Un deuil, une séparation, une opération, un épuisement au travail, puis, quelques semaines plus tard, des cheveux partout : sur l'oreiller, dans la douche, sur la brosse. Le lien avec le stress est réel, mais il n'explique pas tout. Voici comment s'y retrouver. Pour les changements liés à la ménopause, voyez aussi notre rubrique peau et cheveux.
1Pourquoi le stress fait tomber les cheveux
Un cheveu ne pousse pas en continu. Il vit par cycles : une longue phase de croissance (3 à 7 ans chez la femme), une courte phase de transition, puis une phase de repos d'environ trois mois, au bout de laquelle il tombe et laisse la place à un nouveau cheveu. Perdre 50 à 100 cheveux par jour est donc normal.
Après un événement brutal, une partie des cheveux peut passer d'un coup en phase de repos. C'est la chute diffuse passagère, que les médecins appellent effluvium télogène : jusqu'à 30 % des cheveux s'arrêtent de pousser en même temps, restent en place quelques semaines, puis tombent environ 3 mois après l'événement déclencheur. Parmi les causes : le choc psychologique sévère, une chirurgie lourde avec anesthésie générale, une forte fièvre, un accouchement ou l'arrêt de la pilule.
C'est ce décalage qui trompe : quand les cheveux tombent, la période difficile est souvent déjà passée, et on ne fait pas le lien.
Le stress qui dure, lui, fait partie des causes de chute diffuse durable, avec les carences (fer, zinc, magnésium, calcium), les régimes extrêmes, les troubles de la thyroïde, un diabète mal équilibré, une dépression sévère et certains médicaments. Le stress pourrait aussi favoriser l'alopécie androgénétique, une chute durable qui chez la femme survient le plus souvent à partir de la ménopause : nous en parlons dans notre page cheveux et ménopause.
2Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Ne paniquez pas devant la brosse : une chute passagère après un choc repousse complètement en 3 à 4 mois.
- Ménagez vos cheveux : shampooing doux, au plus deux fois par semaine, en petite quantité ; brosse souple ; démêlez sans tirer sur la racine.
- Évitez ce qui agresse : permanentes, colorations agressives, défrisages, fers et brushings fréquents. Séchez à l'air libre ou à air à peine tiède.
- Lâchez les coiffures qui tirent (chignons serrés, nattes), qui peuvent elles-mêmes provoquer une chute.
- Mangez varié : viande, poisson, œufs, lentilles, fruits de mer et huiles de colza ou de noix apportent protéines, fer, zinc et acides gras, utiles à la santé des cheveux. Évitez les régimes très restrictifs.
- Prenez soin du stress lui-même : en cas de stress prolongé, des séances de relaxation aident. Marcher, dormir, parler de ce qui pèse comptent aussi.
- Notez la date de début de la chute et ce qui s'est passé trois mois avant : votre médecin vous le demandera.
3Les autres causes à vérifier
Le manque de fer. Il s'installe souvent sans bruit et peut donner une fatigue, une pâleur, un essoufflement à l'effort, une peau et des cheveux secs, des ongles cassants. Il se vérifie par une prise de sang. Votre médecin en cherchera la cause, avec un avis gynécologique si besoin. Et à la préménopause, des règles très abondantes, rapprochées ou avec des caillots doivent faire consulter.
La thyroïde. Les troubles thyroïdiens font partie des causes de chute diffuse durable. Ils peuvent eux aussi donner de la fatigue.
Les médicaments. Certains anticoagulants, le lithium ou les chimiothérapies peuvent faire tomber les cheveux.
La ménopause. L'alopécie androgénétique touche environ une femme sur cinq vers 40 ans et une sur quatre vers 60 ans : les cheveux s'éclaircissent sur le dessus du crâne, sans jamais disparaître complètement. Elle demande d'autres réponses ; nous les détaillons dans notre page sur la chute de cheveux chez la femme et sur ses traitements.





