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MénopauseGuide

Hormones et ménopause : œstrogènes, progestérone, ce qui change

Œstrogènes, progestérone, FSH : on vous en parle sans toujours vous expliquer. Voici ce qui se passe vraiment dans vos hormones, et comment décider, avec votre médecin, d'en prendre ou non.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co6 minutes de lecture
Une femme de 54 ans aux cheveux courts gris, assise à une table de cuisine avec une tasse de thé et un carnet où elle note ses questions

En bref en 30 secondes

À la ménopause, les ovaires cessent de produire les hormones féminines : la progestérone baisse en premier, puis les œstrogènes, et c'est ce manque qui provoque bouffées de chaleur, sécheresse intime et perte osseuse. Prendre des hormones (le traitement hormonal de la ménopause) n'est ni obligatoire ni interdit : il se discute avec votre médecin selon la gêne, l'âge et vos risques, et se réévalue au moins une fois par an.

Dans cet article
  1. 1Ce que font les hormones pendant un cycle
  2. 2Ce qui change à la préménopause et à la ménopause
  3. 3Faut-il doser ses hormones ?
  4. 4Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  5. 5Le traitement hormonal de la ménopause, en clair
  6. +Toutes les solutions
  7. 6Ménopause : hormones ou pas ?
  8. 7Les « ovules » et crèmes hormonales pour la sécheresse intime
  9. 8Les compléments et les plantes « hormonales », expliqués honnêtement
  10. 9Qui consulter ?
  11. ?Vos questions

1Ce que font les hormones pendant un cycle

Pour comprendre la ménopause, il faut revenir au cycle. En début de cycle, une hormone du cerveau, la FSH, fait grandir quelques follicules dans l'ovaire (de petits sacs qui contiennent chacun un ovule). Ces follicules fabriquent l'estradiol, le principal œstrogène. Quand l'estradiol atteint un pic, une autre hormone du cerveau, la LH, déclenche l'ovulation. Le follicule vide se transforme alors en « corps jaune », qui produit la progestérone pour préparer l'utérus à une éventuelle grossesse. Sans grossesse, les deux hormones chutent et les règles arrivent.

2Ce qui change à la préménopause et à la ménopause

Avec les années, le stock de follicules s'épuise. Il passe d'environ un million à la naissance à moins de 1 000 à la ménopause. Les ovaires ovulent moins souvent, et la production d'hormones se dérègle :

  • la progestérone baisse en premier, puisqu'elle dépend de l'ovulation. À la préménopause, la production d'œstrogènes est encore préservée, d'où un syndrome prémenstruel parfois plus marqué (seins tendus, irritabilité) ;
  • les œstrogènes baissent ensuite, jusqu'à la ménopause, où les ovaires n'en produisent plus.

Ce manque d'œstrogènes touche de nombreux organes. Il dérègle le thermostat du cerveau (les bouffées de chaleur), amincit les muqueuses du vagin et de la vessie, accélère la perte osseuse et modifie le cholestérol et la tension. C'est pourquoi on parle, à long terme, d'un risque accru d'ostéoporose et de maladies du cœur et des vaisseaux.

3Faut-il doser ses hormones ?

C'est une question très fréquente, et la réponse surprend souvent : en général, non. Chez une femme de 45 à 55 ans, 12 mois sans règles suffisent pour parler de ménopause. Les dosages d'hormones sont le plus souvent inutiles, car à la préménopause leurs taux varient d'un jour à l'autre. Ils ne sont pas non plus recommandés pour décider d'arrêter une contraception hormonale. Votre médecin peut en prescrire dans des cas particuliers, par exemple avant 40 ans ou après une hystérectomie.

4Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Notez vos symptômes (bouffées de chaleur, sommeil, humeur, règles) quelques semaines : c'est ce qui guide la décision, pas une prise de sang.
  2. Listez vos antécédents et ceux de votre famille (cancer du sein, phlébite, infarctus, accident vasculaire cérébral) : votre médecin en aura besoin.
  3. Pensez à votre mammographie : elle fait partie du bilan demandé avant un traitement hormonal.
  4. Préparez vos questions : quels bénéfices pour moi ? quels risques ? par quelle voie ? pour combien de temps ?
  5. Gardez les gestes du quotidien (vêtements légers, pièce fraîche, moins d'alcool et de café, activité physique) : ils aident avec ou sans traitement.

5Le traitement hormonal de la ménopause, en clair

Le traitement hormonal de la ménopause (souvent appelé THM, et autrefois THS, « traitement hormonal substitutif ») apporte un œstrogène pour compenser le manque. Si vous avez encore votre utérus, on y associe un progestatif, car l'œstrogène seul augmente le risque de cancer de l'endomètre (la muqueuse de l'utérus). Après une hystérectomie, l'œstrogène seul suffit.

En France, le traitement de référence associe l'estradiol, de préférence en gel ou en patch sur la peau, à la progestérone naturelle ou un dérivé proche. La voie cutanée réduit le risque de caillot et d'accident vasculaire cérébral par rapport aux œstrogènes en comprimés, et certains progestatifs sont écartés à cause du risque de méningiome. Nous détaillons les formes sur notre page patch, gel ou comprimé.

