1Qu'est-ce qu'une ménopause artificielle ?
La ménopause naturelle s'installe en douceur : pendant 2 à 4 ans, les ovaires ralentissent, les règles s'espacent, puis s'arrêtent. Une ménopause artificielle, elle, est provoquée par un traitement. On parle aussi de ménopause « iatrogène » ou « médicalement induite ». Elle peut venir :
- d'une chirurgie qui retire les deux ovaires (on parle d'annexectomie quand on retire les trompes et les ovaires) ;
- d'une chimiothérapie ou d'une radiothérapie, qui peuvent arrêter le fonctionnement des ovaires ;
- de médicaments qui bloquent la production d'œstrogènes, prescrits par exemple contre l'endométriose ou avant une chirurgie des fibromes. Leur effet est en principe temporaire.
2Pourquoi les symptômes sont souvent plus forts
Dans une ménopause naturelle, le corps a plusieurs années pour s'habituer à la baisse des hormones. Après le retrait des deux ovaires, la chute est brutale. Chez une femme qui n'était pas encore ménopausée, cette ménopause provoque des symptômes plus importants que si elle s'était déclenchée naturellement : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale, baisse du désir.
L'âge compte aussi. Plus la ménopause arrive tôt, plus les années sans œstrogènes sont nombreuses, avec leurs effets sur les os, le cœur et le cerveau. Une ménopause avant 45 ans, naturelle ou provoquée, est associée à un risque plus élevé de déclin cognitif ; un traitement par œstrogènes au moins jusqu'à 50 ans efface ce surrisque dans les études d'observation. C'est la raison pour laquelle on propose en général un traitement hormonal aux femmes concernées jeunes, quand c'est possible.
3Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Demandez avant l'intervention si vos ovaires seront retirés ou conservés, et ce que cela change pour vous.
- Notez vos symptômes dès les premières semaines : bouffées de chaleur, sueurs, sommeil, humeur, sécheresse intime. Notre carnet de suivi peut vous aider.
- Posez la question du traitement hormonal à votre médecin, surtout si vous avez moins de 45 ans : est-il possible pour vous, et jusqu'à quand ?
- Parlez de vos os : une ménopause précoce est un facteur de risque d'ostéoporose.
- Gardez les gestes du quotidien : activité physique régulière, arrêt du tabac, alcool limité, calcium dans l'assiette.
- Demandez de l'aide pour le moral si besoin : un arrêt brutal des hormones, souvent après une maladie, peut peser.
4Hystérectomie et ménopause : ce qu'il faut savoir
L'hystérectomie, c'est le retrait de l'utérus. Après l'opération, il n'y a plus de règles. Mais ce n'est pas l'utérus qui fabrique les hormones : ce sont les ovaires. C'est le retrait des deux ovaires qui déclenche la ménopause chez une femme qui n'était pas ménopausée.
Il existe plusieurs types d'hystérectomie : le retrait du corps de l'utérus, le retrait de l'utérus entier, et le retrait de l'utérus avec les trompes, ou avec les trompes et les ovaires. Demandez à votre chirurgien quel geste a été fait : c'est ce qui dit si une ménopause est attendue ou non.
Comment savoir si l'on est ménopausée après une hystérectomie ?
C'est plus compliqué, puisque le repère habituel, 12 mois sans règles, n'existe plus. Dans ce cas, des dosages hormonaux répétés, faits au moins 3 mois après l'intervention, peuvent orienter le diagnostic. Vos symptômes comptent aussi. C'est avec votre gynécologue que vous ferez le point.
5Les médicaments qui provoquent une « ménopause artificielle »
Les analogues de la GnRH bloquent l'hormone du cerveau qui stimule les ovaires. Le taux d'œstrogènes baisse et les règles s'arrêtent. On les prescrit contre l'endométriose, pour 3 à 6 mois et au maximum un an, ou avant une chirurgie des fibromes, pendant environ 3 mois.
Leurs effets indésirables sont ceux d'une ménopause : bouffées de chaleur, maux de tête, irritabilité, prise de poids, sécheresse vaginale, fatigue, troubles de l'humeur, peau sèche et perte osseuse. Pour les limiter, le médecin peut ajouter une petite quantité d'œstrogènes, sous contrôle médical : c'est ce qu'on appelle l'« add-back therapy ».





