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Traitement naturel de la ménopause : ce qui marche, ce qui n'est pas prouvé

Vous voulez passer la ménopause sans médicament, ou au moins essayer d'abord autre chose ? C'est possible pour beaucoup de femmes. Voici ce qui a été évalué, ce qui ne l'a pas été, et les précautions à connaître.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co5 minutes de lecture
Une femme de 56 ans en tenue de marche, sur un chemin de campagne au petit matin, souriante et essoufflée juste ce qu'il faut

En bref en 30 secondes

Les solutions naturelles les mieux établies sont des gestes du quotidien (activité physique, moins d'alcool, chambre fraîche, vêtements en couches) et, contre les bouffées de chaleur, l'hypnose et la thérapie cognitive et comportementale. Pour les plantes et les compléments, les preuves restent limitées : « naturel » ne veut pas dire inoffensif, et un avis médical s'impose avant d'en prendre, surtout après un cancer du sein.

Dans cet article
  1. 1Pourquoi les symptômes arrivent, et pourquoi le « naturel » peut suffire
  2. 2Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  3. 3Hypnose, TCC, yoga, acupuncture : ce qui a été évalué
  4. 4Les plantes et les compléments, expliqués honnêtement
  5. +Toutes les solutions
  6. 5Existe-t-il un remède qui fait tout disparaître ?
  7. 6Que manger pour mieux vivre la ménopause ?
  8. 7Quand le naturel ne suffit plus

1Pourquoi les symptômes arrivent, et pourquoi le « naturel » peut suffire

La ménopause n'est pas une maladie : c'est l'arrêt du travail des ovaires, qui cessent de produire des œstrogènes et de la progestérone. Cette baisse explique les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la sécheresse intime, les troubles du sommeil, parfois l'humeur en dents de scie. Les bouffées de chaleur touchent environ sept femmes sur dix, et durent quelques mois, parfois plusieurs années.

Bonne nouvelle : un traitement n'est pas obligatoire. Le traitement hormonal n'est « ni obligatoire ni recommandé systématiquement à toutes les femmes ». Il est réservé aux troubles qui altèrent la qualité de vie : quand les symptômes restent modérés, les gestes du quotidien sont le point de départ. Et si vous pensez aux thermes, voyez ce qu'on sait de la cure thermale à la ménopause.

Un chiffre aide à garder la tête froide : l'effet placebo améliore les bouffées de chaleur dans 25 % des cas, jusqu'à 70 % chez certaines femmes. C'est pour cela qu'un produit peut sembler marcher sans avoir d'effet propre, et que les autorités demandent des études comparées à un placebo avant de conclure.

2Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Habillez-vous en couches faciles à retirer et gardez votre chambre fraîche.
  2. Repérez vos déclencheurs : boissons chaudes, alcool, plats épicés, stress. Un petit carnet pendant deux semaines suffit, ou notre carnet de suivi.
  3. Limitez l'alcool : il peut aggraver les bouffées de chaleur, perturber le sommeil et favoriser la prise de poids. Ne dépassez pas 2 verres par jour et prévoyez plusieurs jours sans alcool chaque semaine.
  4. Bougez : au moins 30 minutes d'activité modérée 5 jours par semaine, plus du renforcement musculaire 2 fois par semaine, et levez-vous toutes les 30 à 60 minutes.
  5. Gardez des horaires de sommeil réguliers et évitez les repas copieux, l'alcool et la caféine le soir.
  6. Si vous fumez, c'est un bon moment pour envisager l'arrêt : c'est le premier des changements utiles.
  7. Contre la sécheresse intime, essayez un hydratant ou un lubrifiant à base d'eau.
  8. Réservez-vous des moments de détente : yoga, relaxation, méditation, ce qui vous convient.

3Hypnose, TCC, yoga, acupuncture : ce qui a été évalué

Ce sont les solutions « naturelles » qui ont le plus d'arguments, parce qu'elles ont été comparées à un placebo.

  • L'hypnose et la thérapie cognitive et comportementale (TCC) semblent efficaces pour diminuer les bouffées de chaleur. La TCC aide aussi contre l'insomnie.
  • Le yoga et l'acupuncture, avec l'hypnose, ont une efficacité qui apparaît supérieure à celle du placebo sur les bouffées de chaleur.
  • La relaxation, la sophrologie et le yoga améliorent le bien-être, mais ne réduisent ni les risques cardiovasculaires ni l'ostéoporose.

