Beaucoup de femmes découvrent l'anxiété à la quarantaine passée, sans avoir jamais été « du genre angoissée ». D'autres sentent revenir une vieille fragilité. Dans les deux cas, ce n'est ni un caprice ni un manque de force : c'est fréquent, et ça se prend en charge.
1Pourquoi l'anxiété augmente à la préménopause
Une humeur irritable ou anxieuse, avec une tendance dépressive, fait partie des symptômes fréquents de la ménopause. Toutes les femmes ne sont pas concernées, et l'intensité varie beaucoup.
Plusieurs choses se cumulent :
- Les hormones fluctuent. À la préménopause, qui commence en général deux à quatre ans avant l'arrêt des règles, les ovaires produisent leurs hormones de façon irrégulière. Cette période et le début de la ménopause peuvent être une période de fragilité, en particulier pour les femmes qui ont déjà connu une anxiété ou une dépression.
- Le sommeil se dégrade. Les bouffées de chaleur et les sueurs réveillent la nuit, et l'anxiété est la cause la plus fréquente des troubles du sommeil : on dort mal parce qu'on s'inquiète, on s'inquiète parce qu'on dort mal. Notre page sur l'insomnie à la ménopause détaille ce cercle.
- Certains signes physiques de la ménopause font peur. Une bouffée de chaleur avec le cœur qui accélère ressemble à une montée d'angoisse, et l'inverse est vrai.
- La vie à cet âge pèse aussi : enfants qui partent, parents âgés, travail. Le stress n'est pas que hormonal.
2Les signes de l'anxiété, et ceux de la crise de panique
L'anxiété se manifeste par des inquiétudes envahissantes (sur la santé, l'argent, les proches, l'avenir), parfois des scénarios catastrophes, une irritabilité, des difficultés à se concentrer. Elle a aussi des signes physiques : troubles digestifs, palpitations, douleurs dans la poitrine, insomnies, fatigue, maux de tête, vertiges.
La crise de panique (ou attaque de panique) survient brutalement : peur intense, sensation de perdre le contrôle ou d'un danger immédiat, palpitations, sueurs, tremblements, sensation d'étouffer, vertige, nausées. Elle atteint son maximum en une vingtaine de minutes, puis diminue progressivement. Si les crises se répètent, seul un médecin peut dire s'il s'agit d'un trouble panique.
Une douleur dans la poitrine ou un malaise ne doit jamais être mis d'office sur le compte de l'angoisse : en cas de doute, appelez le 15.
3Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Bougez régulièrement, ne serait-ce qu'en marchant : une activité physique régulière à la ménopause peut atténuer les symptômes.
- Apprenez une technique de respiration ou de relaxation que vous pouvez utiliser n'importe où. La relaxation, la sophrologie et le yoga peuvent améliorer le bien-être (voir notre page yoga et ménopause).
- Protégez vos nuits : lever à heure fixe, chambre fraîche, écrans arrêtés tôt. Notre rubrique sommeil et moral réunit les autres pistes.
- Allégez l'alcool et le tabac : à la ménopause, mieux vaut arrêter de fumer et boire très peu d'alcool.
- Gardez du lien. La vie familiale, sociale et professionnelle aide à prévenir les troubles de l'humeur. Dire ce que vous traversez à une personne de confiance soulage déjà.
- Notez quand les angoisses arrivent (heure, situation, bouffée de chaleur avant ou non) : c'est précieux pour votre médecin.
4Ménopause et anxiété : quels traitements ?
- La psychothérapie. Le traitement de l'anxiété repose sur les psychothérapies. Un soutien psychologique est possible à la ménopause avec le dispositif Mon soutien psy : un premier entretien puis jusqu'à 11 séances par an chez un psychologue partenaire, prises en charge.
- Les anxiolytiques. Ils peuvent être associés à la psychothérapie sur une courte période. Ils se prennent sur ordonnance, et ne s'arrêtent pas brutalement : c'est votre médecin qui organise l'arrêt.
- Le traitement hormonal de la ménopause. Il s'adresse aux symptômes modérés à sévères de la ménopause, troubles de l'humeur compris. Il se décide avec votre médecin, après un examen, et se réévalue au moins une fois par an. Tout est expliqué sur notre page traitement hormonal de la ménopause.





