Un diagnostic d'ostéoporose ne veut pas dire automatiquement médicament. Tout dépend de votre risque de fracture, et c'est ce que votre médecin évalue d'abord.
1Pourquoi on ne traite pas toutes les ostéoporoses de la même façon
L'objectif n'est pas d'améliorer un chiffre sur un compte rendu, mais d'éviter la fracture. La Haute Autorité de santé l'a rappelé en 2023 : un médicament contre l'ostéoporose est indiqué uniquement quand le risque de fracture est élevé.
Pour évaluer ce risque, le médecin regarde plusieurs choses : vos fractures passées, celles de vos parents, votre âge, votre poids, vos traitements, et le résultat de l'ostéodensitométrie. Un T-score de -2,5 ou moins ne suffit pas à lui seul : c'est l'ensemble qui compte. Une fracture de fragilité (un os cassé après un choc léger) pèse lourd dans la décision.
La décision se prend avec vous. Le traitement dure plusieurs années et son effet ne se voit qu'à long terme : mieux vaut comprendre pourquoi on le prend.
2Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Ces gestes font partie du traitement, médicament ou pas :
- Bougez chaque jour : marche, exercices où vous portez votre poids, renforcement musculaire, exercices d'équilibre. Les exercices en charge augmentent la masse osseuse et que l'équilibre réduit le risque de chute. Idées concrètes dans renforcement musculaire.
- Vérifiez vos apports en calcium et en vitamine D avec votre médecin : une carence se corrige avant ou en même temps que le traitement.
- Arrêtez de fumer : l'arrêt du tabac fait partie des préalables au traitement.
- Prévenez les chutes : lumière, tapis retirés, chaussures fermées, vue contrôlée.
- Prenez rendez-vous chez le dentiste avant un biphosphonate ou du dénosumab, puis au moins une fois par an pendant le traitement.
- Suivez le mode de prise exact indiqué par votre médecin ou votre pharmacien : certains comprimés se prennent à jeun, avec de l'eau plate, sans se recoucher ensuite.
3Les médicaments de l'ostéoporose, famille par famille
Les biphosphonates
C'est le traitement le plus utilisé et celui qui passe en premier. Ils se fixent dans l'os et freinent sa destruction. Ils existent en comprimés ou en perfusion, à des rythmes différents selon le produit. Ils réduisent les fractures des vertèbres, du col du fémur et des autres os.
Effets indésirables possibles : irritation de l'œsophage, troubles digestifs, réactions de la peau, et plus rarement une ostéonécrose de la mâchoire (une atteinte de l'os de la mâchoire) ou une fracture inhabituelle du fémur, surtout en cas d'usage prolongé.
Le dénosumab
C'est un anticorps qui bloque les cellules qui détruisent l'os, donné en injection sous la peau. Il est proposé en deuxième intention. Point important : à l'arrêt, un relais par biphosphonates est nécessaire. Ne l'arrêtez jamais de vous-même. Effets possibles : baisse du calcium dans le sang, ostéonécrose de la mâchoire, infections, réactions de la peau.
Le raloxifène
Il reproduit l'effet protecteur des œstrogènes sur l'os, sans être un traitement hormonal de la ménopause. Il réduit les fractures des vertèbres, et seulement celles-ci. Il est réservé aux femmes de moins de 70 ans dont le risque de fracture du col du fémur est faible et qui n'ont pas de risque de thrombose. Il augmente légèrement le risque de phlébite et ne doit pas être pris après une phlébite ou une embolie.
Le tériparatide
Proche d'une hormone naturelle (l'hormone parathyroïdienne), il stimule la fabrication d'os. Il se donne en injection et est réservé aux formes sévères, avec au moins deux fractures des vertèbres. Son remboursement est limité à 18 mois.
Le romosozumab
Il augmente la formation de l'os et diminue sa destruction. Ses critères sont stricts : femme ménopausée de moins de 75 ans, ostéoporose sévère, fracture sévère, et pas de maladie du cœur ou des vaisseaux, car il augmente le risque d'infarctus et d'accident vasculaire cérébral. Il est suivi d'un relais par biphosphonates.
Le traitement hormonal de la ménopause
Il réduit le risque de fractures de 30 à 40 %. Il a une place pour prévenir l'ostéoporose chez les femmes à risque accru de fracture qui ne tolèrent pas ou ne peuvent pas prendre les autres traitements, avec une réévaluation au moins une fois par an. Il peut être prescrit avant 60 ans, sans contre-indication, et la densité osseuse baisse de nouveau à son arrêt. Ses risques (cancer du sein, accidents cardiovasculaires, phlébite, plus faible par voie cutanée) se discutent avec le médecin. Nous le détaillons dans traitement hormonal de la ménopause.