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4Les plantes et les compléments, expliqués honnêtement

Des traitements à base de plantes peuvent peut-être aider, mais les preuves restent limitées. Voici ce que l'on sait :

  • Soja et trèfle rouge (phyto-œstrogènes) : résultats contradictoires, avec une réduction modeste des bouffées de chaleur. Les phyto-œstrogènes du soja ne sont pas recommandés par la Haute Autorité de santé faute d'évaluation, et sont déconseillés après un cancer du sein.
  • Actée à grappes noires : elle pourrait aider, sans efficacité claire pour toutes les préparations ; des atteintes du foie, rares, ont été signalées.
  • Houblon : une certaine efficacité est possible sur les bouffées de chaleur.
  • Sauge : le « remède de grand-mère » contre la transpiration et les sueurs nocturnes. Son usage repose surtout sur la tradition, avec quelques petites études.
  • Graines de lin : deux études aux résultats contradictoires ; en excès, inconfort intestinal.
  • Homéopathie : son efficacité dans la ménopause n'a pas été évaluée. Voir notre page homéopathie et ménopause et notre fiche Actheane.

Les précautions sont les mêmes pour tous ces produits. Consultez un professionnel de santé avant toute prise de plante, d'homéopathie ou de complément. Les huiles essentielles demandent la même prudence : voyez huiles essentielles et ménopause. Les plantes à phyto-œstrogènes sont déconseillées après un cancer du sein ou de l'utérus, mieux vaut ne pas cumuler plusieurs sources, et la prise prolongée n'a pas été étudiée. Pour le détail plante par plante, lisez notre page sur la phytothérapie et la ménopause ; pour les produits du commerce, celle sur les compléments alimentaires et nos fiches Manhaé, Ménophytea et Taïdo Ménoa.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Gestes contre les bouffées de chaleur (vêtements en couches, chambre fraîche, repérer les déclencheurs)OrdonnanceNonRembourséNonRepérez les déclencheurs (boissons chaudes, alcool, plats épicés, stress) et habillez-vous en couches faciles à retirer.
Activité physique régulièreOrdonnanceNonRembourséNonElle aide à atténuer les symptômes et à préserver les muscles et les os.
Hypnose, thérapie cognitive et comportementaleOrdonnanceNonRembourséSelon les casElles semblent efficaces pour diminuer les bouffées de chaleur, et la thérapie cognitive et comportementale aide aussi contre l'insomnie.
Yoga, relaxation, sophrologieOrdonnanceNonRembourséNonIls améliorent le bien-être, sans effet sur les risques cardiovasculaires ni sur l'ostéoporose.
Plantes et compléments (soja, actée à grappes noires, houblon, sauge)OrdonnanceNonRembourséNonLes preuves restent limitées, et l'avis d'un professionnel de santé s'impose avant toute prise.
Hydratants et lubrifiants intimes à base d'eauOrdonnanceNonRembourséNonIls soulagent la sécheresse vaginale, à base d'eau de préférence.
Traitement hormonal ou non hormonal sur ordonnanceOrdonnanceOuiRembourséSelon les casÀ discuter avec votre médecin si les symptômes altèrent votre qualité de vie.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

5Existe-t-il un remède qui fait tout disparaître ?

Non, et méfiez-vous de tout produit qui le promet. Les nombreuses offres commerciales autour de la ménopause, souvent coûteuses, ne remplacent en aucun cas un suivi médical. Elles ne doivent pas non plus retarder un avis médical quand un symptôme vous inquiète.

6Que manger pour mieux vivre la ménopause ?

Il n'existe pas d'aliment qui règle les symptômes. Privilégiez les légumes, les fruits, les céréales complètes, les légumineuses et les poissons, et limitez les produits ultratransformés, les boissons sucrées et les aliments trop gras. Misez aussi sur le calcium et une alimentation variée en quantité raisonnable, pour protéger les os. Nous détaillons tout cela dans notre page que manger à la ménopause.

7Quand le naturel ne suffit plus

Si vos symptômes sont intenses et gênent votre vie quotidienne, consultez. Votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme peut vous proposer un traitement sans hormones ou un traitement hormonal, en pesant avec vous les bénéfices et les risques. Ce n'est pas renoncer au « naturel » : c'est choisir ce qui vous soulage, en connaissance de cause. Voir aussi notre page sur les traitements sans hormones.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

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