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Hormones « naturelles » et bio-identiques à la ménopause : ce que c'est vraiment

« Hormones naturelles », « bio-identiques », « THS naturel » : ces mots rassurent, mais ils recouvrent des choses très différentes. Voici comment s'y retrouver.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co5 minutes de lecture
Une femme de 53 ans aux cheveux mi-longs grisonnants, assise dans un fauteuil avec une tasse de thé, en pleine conversation avec une amie hors champ

En bref en 30 secondes

En France, le traitement hormonal de référence associe déjà de l'estradiol (l'œstrogène fabriqué par le corps de la femme) et de la progestérone naturelle ou un dérivé proche, avec l'œstrogène appliqué sur la peau : c'est ce que d'autres appellent « bio-identique ». Ces hormones restent des hormones, avec des risques à peser avec votre médecin, alors que les plantes, l'igname sauvage ou les phyto-œstrogènes ne sont pas des hormones humaines.

Dans cet article
  1. 1D'où vient l'idée d'hormones « naturelles »
  2. 2En France, le traitement de référence utilise déjà ces hormones
  3. 3Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  4. 4« Naturel » ne veut pas dire sans conséquence
  5. +Toutes les solutions
  6. 5Les « hormones naturelles » qui n'en sont pas
  7. 6Peut-on prendre un œstrogène naturel tout seul ?
  8. 7Et la testostérone ?
  9. 8Qui peut en bénéficier ?
  10. ?Vos questions

1D'où vient l'idée d'hormones « naturelles »

À la ménopause, les ovaires cessent de produire deux hormones : les œstrogènes (surtout l'estradiol) et la progestérone. Le traitement hormonal de la ménopause (THM) sert à compenser cette baisse, pour soulager les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la sécheresse vaginale ou les troubles de l'humeur, et dans certains cas protéger les os.

Le mot « naturel » vient d'une histoire précise. En 2002, une grande étude américaine, la WHI, a montré une hausse des cancers du sein, des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux et des phlébites chez des femmes traitées. Ce traitement-là était très différent de celui utilisé en France : des œstrogènes extraits d'urine de juments, pris par la bouche, associés à un progestatif de synthèse non utilisé en France, chez des femmes d'âge moyen de 63 ans, pour la plupart ménopausées depuis plus de 10 ans.

Depuis, on distingue les hormones identiques à celles du corps (estradiol, progestérone) des hormones de synthèse ou d'origine animale. Aux États-Unis, on parle d'hormones « bio-identiques ». En France, ce mot n'est pas employé par les autorités de santé : on parle simplement d'estradiol et de progestérone naturelle.

2En France, le traitement de référence utilise déjà ces hormones

L'association de l'estradiol (l'œstrogène naturel de la femme) à la progestérone naturelle ou à un dérivé proche, avec l'œstrogène appliqué par voie percutanée ou transdermique (gel ou patch), est le traitement de référence en France. En 2025, l'accent reste mis sur les hormones « naturelles » à dose minimale efficace et sur la voie cutanée de préférence. Les autres options, avec ou sans hormones, sont comparées dans notre page traitement de la ménopause.

D'autres repères vont dans le même sens :

  • l'estradiol est l'œstrogène le plus utilisé en France ;
  • la Haute Autorité de santé a reconnu en 2025 un progrès des formes cutanées (gel, patch) par rapport aux comprimés, avec des données qui suggèrent moins de risque de caillot et d'accident vasculaire cérébral, tout en jugant ce niveau de preuve peu robuste ;
  • la voie orale multiplie par deux le risque de phlébite et d'embolie pulmonaire, alors que la voie percutanée réduit ce risque.

Autrement dit : si vous cherchez un « THM naturel », c'est souvent ce que votre médecin vous proposera d'emblée. Les formes (gel, patch, comprimé) sont détaillées dans notre page patch, gel ou comprimé.

3Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Notez vos symptômes (bouffées de chaleur, nuits, humeur, sécheresse intime) et leur effet sur votre vie : c'est ce qui décide de l'intérêt d'un traitement.
  2. Demandez à votre médecin quelle hormone et quelle voie il propose : estradiol ou autre, gel, patch ou comprimé, progestérone ou autre progestatif.
  3. Parlez de vos antécédents : cancer du sein, accident vasculaire cérébral, infarctus, phlébite, tabac. Ce sont des contre-indications possibles.
  4. Si vous avez encore votre utérus, sachez qu'un progestatif est associé à l'œstrogène pour protéger l'endomètre ; il est inutile après une hystérectomie.
  5. Ne prenez pas de DHEA ou de produit « hormonal » vendu en complément sans en parler : ils peuvent avoir les risques des œstrogènes sans le suivi.
  6. Prévoyez une réévaluation au moins une fois par an avec votre médecin.

