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Soja et ménopause : bouffées de chaleur, risques et précautions

Tofu, lait de soja, gélules d'isoflavones : le soja est souvent présenté comme la solution naturelle à la ménopause. La réalité est plus nuancée, et il y a des précautions à connaître. Voici ce qu'il faut savoir.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co4 minutes de lecture
Un bol d'edamames, un bloc de tofu et une bouteille de boisson au soja sur un plan de travail clair

En bref en 30 secondes

Le soja contient des isoflavones, des substances végétales proches des œstrogènes (des phyto-œstrogènes), mais leur effet sur les bouffées de chaleur n'a pas pu être établi pour l'ensemble des femmes, et la Haute Autorité de santé ne recommande pas les compléments à base de soja. Ils sont déconseillés en cas d'antécédent de cancer du sein ; manger du soja de temps en temps comme un aliment parmi d'autres est une autre question que prendre un complément concentré.

Dans cet article
  1. 1Pourquoi on parle du soja à la ménopause
  2. 2Ce que l'on sait, en clair
  3. 3Soja et cancer du sein : ce qu'il faut savoir
  4. +Toutes les solutions
  5. 4L'aliment et le complément : deux choses différentes
  6. 5Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  7. 6Soja ou traitement hormonal ?
  8. ?Vos questions

Le soja a une image de remède doux et naturel contre la ménopause. Cette image vient en partie d'observations faites en Asie, où l'on mange beaucoup de soja. Mais la réalité est nettement plus nuancée. Ce n'est pas une raison pour bannir le soja de votre assiette : c'est une raison pour bien distinguer l'aliment et le complément.

1Pourquoi on parle du soja à la ménopause

Le soja contient des isoflavones, qui font partie de la famille des phyto-œstrogènes : des substances végétales qui ressemblent un peu aux œstrogènes, les hormones féminines qui baissent à la ménopause. L'idée est donc qu'elles pourraient compenser en partie cette baisse et calmer les bouffées de chaleur.

L'analyse de plus de 1 500 études nuance fortement cette idée :

  • les phyto-œstrogènes ne sont pas des œstrogènes humains : leur structure ressemble à celle des œstrogènes mais en diffère, et leurs effets sont différents ;
  • tout le monde ne réagit pas pareil : la façon dont le corps les absorbe et les transforme dépend de chacun et de la flore intestinale. Une partie des isoflavones du soja est transformée en équol par certaines personnes seulement, ce qui pourrait expliquer en partie des différences observées entre les femmes asiatiques et occidentales ;
  • les résultats observés en Asie ne peuvent pas être transposés tels quels aux Occidentales, dont les modes de vie et les quantités consommées sont différents.

Pour comprendre les bouffées de chaleur elles-mêmes, voir notre page bouffées de chaleur : remèdes naturels.

2Ce que l'on sait, en clair

  • Les phyto-œstrogènes dérivés du soja ne sont pas recommandés, l'évaluation de ces produits étant limitée.
  • L'effet sur les bouffées de chaleur n'est pas établi. Les études ne permettent pas d'établir un effet des phyto-œstrogènes sur les bouffées de chaleur pour l'ensemble des femmes ménopausées. Ils sont moins efficaces que les œstrogènes de synthèse, et les autorités européennes interdisent aux compléments d'isoflavones de prétendre soulager les bouffées de chaleur.
  • Pas d'effet prouvé sur les os. Les isoflavones ne sont pas efficaces pour prévenir l'ostéoporose, et aucune baisse du nombre de fractures n'a été observée.
  • Pas de recul à long terme. Il n'existe pas d'étude clinique sur leur usage prolongé.

3Soja et cancer du sein : ce qu'il faut savoir

C'est la question qui inquiète le plus. Les données disponibles ne montrent pas d'augmentation du risque de cancer du sein liée aux phyto-œstrogènes chez la femme, mais les données chez l'animal incitent à la prudence chez les femmes qui ont ou ont eu un cancer hormono-dépendant. Les phyto-œstrogènes de soja sont déconseillés en cas d'antécédent de cancer du sein : ils ne doivent pas être utilisés dans ce cas. La contre-indication des compléments d'isoflavones s'étend aussi aux antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein, de l'utérus ou de l'ovaire.

