1Pourquoi on se tourne vers les plantes
À la ménopause, les ovaires ne fabriquent plus d'œstrogènes. Certaines plantes contiennent des phyto-œstrogènes, des substances qui ressemblent un peu aux œstrogènes et s'y substitueraient en partie. C'est l'idée derrière le soja, le trèfle rouge, le houblon ou le lin : compenser doucement ce qui manque.
Le problème est double. D'abord, l'effet est plus faible : les phyto-œstrogènes soulageraient environ 30 % des femmes, contre 70 % avec les œstrogènes. Ensuite, si une plante agit comme un œstrogène, elle peut aussi en avoir les inconvénients. C'est pour cela que les plantes à phyto-œstrogènes sont déconseillées aux femmes qui ont eu un cancer du sein ou de l'utérus, et que leur usage prolongé, qui n'a pas été étudié, doit se faire sous surveillance médicale, en général sur quelques mois.
D'autres plantes, comme la sauge, ne passent pas par les hormones : elles sont utilisées pour leurs effets traditionnels sur la transpiration.
« Naturel » ne veut pas dire inoffensif. Plusieurs de ces plantes interagissent avec des médicaments, et leur usage doit se faire sous contrôle médical.
2Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Faites le point sur ce qui vous gêne (bouffées de chaleur, sueurs, sommeil, humeur) : la plante éventuelle dépend du symptôme.
- Parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin avant d'acheter, en apportant la liste de vos médicaments.
- Une seule plante à la fois : ne mélangez pas les plantes, et évitez de cumuler plusieurs sources de phyto-œstrogènes (par exemple un complément de soja et un autre de trèfle rouge).
- Lisez la composition : beaucoup de compléments « ménopause » associent plusieurs plantes à phyto-œstrogènes dans la même gélule.
- Fixez-vous une durée et refaites le point avec votre médecin : ces cures se limitent en général à quelques mois.
- Arrêtez au moindre signe inhabituel, surtout fatigue, jaunisse ou urines foncées.
3Les plantes, une par une
Le soja
Il contient des isoflavones, des phyto-œstrogènes. La Haute Autorité de santé ne recommande pas les phyto-œstrogènes extraits du soja, faute d'évaluation suffisante, et ils sont déconseillés après un cancer du sein. Depuis 2012, l'Union européenne interdit d'attribuer aux compléments d'isoflavones un effet sur les bouffées de chaleur. Le soja dans l'assiette est un autre sujet, que nous traitons sur la page soja et ménopause.
Le trèfle rouge
Il apporte d'autres phyto-œstrogènes. Il fait partie des plantes utilisées, avec les mêmes précautions que le soja.
Le houblon
Deux études, dont une contre placebo, suggèrent une certaine efficacité sur les bouffées de chaleur, mais l'usage repose surtout sur la tradition. Il est contre-indiqué en cas d'antécédent ou de prédisposition familiale au cancer du sein ou du col de l'utérus. Il endort un peu : prudence au volant, pas d'alcool, et avis médical si vous prenez des médicaments contre l'anxiété ou l'insomnie.
Les graines de lin
Elles apportent des oméga-3 et des lignanes. Deux études ont donné des résultats contradictoires : l'efficacité ne peut pas être établie. En excès, elles peuvent donner un inconfort intestinal.
La sauge officinale
Utilisée traditionnellement contre la transpiration excessive et les sueurs nocturnes. Les études sont petites et ne permettent pas de conclure, et l'Agence européenne du médicament lui reconnaît un usage traditionnel, sans efficacité démontrée. Elle contient des thuyones, qui peuvent provoquer des convulsions en cas de surdosage : pas de sauge en cas d'épilepsie, et jamais son huile essentielle (voir notre page huiles essentielles et ménopause).
L'actée à grappes noires (cimicifuga)
Longtemps considérée comme efficace, son effet sur les troubles de la ménopause est remis en question par des études plus récentes, avec un effet peut-être plus psychologique qu'hormonal. Elle est contre-indiquée par précaution après un cancer du sein ou en cas de prédisposition familiale, et déconseillée en cas de maladie du foie, après des cas d'atteinte du foie. Elle interagit avec les hormones, les médicaments contre l'hypertension et ceux qui préviennent le rejet de greffe. À éviter avec d'autres plantes de la ménopause.
Les autres
Le ginseng, l'igname sauvage, l'achillée millefeuille et le gattilier sont aussi utilisés, sans données d'efficacité solides. Pour l'igname sauvage, le corps ne sait pas transformer ses substances en hormones.
4Médicament à base de plantes ou complément ?
La même plante peut être vendue sous deux statuts. Un médicament à base de plantes a une notice qui liste ses contre-indications. Un complément alimentaire n'a pas à prouver son efficacité. Nos fiches sur des compléments connus, comme Ménophytea ou Taïdo Ménoa, détaillent leur composition.





