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Os et articulationsGuide

Traitement de l'ostéoporose : ce qui existe, pour qui, avec quels effets

Biphosphonates, dénosumab, traitement hormonal… Les noms font peur et les forums se contredisent. Voici ce qui existe vraiment, pour qui, et ce que l'on en sait.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co5 minutes de lecture
Une femme de 60 ans assise à la table de sa cuisine, qui lit attentivement une notice de médicament, tasse de thé à côté

En bref en 30 secondes

Le traitement de l'ostéoporose vise un seul but : éviter les fractures. Les médicaments (biphosphonates le plus souvent, raloxifène, tériparatide ou romosozumab selon des critères précis, dénosumab en relais des biphosphonates) sont réservés aux personnes dont le risque de fracture est élevé, toujours avec l'activité physique, le calcium, la vitamine D et la prévention des chutes.

Dans cet article
  1. 1Pourquoi on ne traite pas toutes les ostéoporoses de la même façon
  2. 2Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  3. 3Les médicaments de l'ostéoporose, famille par famille
  4. +Toutes les solutions
  5. 4Quel traitement pour une ostéoporose sévère ?
  6. 5Ostéoporose lombaire : un traitement différent ?
  7. 6Le « remède qui répare tout » existe-t-il ?
  8. 7Combien de temps, et peut-on arrêter ?
  9. ?Vos questions

Un diagnostic d'ostéoporose ne veut pas dire automatiquement médicament. Tout dépend de votre risque de fracture, et c'est ce que votre médecin évalue d'abord.

1Pourquoi on ne traite pas toutes les ostéoporoses de la même façon

L'objectif n'est pas d'améliorer un chiffre sur un compte rendu, mais d'éviter la fracture. La Haute Autorité de santé l'a rappelé en 2023 : un médicament contre l'ostéoporose est indiqué uniquement quand le risque de fracture est élevé.

Pour évaluer ce risque, le médecin regarde plusieurs choses : vos fractures passées, celles de vos parents, votre âge, votre poids, vos traitements, et le résultat de l'ostéodensitométrie. Un T-score de -2,5 ou moins ne suffit pas à lui seul : c'est l'ensemble qui compte. Une fracture de fragilité (un os cassé après un choc léger) pèse lourd dans la décision.

La décision se prend avec vous. Le traitement dure plusieurs années et son effet ne se voit qu'à long terme : mieux vaut comprendre pourquoi on le prend.

2Ce que vous pouvez faire dès maintenant

Ces gestes font partie du traitement, médicament ou pas :

  1. Bougez chaque jour : marche, exercices où vous portez votre poids, renforcement musculaire, exercices d'équilibre. Les exercices en charge augmentent la masse osseuse et que l'équilibre réduit le risque de chute. Idées concrètes dans renforcement musculaire.
  2. Vérifiez vos apports en calcium et en vitamine D avec votre médecin : une carence se corrige avant ou en même temps que le traitement.
  3. Arrêtez de fumer : l'arrêt du tabac fait partie des préalables au traitement.
  4. Prévenez les chutes : lumière, tapis retirés, chaussures fermées, vue contrôlée.
  5. Prenez rendez-vous chez le dentiste avant un biphosphonate ou du dénosumab, puis au moins une fois par an pendant le traitement.
  6. Suivez le mode de prise exact indiqué par votre médecin ou votre pharmacien : certains comprimés se prennent à jeun, avec de l'eau plate, sans se recoucher ensuite.

3Les médicaments de l'ostéoporose, famille par famille

Les biphosphonates

C'est le traitement le plus utilisé et celui qui passe en premier. Ils se fixent dans l'os et freinent sa destruction. Ils existent en comprimés ou en perfusion, à des rythmes différents selon le produit. Ils réduisent les fractures des vertèbres, du col du fémur et des autres os.

Effets indésirables possibles : irritation de l'œsophage, troubles digestifs, réactions de la peau, et plus rarement une ostéonécrose de la mâchoire (une atteinte de l'os de la mâchoire) ou une fracture inhabituelle du fémur, surtout en cas d'usage prolongé.

Le dénosumab

C'est un anticorps qui bloque les cellules qui détruisent l'os, donné en injection sous la peau. Il est proposé en deuxième intention. Point important : à l'arrêt, un relais par biphosphonates est nécessaire. Ne l'arrêtez jamais de vous-même. Effets possibles : baisse du calcium dans le sang, ostéonécrose de la mâchoire, infections, réactions de la peau.

Le raloxifène

Il reproduit l'effet protecteur des œstrogènes sur l'os, sans être un traitement hormonal de la ménopause. Il réduit les fractures des vertèbres, et seulement celles-ci. Il est réservé aux femmes de moins de 70 ans dont le risque de fracture du col du fémur est faible et qui n'ont pas de risque de thrombose. Il augmente légèrement le risque de phlébite et ne doit pas être pris après une phlébite ou une embolie.

Le tériparatide

Proche d'une hormone naturelle (l'hormone parathyroïdienne), il stimule la fabrication d'os. Il se donne en injection et est réservé aux formes sévères, avec au moins deux fractures des vertèbres. Son remboursement est limité à 18 mois.

