1D'où vient l'idée d'hormones « naturelles »
À la ménopause, les ovaires cessent de produire deux hormones : les œstrogènes (surtout l'estradiol) et la progestérone. Le traitement hormonal de la ménopause (THM) sert à compenser cette baisse, pour soulager les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la sécheresse vaginale ou les troubles de l'humeur, et dans certains cas protéger les os.
Le mot « naturel » vient d'une histoire précise. En 2002, une grande étude américaine, la WHI, a montré une hausse des cancers du sein, des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux et des phlébites chez des femmes traitées. Ce traitement-là était très différent de celui utilisé en France : des œstrogènes extraits d'urine de juments, pris par la bouche, associés à un progestatif de synthèse non utilisé en France, chez des femmes d'âge moyen de 63 ans, pour la plupart ménopausées depuis plus de 10 ans.
Depuis, on distingue les hormones identiques à celles du corps (estradiol, progestérone) des hormones de synthèse ou d'origine animale. Aux États-Unis, on parle d'hormones « bio-identiques ». En France, ce mot n'est pas employé par les autorités de santé : on parle simplement d'estradiol et de progestérone naturelle.
2En France, le traitement de référence utilise déjà ces hormones
L'association de l'estradiol (l'œstrogène naturel de la femme) à la progestérone naturelle ou à un dérivé proche, avec l'œstrogène appliqué par voie percutanée ou transdermique (gel ou patch), est le traitement de référence en France. En 2025, l'accent reste mis sur les hormones « naturelles » à dose minimale efficace et sur la voie cutanée de préférence. Les autres options, avec ou sans hormones, sont comparées dans notre page traitement de la ménopause.
D'autres repères vont dans le même sens :
- l'estradiol est l'œstrogène le plus utilisé en France ;
- la Haute Autorité de santé a reconnu en 2025 un progrès des formes cutanées (gel, patch) par rapport aux comprimés, avec des données qui suggèrent moins de risque de caillot et d'accident vasculaire cérébral, tout en jugant ce niveau de preuve peu robuste ;
- la voie orale multiplie par deux le risque de phlébite et d'embolie pulmonaire, alors que la voie percutanée réduit ce risque.
Autrement dit : si vous cherchez un « THM naturel », c'est souvent ce que votre médecin vous proposera d'emblée. Les formes (gel, patch, comprimé) sont détaillées dans notre page patch, gel ou comprimé.
3Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Notez vos symptômes (bouffées de chaleur, nuits, humeur, sécheresse intime) et leur effet sur votre vie : c'est ce qui décide de l'intérêt d'un traitement.
- Demandez à votre médecin quelle hormone et quelle voie il propose : estradiol ou autre, gel, patch ou comprimé, progestérone ou autre progestatif.
- Parlez de vos antécédents : cancer du sein, accident vasculaire cérébral, infarctus, phlébite, tabac. Ce sont des contre-indications possibles.
- Si vous avez encore votre utérus, sachez qu'un progestatif est associé à l'œstrogène pour protéger l'endomètre ; il est inutile après une hystérectomie.
- Ne prenez pas de DHEA ou de produit « hormonal » vendu en complément sans en parler : ils peuvent avoir les risques des œstrogènes sans le suivi.
- Prévoyez une réévaluation au moins une fois par an avec votre médecin.
4« Naturel » ne veut pas dire sans conséquence
L'estradiol et la progestérone sont identiques à vos hormones, mais ils restent des hormones, avec leurs risques : cancer du sein, cancer de l'endomètre (si l'œstrogène est pris sans progestatif), cancer de l'ovaire en cas de traitement long, maladies cardiovasculaires, accidents vasculaires cérébraux et thromboses. C'est pour cela que le traitement est prescrit à la dose minimale efficace, pour la durée la plus courte possible, et réévalué au moins chaque année.
La progestérone naturelle n'échappe pas à la règle. Un risque de méningiome (une tumeur le plus souvent bénigne des enveloppes du cerveau) est suspecté avec la progestérone et la dydrogestérone ; elles sont contre-indiquées en cas de méningiome actuel ou ancien. Maux de tête inhabituels, troubles de la vision, du langage ou de la mémoire, vertiges : ce sont des signes à signaler à votre médecin.
Côté bénéfices, le THM soulage les troubles de la ménopause, prévient l'ostéoporose et réduit le risque de fracture de 30 à 40 %, et il n'augmente ni la mortalité globale, ni celle liée aux maladies cardiovasculaires ou au cancer du sein. Tout le détail est dans notre page sur le traitement hormonal de la ménopause et celle sur ses effets secondaires.