À l'inverse, le soja n'a pas de rôle reconnu dans la prévention de ce cancer : les observations faites en Asie ne s'appliquent pas aux Occidentales.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Gestes du quotidien contre les bouffées de chaleur (moins d'alcool, de café, de plats trop chauds ou épicés)OrdonnanceNonRembourséNonMieux vaut éviter l'alcool, le café et les plats trop chauds ou épicés, qui peuvent déclencher les bouffées de chaleur.
Soja comme aliment (tofu, boisson au soja, edamames)OrdonnanceNonRembourséNonUn aliment intéressant (protéines végétales, peu de graisses saturées), à consommer avec modération.
Compléments d'isoflavones de sojaOrdonnanceNonRembourséNonIls ne sont pas recommandés, leur effet sur les bouffées de chaleur n'est pas établi, et ils sont déconseillés après un cancer du sein.
Hypnose, thérapie cognitive et comportementaleOrdonnanceNonRembourséSelon les casElles peuvent réduire les bouffées de chaleur.
Traitement hormonal de la ménopauseOrdonnanceOuiRembourséSelon les casC'est le traitement le plus efficace des bouffées de chaleur, avec des risques à peser avec le médecin et une réévaluation au moins annuelle.
Traitement non hormonal sur ordonnanceOrdonnanceOuiRembourséSelon les casUn traitement non hormonal peut être proposé contre les bouffées de chaleur, à discuter avec votre médecin.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

4L'aliment et le complément : deux choses différentes

Il faut différencier une consommation modérée et équilibrée de soja et la prise de compléments. Comme aliment, le soja a des qualités : il apporte des protéines végétales et peu de graisses saturées, et il aide à varier son alimentation. Les isoflavones se trouvent dans les protéines du soja : boisson au soja (tonyu), tofu, desserts au soja ; très peu dans la lécithine de soja.

Le complément, lui, concentre les isoflavones. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments : peu d'entre eux sont évalués avant leur mise en vente, et ils ne peuvent pas prétendre avoir un effet thérapeutique. L'étiquette n'indique pas toujours la quantité d'isoflavones contenue. Si vous mangez déjà du soja, cumuler avec un complément augmente d'autant votre apport.

5Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Si vous aimez le soja, gardez-le comme un aliment parmi d'autres, avec modération. Pour l'assiette dans son ensemble et la question du poids, voyez notre rubrique poids et ménopause.
  2. Ne prenez pas de complément de soja sans en parler à votre médecin ou à votre pharmacien. Les isoflavones ne doivent jamais être prises sans suivi médical.
  3. Si vous avez eu un cancer du sein (ou de l'utérus, de l'ovaire, ou un antécédent dans votre famille), évitez les compléments de phyto-œstrogènes.
  4. Si vous êtes traitée pour une hypothyroïdie, signalez-le : les isoflavones peuvent augmenter les besoins en hormones thyroïdiennes.
  5. Contre les bouffées de chaleur, commencez par les gestes simples : moins d'alcool, de café et de plats trop chauds ou épicés. L'hypnose et la thérapie cognitive et comportementale peuvent aussi les réduire.
  6. Si elles gênent vraiment votre vie, parlez des traitements avec votre médecin : traitement hormonal ou non hormonal. Voir notre page traitement naturel de la ménopause et celle sur la phytothérapie.

6Soja ou traitement hormonal ?

Ce ne sont pas des équivalents. Le traitement hormonal est le plus efficace contre les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et la sécheresse vaginale, et il a aussi des effets indésirables, dont une augmentation du risque de cancer du sein avec les associations d'œstrogènes et de progestatifs. Les phyto-œstrogènes pourraient exposer aux mêmes risques que les œstrogènes du traitement. Le choix se fait avec votre médecin, en pesant bénéfices et risques. Pour les autres compléments, voir notre page compléments alimentaires et ménopause, et pour l'assiette, que manger à la ménopause.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

Le soja calme-t-il les bouffées de chaleur ?

Ce n'est pas établi. Les études ne permettent pas d'établir un effet des phyto-œstrogènes sur les bouffées de chaleur pour l'ensemble des femmes ménopausées, et l'Europe interdit aux compléments d'isoflavones de le revendiquer.

Le soja est-il dangereux après la ménopause ?

Manger du soja avec modération, comme un aliment parmi d'autres, n'est pas déconseillé à la femme ménopausée en bonne santé. Les compléments concentrés demandent plus de prudence, et les phyto-œstrogènes sont déconseillés en cas d'antécédent de cancer du sein.

Le soja fait-il grossir ou maigrir ?

Aucun effet sur le poids ne lui est reconnu. Comme aliment, il apporte des protéines végétales, utiles pour garder du muscle à la ménopause.