, les quantités, les fuites et ce qui les a déclenchées. Ce « calendrier mictionnel » est l'un des premiers examens demandés.
- Limitez le café, le thé, l'alcool et les colas, qui font uriner, et buvez moins le soir (limitez les boissons après 18 heures), tout en buvant assez dans la journée.
- Évitez la constipation et, si vous fumez, faites-vous aider pour arrêter.
- Ne poussez pas pour uriner et videz bien votre vessie, sans vous retenir trop souvent.
- Face à une envie pressante, arrêtez-vous, asseyez-vous sur un siège ferme si possible, respirez profondément et contractez fort votre périnée plusieurs fois de suite. Pensez à autre chose, attendez que l'envie passe, puis allez aux toilettes calmement.
- Choisissez des activités douces comme la natation ou le yoga plutôt que les sauts et les secousses, en attendant que votre périnée soit renforcé. Demandez à votre médecin quel sport vous convient.
6Les protections : comment s'y retrouver
En attendant que le traitement fasse effet, une protection permet de vivre normalement. Il existe des protège-slips et les culottes absorbantes, vendus en pharmacie et en grande surface. Beaucoup de femmes cherchent « Tena pour femme » : c'est une marque parmi d'autres qui proposent ce type de produits.
Il en existe de plus ou moins absorbantes. Votre pharmacien peut vous aider à choisir selon l'abondance de vos fuites, de jour comme de nuit. Une protection absorbe les fuites, elle ne traite pas leur cause : elle accompagne la rééducation, elle ne la remplace pas. Pour une éventuelle aide financière, renseignez-vous auprès de votre caisse d'assurance maladie et de votre complémentaire santé.
7Les traitements, en bref
Le traitement dépend du type de fuites. Il suit une progression : on traite d'abord ce qui les favorise, puis on propose la rééducation du périnée chez un kinésithérapeute, des médicaments quand la vessie est hyperactive, des œstrogènes locaux après la ménopause en cas de sécheresse vaginale, et en deuxième intention une chirurgie. Tout est détaillé dans notre page sur le traitement des fuites urinaires.
Pour entretenir votre périnée au quotidien, les exercices de la sangle profonde présentés dans muscler son ventre en douceur sont un bon complément, une fois que votre kinésithérapeute vous a appris à bien contracter.





