1Pourquoi les maux de tête reviennent à la préménopause
Chez beaucoup de femmes, la migraine suit le cycle. La baisse brutale des œstrogènes en fin de cycle peut déclencher une migraine dite « cataméniale », c'est-à-dire liée aux règles. Elle survient entre deux jours avant et trois jours après le début des règles. Cette forme « pure » est rare (7 % des femmes migraineuses), mais une migraineuse sur trois a des crises au moment des règles en plus des autres.
Pendant la préménopause, les hormones ne baissent pas régulièrement : elles montent et descendent d'un cycle à l'autre, et les cycles s'allongent ou se raccourcissent. Les migraines font d'ailleurs partie des symptômes possibles de cette période. D'autres signes s'ajoutent souvent et entretiennent les maux de tête : un sommeil haché par les sueurs nocturnes, de la fatigue, du stress. Or le sommeil irrégulier et le stress font partie des déclencheurs classiques.
Après la ménopause, le paysage change. La migraine liée aux règles s'atténue, voire disparaît. Les maux de tête restent toutefois parmi les symptômes fréquents de la ménopause.
Un mal de tête a bien d'autres causes possibles que les hormones. S'il est nouveau, différent de d'habitude ou s'il vous inquiète, parlez-en à votre médecin.
2Migraine ou simple mal de tête : comment faire la différence ?
La migraine est une douleur lancinante, d'un côté de la tête ou de l'autre, qui bat au rythme du cœur. Elle s'accompagne souvent d'une gêne à la lumière, au bruit et aux odeurs, parfois de nausées ou de vomissements. Certaines crises commencent par des troubles de la vue : c'est la migraine « avec aura », un phénomène qui vient du cerveau et non de l'œil. Une crise dure de quelques heures à quelques jours ; environ une personne sur dix a des crises de plus de deux jours.
3Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Dès les premiers signes, allongez-vous dans une pièce calme et sombre, posez un linge froid sur le front et buvez de l'eau.
- Prenez votre médicament tôt, le plus tôt possible. Demandez à votre pharmacien lequel vous convient et vérifiez les contre-indications.
- Ne dépassez pas 5 jours d'anti-inflammatoire, respectez les doses et l'intervalle entre les prises, et évitez de mélanger plusieurs antidouleurs sans avis médical.
- Gardez des horaires réguliers de sommeil et de repas : les repas sautés ou trop copieux et le sommeil irrégulier font partie des déclencheurs.
- Repérez vos propres déclencheurs : alcool (surtout le vin blanc), café, certains aliments, bruit, odeurs fortes, lumières clignotantes.
- Notez vos crises (date, durée, intensité, médicament pris, lien avec vos règles) : ces informations sont précieuses pour la consultation.
- Prenez soin de vos nuits : si les bouffées de chaleur vous réveillent, voyez notre page insomnie et ménopause.
4Les compléments et les plantes, expliqués honnêtement
Aucune recommandation officielle française ne conseille une plante ou un complément contre les migraines de la ménopause. Les produits « ménopause » à base de phyto-œstrogènes (soja, trèfle rouge) ne sont pas recommandés par la HAS et sont déconseillés après un cancer du sein. Avant d'en prendre, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien, surtout si vous prenez déjà des médicaments contre la migraine.
5Migraine, contraception et traitement hormonal
À la préménopause, beaucoup de femmes ont encore une contraception. La migraine fait partie des facteurs qui peuvent amener le médecin à changer de méthode, avec l'âge, le tabac, la tension et le surpoids. En cas de migraine et de contraception hormonale, consultez votre médecin traitant.
Si vous envisagez un traitement hormonal de la ménopause, signalez vos migraines au médecin : il en tiendra compte dans son choix. Ne modifiez ni votre pilule ni votre traitement de vous-même.