Le romosozumab

Il augmente la formation de l'os et diminue sa destruction. Ses critères sont stricts : femme ménopausée de moins de 75 ans, ostéoporose sévère, fracture sévère, et pas de maladie du cœur ou des vaisseaux, car il augmente le risque d'infarctus et d'accident vasculaire cérébral. Il est suivi d'un relais par biphosphonates.

Le traitement hormonal de la ménopause

Il réduit le risque de fractures de 30 à 40 %. Il a une place pour prévenir l'ostéoporose chez les femmes à risque accru de fracture qui ne tolèrent pas ou ne peuvent pas prendre les autres traitements, avec une réévaluation au moins une fois par an. Il peut être prescrit avant 60 ans, sans contre-indication, et la densité osseuse baisse de nouveau à son arrêt. Ses risques (cancer du sein, accidents cardiovasculaires, phlébite, plus faible par voie cutanée) se discutent avec le médecin. Nous le détaillons dans traitement hormonal de la ménopause.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Activité physique adaptée (exercices en charge, renforcement, équilibre)OrdonnanceSelon les casRembourséSelon les casElle fait partie des mesures de base du traitement, avec la prévention des chutes.
Correction d'une carence en calcium ou en vitamine DOrdonnanceSelon les casRembourséSelon les casUne carence se corrige avant ou pendant le traitement, mais ces apports ne suffisent pas à traiter une ostéoporose installée.
Biphosphonates (comprimés ou perfusion)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casTraitement le plus utilisé, ils réduisent les fractures des vertèbres, de la hanche et des autres os, avec un risque rare d'ostéonécrose de la mâchoire.
Dénosumab (injection)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casProposé en deuxième intention, il demande un relais par biphosphonates à l'arrêt.
Raloxifène (comprimé)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casIl réduit les fractures des vertèbres et expose à un risque de phlébite (thrombose veineuse).
Tériparatide ou romosozumab (injections, formes sévères)OrdonnanceOuiRembourséSelon les casIls sont réservés à des situations précises : au moins deux fractures vertébrales pour le tériparatide, fracture sévère sans maladie cardiaque avant 75 ans pour le romosozumab.
Traitement hormonal de la ménopauseOrdonnanceOuiRembourséSelon les casIl est recommandé aux femmes à risque accru de fracture qui ne tolèrent pas ou ne peuvent pas prendre les autres traitements, avec une réévaluation au moins annuelle.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

4Quel traitement pour une ostéoporose sévère ?

On parle d'ostéoporose sévère quand le T-score est à -2,5 ou moins avec une ou plusieurs fractures. C'est dans cette situation que la question du traitement se pose le plus clairement : après une fracture vertébrale, le risque d'une nouvelle fracture est d'environ 25 % dans l'année. Les biphosphonates restent le premier choix ; le tériparatide et le romosozumab sont réservés aux formes les plus sévères, selon des critères précis. Plus de détails dans fractures et tassements.

5Ostéoporose lombaire : un traitement différent ?

L'ostéoporose lombaire, c'est une densité basse mesurée au niveau des vertèbres du bas du dos, l'un des deux sites habituels de l'ostéodensitométrie. Aucun traitement à part n'est prévu pour cette localisation : la décision repose sur le risque de fracture global. Le raloxifène et le tériparatide réduisent les fractures des vertèbres, mais le choix revient au médecin.

6Le « remède qui répare tout » existe-t-il ?

Beaucoup de recherches portent sur un traitement qui ferait disparaître l'ostéoporose. Soyons francs : aucun produit ne fait cela. Les médicaments réduisent le risque de fracture, ils ne rendent pas l'os de vos 25 ans. Les compléments alimentaires, eux, n'ont pas le droit de prétendre prévenir ou traiter une maladie. Ce que l'on sait des approches naturelles est rassemblé dans traitement naturel de l'ostéoporose.

7Combien de temps, et peut-on arrêter ?

Le traitement dure plusieurs années. Une fois commencé, il ne doit pas être interrompu, même sans fracture : un traitement interrompu ne protège pas des fractures. Le médecin le réévalue régulièrement, par la mesure de votre taille, parfois une nouvelle ostéodensitométrie ou des radios. À l'arrêt, un second examen peut être proposé. Si un effet indésirable vous gêne, parlez-en : il existe souvent une autre option.

Pour revenir aux bases : l'ostéoporose, causes et dépistage. Pour la douleur, voyez ostéoporose et douleurs, et pour la prise en charge, ostéoporose et ALD.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

Existe-t-il un traitement qui répare l'ostéoporose une fois pour toutes ?

Non. Les traitements visent à réduire le risque de fracture, pas à faire disparaître la maladie. Méfiez-vous de tout produit qui promet de reconstruire vos os.

Combien de temps dure un traitement de l'ostéoporose ?

Plusieurs années, car son efficacité n'apparaît qu'à long terme, avec un bilan régulier par le médecin.