Voir ses cheveux tomber touche à l'image de soi, et l'inquiétude monte vite. Pourtant, perdre des cheveux est normal : chaque cheveu finit par tomber pour laisser la place à un nouveau. Ce qui compte, c'est la quantité, la durée et la façon dont ils tombent. Cette page fait le tour des causes chez la femme, puis vous oriente vers nos pages détaillées.
1Combien de cheveux perd-on par jour ?
Une chevelure compte de 100 000 à 150 000 cheveux. On en perd normalement entre 50 et 100 par jour. La chute devient anormale quand on en perd plus de 100 par jour, ou quand une zone du cuir chevelu en perd nettement plus que le reste.
Pour comprendre les causes, il faut connaître le cycle du cheveu :
- la pousse dure 3 à 7 ans chez la femme, à environ 2 mm par semaine ;
- la transition dure une à deux semaines ;
- le repos, environ trois mois, au bout duquel le cheveu tombe et un nouveau commence à pousser.
Ce cycle dépend de l'alimentation, des hormones (thyroïde, hormones sexuelles), de l'hérédité et du système nerveux. Quand l'un de ces facteurs change, le cycle se dérègle et les cheveux tombent davantage.
2Deux grandes familles de chute
Les dermatologues distinguent :
- la chute diffuse, sur tout le crâne, et la chute localisée, par zones ou par plaques ;
- la chute passagère, suivie d'une repousse complète, et la chute durable.
Les deux formes les plus fréquentes sont l'alopécie androgénétique (localisée et durable) et la chute passagère appelée « effluvium télogène » (diffuse et temporaire).
3Les causes de la chute de cheveux chez la femme
Les hormones et la ménopause
C'est la piste la plus fréquente après 40 ans. L'alopécie androgénétique éclaircit les cheveux sur le dessus du crâne, sans jamais de calvitie complète. Elle touche environ une femme sur cinq vers 40 ans et une sur quatre vers 60 ans, et représente 80 % des pertes de cheveux durables chez la femme. Elle survient le plus souvent à partir de la ménopause : la baisse des œstrogènes laisse plus de place aux androgènes, ces hormones dites masculines que le corps féminin produit aussi.
La ménopause rend aussi, chez certaines femmes, les cheveux plus secs, comme la peau. Tout ce qui se passe à cette période, chute, cheveux fins et secs, est expliqué dans notre page dédiée : cheveux et ménopause, que faire. Et pour reconnaître une calvitie féminine : alopécie et calvitie chez la femme.
La pilule et les traitements hormonaux de la ménopause font aussi partie de ce qui peut favoriser l'alopécie androgénétique. Si vous suivez l'un d'eux, n'arrêtez rien seule : parlez-en au médecin qui vous le prescrit.
Un choc, une fièvre, une opération : la chute passagère
C'est la grosse perte de cheveux qui fait peur : des mèches entières dans la brosse, d'un coup. Jusqu'à 30 % des cheveux s'arrêtent de pousser en même temps et tombent environ trois mois après l'événement. Les déclencheurs connus :
- une forte fièvre ;
- une opération importante sous anesthésie générale longue ;
- un choc psychologique sévère ;
- l'arrêt d'une contraception hormonale ;
- un accouchement, une fausse couche ou une interruption de grossesse.
Cette chute dure le plus souvent 3 à 4 mois et la repousse est spontanée et complète. Comme l'événement date de plusieurs mois, on fait rarement le lien : repensez aux trois ou quatre mois précédents.
Le stress qui dure, la fatigue, la déprime
Le stress chronique et la dépression sévère font partie des causes de chute diffuse durable. Nous y consacrons une page : chute de cheveux, stress et fatigue.
Un manque de fer ou d'autres nutriments
Des carences en fer, zinc, magnésium ou calcium, l'anorexie et les régimes trop stricts font partie des causes de chute durable. Le manque de fer se vérifie par une prise de sang prescrite par le médecin : ne prenez pas de fer « au cas où » sans avis.
La thyroïde, le diabète et d'autres maladies
Les troubles de la thyroïde et un diabète mal équilibré peuvent faire tomber les cheveux. C'est l'une des raisons pour lesquelles une chute qui dure mérite une consultation : elle peut être le signe d'autre chose.
Certains médicaments
Certaines chimiothérapies, certains anticoagulants et le lithium peuvent faire tomber les cheveux. D'autres médicaments peuvent être en cause : si la chute a commencé après un nouveau traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, sans l'arrêter de vous-même.
Les coiffures et les soins
Permanentes, colorations, défrisages, coiffures serrées (queues-de-cheval tirées, tresses tendues) peuvent provoquer une chute, surtout sur les cheveux frisés ou crépus. Trop abîmer ses cheveux peut gêner la repousse.
Les chutes par plaques
Un « trou » dans les cheveux n'a pas les mêmes causes. Il peut s'agir d'une pelade (une maladie auto-immune) ou d'une teigne (une infection par un champignon). Les deux se traitent, et les cheveux repoussent en général une fois la cause traitée, sauf sur une zone cicatricielle (après une brûlure du cuir chevelu, par exemple). Une plaque demande toujours un avis médical.
4Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Faites le compte pendant quelques jours (brosse, oreiller, douche) : 50 à 100 cheveux par jour, c'est normal.
- Regardez la forme de la chute : diffuse, sur le dessus du crâne, ou par plaques.
- Remontez le temps : une fièvre, une opération, un choc, un arrêt de pilule il y a trois ou quatre mois ? Un nouveau médicament ?
- Ménagez vos cheveux : coiffures lâches, moins de défrisages, de colorations et de permanentes.
- Mangez varié, sans régime très restrictif.
- Consultez votre médecin traitant si la chute dure, si une zone se dégarnit ou si vous voyez une plaque : il cherchera la cause et pourra vous orienter vers un dermatologue.
Pour faire le point sur l'ensemble de vos changements à la quarantaine, notre questionnaire sur la ménopause peut aider à préparer la consultation (il ne pose pas de diagnostic).
5Les traitements, selon la cause
Il n'y a pas un produit « anti-chute » qui vaille pour toutes les chutes : le traitement dépend de la cause. Une chute passagère n'a généralement pas besoin de traitement, puisque les cheveux repoussent seuls ; le médecin peut parfois prescrire du fer. Une carence, un trouble de la thyroïde ou un médicament en cause se traitent par le médecin. L'alopécie androgénétique peut être freinée par un traitement local, le minoxidil, à poursuivre dans la durée. Tous les détails, avec ce qui marche et ce qui n'a pas fait ses preuves : traitements de la chute de cheveux chez la femme.





