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MénopauseGuide

Ménopause artificielle : après une chirurgie, une hystérectomie ou un traitement

Elle arrive du jour au lendemain, ou en quelques semaines, sans la transition habituelle. Voici ce qu'est une ménopause artificielle, ce qu'elle change, et les solutions à discuter avec votre médecin.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co5 minutes de lecture
Une femme de 46 ans en gilet de laine, qui marche tranquillement dans un parc en automne, tasse à emporter à la main, l'air reposé

En bref en 30 secondes

Une ménopause artificielle (on dit aussi « induite » ou « iatrogène ») est provoquée par un traitement : le retrait des deux ovaires, une chimiothérapie, une radiothérapie, ou, de façon temporaire, des médicaments qui bloquent la production d'œstrogènes. Ses symptômes sont souvent plus marqués qu'une ménopause naturelle, et quand elle survient tôt, un traitement hormonal est en général proposé, sauf contre-indication.

Dans cet article
  1. 1Qu'est-ce qu'une ménopause artificielle ?
  2. 2Pourquoi les symptômes sont souvent plus forts
  3. 3Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  4. 4Hystérectomie et ménopause : ce qu'il faut savoir
  5. 5Les médicaments qui provoquent une « ménopause artificielle »
  6. +Toutes les solutions
  7. 6Après un cancer : un cas à part
  8. 7Le traitement hormonal après une ménopause artificielle
  9. 8Les compléments et les plantes, expliqués honnêtement
  10. 9Et les os ?
  11. ?Vos questions

1Qu'est-ce qu'une ménopause artificielle ?

La ménopause naturelle s'installe en douceur : pendant 2 à 4 ans, les ovaires ralentissent, les règles s'espacent, puis s'arrêtent. Une ménopause artificielle, elle, est provoquée par un traitement. On parle aussi de ménopause « iatrogène » ou « médicalement induite ». Elle peut venir :

  • d'une chirurgie qui retire les deux ovaires (on parle d'annexectomie quand on retire les trompes et les ovaires) ;
  • d'une chimiothérapie ou d'une radiothérapie, qui peuvent arrêter le fonctionnement des ovaires ;
  • de médicaments qui bloquent la production d'œstrogènes, prescrits par exemple contre l'endométriose ou avant une chirurgie des fibromes. Leur effet est en principe temporaire.

2Pourquoi les symptômes sont souvent plus forts

Dans une ménopause naturelle, le corps a plusieurs années pour s'habituer à la baisse des hormones. Après le retrait des deux ovaires, la chute est brutale. Chez une femme qui n'était pas encore ménopausée, cette ménopause provoque des symptômes plus importants que si elle s'était déclenchée naturellement : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale, baisse du désir.

L'âge compte aussi. Plus la ménopause arrive tôt, plus les années sans œstrogènes sont nombreuses, avec leurs effets sur les os, le cœur et le cerveau. Une ménopause avant 45 ans, naturelle ou provoquée, est associée à un risque plus élevé de déclin cognitif ; un traitement par œstrogènes au moins jusqu'à 50 ans efface ce surrisque dans les études d'observation. C'est la raison pour laquelle on propose en général un traitement hormonal aux femmes concernées jeunes, quand c'est possible.

3Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Demandez avant l'intervention si vos ovaires seront retirés ou conservés, et ce que cela change pour vous.
  2. Notez vos symptômes dès les premières semaines : bouffées de chaleur, sueurs, sommeil, humeur, sécheresse intime. Notre carnet de suivi peut vous aider.
  3. Posez la question du traitement hormonal à votre médecin, surtout si vous avez moins de 45 ans : est-il possible pour vous, et jusqu'à quand ?
  4. Parlez de vos os : une ménopause précoce est un facteur de risque d'ostéoporose.
  5. Gardez les gestes du quotidien : activité physique régulière, arrêt du tabac, alcool limité, calcium dans l'assiette.
  6. Demandez de l'aide pour le moral si besoin : un arrêt brutal des hormones, souvent après une maladie, peut peser.

4Hystérectomie et ménopause : ce qu'il faut savoir

L'hystérectomie, c'est le retrait de l'utérus. Après l'opération, il n'y a plus de règles. Mais ce n'est pas l'utérus qui fabrique les hormones : ce sont les ovaires. C'est le retrait des deux ovaires qui déclenche la ménopause chez une femme qui n'était pas ménopausée.

Il existe plusieurs types d'hystérectomie : le retrait du corps de l'utérus, le retrait de l'utérus entier, et le retrait de l'utérus avec les trompes, ou avec les trompes et les ovaires. Demandez à votre chirurgien quel geste a été fait : c'est ce qui dit si une ménopause est attendue ou non.

Comment savoir si l'on est ménopausée après une hystérectomie ?

C'est plus compliqué, puisque le repère habituel, 12 mois sans règles, n'existe plus. Dans ce cas, des dosages hormonaux répétés, faits au moins 3 mois après l'intervention, peuvent orienter le diagnostic. Vos symptômes comptent aussi. C'est avec votre gynécologue que vous ferez le point.