4« Naturel » ne veut pas dire sans conséquence

L'estradiol et la progestérone sont identiques à vos hormones, mais ils restent des hormones, avec leurs risques : cancer du sein, cancer de l'endomètre (si l'œstrogène est pris sans progestatif), cancer de l'ovaire en cas de traitement long, maladies cardiovasculaires, accidents vasculaires cérébraux et thromboses. C'est pour cela que le traitement est prescrit à la dose minimale efficace, pour la durée la plus courte possible, et réévalué au moins chaque année.

La progestérone naturelle n'échappe pas à la règle. Un risque de méningiome (une tumeur le plus souvent bénigne des enveloppes du cerveau) est suspecté avec la progestérone et la dydrogestérone ; elles sont contre-indiquées en cas de méningiome actuel ou ancien. Maux de tête inhabituels, troubles de la vision, du langage ou de la mémoire, vertiges : ce sont des signes à signaler à votre médecin.

Côté bénéfices, le THM soulage les troubles de la ménopause, prévient l'ostéoporose et réduit le risque de fracture de 30 à 40 %, et il n'augmente ni la mortalité globale, ni celle liée aux maladies cardiovasculaires ou au cancer du sein. Tout le détail est dans notre page sur le traitement hormonal de la ménopause et celle sur ses effets secondaires.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Gestes du quotidien (activité physique, moins d'alcool, chambre fraîche)OrdonnanceNonRembourséNonIls passent en premier, et l'activité physique aide à atténuer les symptômes.
Estradiol sur la peau (gel ou patch) associé à la progestéroneOrdonnanceOuiRembourséSelon les casC'est le traitement de référence en France, et les formes cutanées représentent un progrès par rapport aux comprimés.
Estradiol en comprimésOrdonnanceOuiRembourséSelon les casLa voie orale multiplie par deux le risque de phlébite et d'embolie pulmonaire, contrairement à la voie cutanée.
Traitement sans hormones sur ordonnanceOrdonnanceOuiRembourséSelon les casUn traitement non hormonal peut être proposé contre les bouffées de chaleur.
Phyto-œstrogènes (soja, trèfle rouge) et igname sauvageOrdonnanceNonRembourséNonLe soja n'est pas recommandé, faute d'évaluation, et l'igname sauvage n'a jamais montré d'efficacité.
DHEA en complémentOrdonnanceNonRembourséNonElle pourrait entraîner les mêmes risques que les œstrogènes du traitement hormonal.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

5Les « hormones naturelles » qui n'en sont pas

Beaucoup de produits vendus sans ordonnance se présentent comme des hormones naturelles. Ce n'en sont pas.

  • Les phyto-œstrogènes (soja, trèfle rouge) sont des substances végétales qui ont un effet œstrogénique en laboratoire. Ils ne sont pas recommandés, faute d'évaluation, et sont déconseillés après un cancer du sein. Voir notre page soja et ménopause.
  • L'igname sauvage (« yam ») contient des substances que l'industrie utilise pour fabriquer des hormones, mais le corps humain ne peut pas faire cette transformation : ces produits n'ont jamais montré d'efficacité à la ménopause.
  • La DHEA est une hormone que le corps transforme en œstrogènes. Elle a une certaine activité sur la sécheresse de la peau et du vagin, surtout après 70 ans, mais elle pourrait entraîner les mêmes risques que les œstrogènes du traitement hormonal, pour une efficacité moindre.

6Peut-on prendre un œstrogène naturel tout seul ?

Pas si vous avez encore votre utérus. Un œstrogène pris seul augmente le risque de cancer de l'endomètre chez une femme qui a encore son utérus, d'où l'association avec un progestatif. Et l'estriol, un autre œstrogène parfois prescrit, a des effets à long terme qui ne sont pas connus.

7Et la testostérone ?

Aucune étude solide ne démontre son efficacité sur les symptômes de la ménopause. Son seul bénéfice démontré concerne une baisse persistante du désir sexuel qui fait souffrir la femme ou le couple.

8Qui peut en bénéficier ?

Le traitement hormonal se discute si les troubles altèrent votre qualité de vie, en l'absence de contre-indication, après un bilan (examen clinique, mammographie, évaluation du risque cardiovasculaire). En 2025, les sociétés savantes jugent le rapport bénéfices/risques favorable chez la majorité des femmes de 50 à 60 ans, ou ménopausées depuis moins de 10 ans, sans contre-indication. La décision se prend avec votre médecin traitant ou votre gynécologue. Si les hormones ne vous conviennent pas, d'autres pistes existent : voir notre page sur les hormones et la ménopause pour comprendre ce qui change dans votre corps.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

La progestérone naturelle a-t-elle des risques ?

Oui. Un risque de méningiome est suspecté avec la progestérone et la dydrogestérone, contre-indiquées en cas de méningiome actuel ou ancien.

Le traitement hormonal fait-il grossir ?

Il ne provoque pas de prise de poids si la dose est minimale et la durée limitée.