Les bénéfices

Le traitement hormonal traite les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la sécheresse vaginale et les troubles de l'humeur, et il prévient l'ostéoporose : il réduit le risque de fracture de 30 à 40 %. Il n'augmente pas la mortalité globale, cardiovasculaire ou par cancer du sein, et pourrait être protecteur s'il est commencé dans les 10 ans qui suivent la ménopause.

Les risques

Les risques connus sont le cancer du sein (le risque augmente avec la durée), le cancer de l'endomètre (d'où le progestatif), le cancer de l'ovaire, la phlébite et l'accident vasculaire cérébral, surtout la première année. Un ordre de grandeur pour le sein : chez les femmes de 50 à 60 ans, le risque passe de 50 à 52 pour 1 000 après 5 ans de traitement, et à 56 pour 1 000 après 10 ans. Il faut y ajouter la stimulation des fibromes et de l'endométriose, et les calculs de la vésicule. Le traitement est contre-indiqué après un cancer du sein, un infarctus ou un accident vasculaire cérébral. Tout cela est détaillé sur notre page risques et effets secondaires.

Pour qui, et comment

Le traitement est proposé au cas par cas : symptômes qui gênent, ménopause avant 40 ans, risque élevé de fracture. Il est en général commencé avant 60 ans ou dans les 10 ans qui suivent la ménopause, à la dose minimale efficace. Avant de le commencer, il faut un examen clinique, une mammographie et une évaluation du risque cardiovasculaire. Ensuite, un point au moins une fois par an avec votre médecin décide de la suite.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Gestes du quotidien (vêtements légers, pièce fraîche, moins d'alcool et de café, activité physique)OrdonnanceNonRembourséNonIls sont conseillés dès la préménopause pour mieux vivre les symptômes et protéger le cœur et les os.
Traitement hormonal de la ménopause (œstrogène, associé à un progestatif si vous avez votre utérus)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casIl a un intérêt quand les symptômes altèrent la qualité de vie, à la dose la plus faible, avec une information claire sur les risques et une réévaluation au moins annuelle.
Œstrogènes en application vaginale (crème, gel ou ovule)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casIls aident en cas de sécheresse vaginale, de cystites et d'envies pressantes d'uriner.
Traitement sans hormones des bouffées de chaleurOrdonnanceOuiRembourséSelon les casPlusieurs médicaments non hormonaux peuvent être proposés, notamment en cas de contre-indication au traitement hormonal, en tenant compte de leurs effets indésirables.
Compléments à base de phyto-œstrogènes (soja, trèfle rouge)OrdonnanceNonRembourséNonLes phyto-œstrogènes du soja ne sont pas recommandés et sont déconseillés après un cancer du sein.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

6Ménopause : hormones ou pas ?

Il n'y a pas de bonne réponse pour toutes. Certaines femmes ont peu de symptômes et n'en ont pas besoin. D'autres sont épuisées par les bouffées de chaleur et retrouvent une vie normale avec un traitement. D'autres encore ne peuvent pas en prendre.

Ce qui a changé, c'est le regard des autorités. Le traitement a été discrédité après une grande étude américaine de 2002 (la WHI). Or cette étude portait surtout sur des femmes ménopausées depuis plus de 10 ans, avec des hormones différentes de celles utilisées en France. En 2025, les sociétés savantes de ménopause jugent le rapport bénéfices/risques favorable chez la majorité des femmes de 50 à 60 ans (ou ménopausées depuis moins de 10 ans) qui n'ont pas de contre-indication, et la Haute Autorité de santé l'a confirmé en 2025 pour les symptômes modérés à sévères. Environ 496 000 femmes étaient traitées en 2025.

La décision vous appartient, avec votre médecin, et elle n'est pas définitive : on peut commencer, arrêter, changer de forme, en en parlant avec lui.

7Les « ovules » et crèmes hormonales pour la sécheresse intime

Il existe aussi des œstrogènes à appliquer directement dans le vagin (crème, gel, ovule). Ils agissent sur place, sur la sécheresse vaginale, les brûlures, les cystites à répétition et les envies pressantes d'uriner. Ils sont sur ordonnance. Si vous avez une sécheresse intime, voyez notre page sécheresse vaginale.

8Les compléments et les plantes « hormonales », expliqués honnêtement

Certaines plantes contiennent des phyto-œstrogènes, des substances proches des œstrogènes : le soja (isoflavones), le trèfle rouge. On les trouve dans de nombreux compléments pour la ménopause. Ils ne sont pas recommandés et sont déconseillés après un cancer du sein ; ils sont mal évalués et ne doivent pas être pris après un cancer hormonodépendant. Quant aux hormones dites « naturelles » ou « bio-identiques », nous expliquons ce que ces mots recouvrent sur notre page hormones bio-identiques. Avant toute prise, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

9Qui consulter ?

Votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme peuvent faire le point avec vous. Pour tout savoir sur le traitement lui-même, lisez notre page traitement hormonal de la ménopause.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

Faut-il doser ses hormones pour savoir si on est ménopausée ?

En général, non. Après 45 ans, l'âge et 12 mois sans règles suffisent : les dosages d'hormones sont le plus souvent inutiles.

Le traitement hormonal fait-il grossir ?

À dose minimale et pour une durée limitée, il ne fait pas prendre de poids. La prise de poids est parfois limitée par le traitement.

Peut-on prendre des hormones après une hystérectomie ?

Oui, si votre médecin le juge utile. Sans utérus, un œstrogène seul suffit : le progestatif sert surtout à protéger l'utérus.