5Les médicaments qui provoquent une « ménopause artificielle »

Les analogues de la GnRH bloquent l'hormone du cerveau qui stimule les ovaires. Le taux d'œstrogènes baisse et les règles s'arrêtent. On les prescrit contre l'endométriose, pour 3 à 6 mois et au maximum un an, ou avant une chirurgie des fibromes, pendant environ 3 mois.

Leurs effets indésirables sont ceux d'une ménopause : bouffées de chaleur, maux de tête, irritabilité, prise de poids, sécheresse vaginale, fatigue, troubles de l'humeur, peau sèche et perte osseuse. Pour les limiter, le médecin peut ajouter une petite quantité d'œstrogènes, sous contrôle médical : c'est ce qu'on appelle l'« add-back therapy ».

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Gestes du quotidien (pièce fraîche, vêtements légers, moins d'alcool, activité physique, arrêt du tabac)OrdonnanceNonRembourséNonIls sont fondamentaux après la ménopause, notamment pour le cœur, les os et le poids.
Traitement hormonal (œstrogène seul après une hystérectomie, associé à un progestatif si l'utérus est en place)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casEn cas de ménopause avant 40 ans, il est prescrit sauf contre-indication jusqu'à 50 ans environ, pour prévenir les complications.
Petite dose d'œstrogènes ajoutée à un traitement bloqueur d'hormones (« add-back »)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casElle sert, sous contrôle médical, à corriger bouffées de chaleur et perte osseuse pendant un traitement de l'endométriose par analogues de la GnRH.
Traitements sans hormones des bouffées de chaleurOrdonnanceOuiRembourséSelon les casIls peuvent être proposés, notamment quand le traitement hormonal est contre-indiqué, comme après un cancer du sein.
Mesure de la densité osseuse (ostéodensitométrie)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casUne ménopause avant 40 ans fait partie des facteurs de risque d'ostéoporose qui justifient d'en parler à son médecin.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

6Après un cancer : un cas à part

Une chimiothérapie ou une radiothérapie peuvent provoquer une ménopause. Après un traitement de ce type, la règle des 12 mois sans règles ne permet pas de conclure avec certitude : les ovaires peuvent parfois reprendre une activité. La question de la contraception se pose donc avec votre médecin.

Après un cancer du sein, le traitement hormonal de la ménopause est contre-indiqué. Cela ne veut pas dire qu'il n'existe rien : il existe des traitements sans hormones des bouffées de chaleur, ainsi que l'hypnose, le yoga et l'acupuncture, dont l'efficacité apparaît supérieure au placebo. Pour la sécheresse intime, des hydratants et lubrifiants existent. Parlez-en à votre équipe soignante.

7Le traitement hormonal après une ménopause artificielle

Quand la ménopause survient avant 40 ans, un traitement hormonal est prescrit, en l'absence de contre-indication, jusqu'à 50 ans environ, pour prévenir les complications. En cas d'insuffisance ovarienne prématurée, le traitement est recommandé au moins jusqu'à l'âge théorique de la ménopause.

Après une hystérectomie, un œstrogène seul suffit : le progestatif sert surtout à protéger l'utérus. Pour tout savoir sur ce traitement, ses bénéfices et ses risques, voyez notre page traitement hormonal de la ménopause, et, s'il ne vous convient pas, notre page traitements sans hormones.

8Les compléments et les plantes, expliqués honnêtement

Après une ménopause provoquée, la tentation est forte de chercher une solution « naturelle ». Les compléments pour la ménopause contiennent souvent des phyto-œstrogènes (soja, trèfle rouge). La HAS a mis en garde contre ces produits, mal évalués, et ils ne doivent pas être pris en cas d'antécédent de cancer hormonodépendant, en particulier du sein. Or c'est justement l'une des situations où l'on se retrouve en ménopause artificielle. Demandez toujours l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

9Et les os ?

Le manque d'œstrogènes accélère la perte osseuse. Une ménopause avant 40 ans fait partie des facteurs de risque d'ostéoporose : parlez-en à votre médecin, qui peut prescrire une mesure de la densité des os. Voyez aussi notre page ostéoporose et ménopause. Si vous êtes concernée avant 40 ans, notre page ménopause précoce complète celle-ci.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

Une hystérectomie provoque-t-elle la ménopause ?

C'est le retrait des deux ovaires qui la déclenche. Si vos ovaires ont été laissés en place, demandez à votre chirurgien ou à votre gynécologue ce qu'il en est pour vous : vous n'aurez plus de règles, mais ce n'est pas la même chose qu'une ménopause.

Les médicaments qui bloquent les hormones provoquent-ils une ménopause définitive ?

Les analogues de la GnRH provoquent un état proche de la ménopause tant qu'on les prend ; ils sont prescrits sur une durée limitée, de 3 à 6 mois et au maximum un an pour l'endométriose.