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Peau et cheveuxGuide

Alopécie et calvitie chez la femme : causes, signes, que faire

Une raie qui s'élargit, un cuir chevelu qui se voit sous la lumière : chez la femme, la « calvitie » ne ressemble pas à celle des hommes. Voici ce qui se passe, et ce qui peut aider.

Mis à jour le Par l'équipe de Healthy & Co6 minutes de lecture
Une femme de 50 ans aux cheveux châtains mi-longs, de dos, qui se brosse doucement les cheveux devant une fenêtre

En bref en 30 secondes

Chez la femme, l'alopécie androgénétique éclaircit les cheveux de façon diffuse sur le dessus du crâne, sans jamais aller jusqu'à une calvitie complète ; elle concerne environ une femme sur cinq vers 40 ans et une sur quatre vers 60 ans. Elle ne disparaît pas d'elle-même, mais un traitement local en vente en pharmacie peut ralentir la chute, à condition de le poursuivre dans la durée, et un médecin doit d'abord vérifier qu'il n'y a pas une autre cause.

Dans cet article
  1. 1À quoi ressemble l'alopécie chez la femme
  2. 2Pourquoi ça arrive
  3. 3Les autres alopécies, à ne pas confondre
  4. 4Ce que vous pouvez faire dès maintenant
  5. 5Les traitements qui existent
  6. +Toutes les solutions
  7. 6Les compléments, expliqués honnêtement
  8. 7Calvitie au niveau du front : est-ce la même chose ?
  9. 8Alopécie chez une femme jeune : faut-il s'inquiéter ?
  10. 9Perruques et compléments capillaires
  11. ?Vos questions

Le mot « alopécie » veut simplement dire perte de cheveux. Il en existe plusieurs formes, et la plus fréquente chez la femme porte un nom un peu intimidant : l'alopécie androgénétique. C'est elle qu'on appelle couramment « calvitie », même si, chez la femme, elle ne va jamais jusqu'au crâne dégarni. Elle concerne environ une femme sur cinq vers 40 ans, une sur quatre vers 60 ans, et représente 80 % des pertes de cheveux durables chez la femme. Vous n'êtes donc pas un cas à part.

1À quoi ressemble l'alopécie chez la femme

Chez l'homme, la calvitie dégarnit le sommet du crâne et les tempes. Chez la femme, c'est différent :

  • les cheveux s'éclaircissent sur tout le dessus du crâne, de façon diffuse ;
  • la lisière du front est souvent épargnée ;
  • la raie paraît plus large, le cuir chevelu se voit davantage, surtout sous une lumière vive ;
  • les cheveux deviennent plus fins avant de tomber ;
  • la perte n'est jamais complète : il reste des cheveux, clairsemés.

Elle peut commencer à tout âge, parfois dès la puberté, mais elle survient le plus souvent à partir de la ménopause, et elle est souvent plus visible au printemps et à l'automne.

2Pourquoi ça arrive

Un cheveu vit en cycles : une longue phase de pousse (3 à 7 ans chez la femme), une courte phase de repos, puis une chute, et un nouveau cheveu repousse dans le même follicule. Dans l'alopécie androgénétique, deux choses se combinent.

D'abord, une prédisposition héréditaire : plusieurs gènes sont en cause, dont un porté par le chromosome X. Ensuite, l'action des androgènes, des hormones dites masculines que le corps féminin fabrique aussi, en petite quantité. L'une d'elles, la DHT (dérivée de la testostérone), raccourcit la phase de pousse : le cheveu a moins de temps pour grandir, il s'affine et tombe plus vite. Au fil des cycles, la chevelure perd de sa densité.

À la ménopause, les œstrogènes baissent alors que les androgènes, eux, restent présents : c'est l'une des raisons pour lesquelles la chute devient plus visible à cette période (voir notre page cheveux et ménopause). La pilule et les traitements hormonaux de la ménopause font aussi partie de ce qui peut la favoriser, et le stress et un excès de cholestérol sont des facteurs de risque possibles.

3Les autres alopécies, à ne pas confondre

Toutes les pertes de cheveux ne sont pas une alopécie androgénétique. On trouve notamment :

  • la chute diffuse passagère (après une forte fièvre, une opération sous anesthésie générale, un choc émotionnel, l'arrêt d'une contraception hormonale) : les cheveux tombent en abondance environ trois mois après l'événement, puis repoussent complètement ;
  • la chute diffuse durable : stress chronique, manque de fer, de zinc, de magnésium ou de calcium, régimes trop stricts, troubles de la thyroïde, diabète mal équilibré, dépression sévère, certains médicaments ;
  • les chutes par plaques, le « trou » dans les cheveux : la pelade (d'origine auto-immune) ou la teigne (une infection par un champignon), qui se traitent ;
  • la chute de traction liée aux coiffures serrées ou aux soins agressifs.

Une raie qui s'élargit lentement n'a pas la même cause qu'une plaque ronde apparue en quelques semaines. C'est pourquoi un avis médical vient avant tout traitement : ces signes ont d'autres causes possibles. Notre page chute de cheveux chez la femme les détaille une par une.

4Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Observez : depuis quand, où (dessus du crâne, plaques, front), en continu ou par vagues. On perd normalement 50 à 100 cheveux par jour ; au-delà, ou si une zone se dégarnit plus que le reste, notez-le.
  2. Prenez une photo de votre raie, toujours au même endroit et avec la même lumière, tous les deux ou trois mois : c'est plus fiable que l'impression du miroir.
  3. Desserrez les coiffures : queues-de-cheval tirées, chignons serrés et tresses tendues fatiguent la racine.
  4. Espacez défrisages, permanentes et colorations, qui font partie des causes de chute.
  5. Mangez varié et évitez les régimes très restrictifs, qui figurent parmi les causes de chute durable.
  6. Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant ou un dermatologue avant d'acheter un produit : il cherchera une autre cause (fer, thyroïde, médicament) et vous dira si un traitement local vous convient.

5Les traitements qui existent

Les traitements pour la femme sont peu nombreux, mais ils existent. Le plus connu est le minoxidil, une lotion à appliquer sur le cuir chevelu, vendue en pharmacie sans ordonnance obligatoire et non remboursée. Chez la femme, seule la forme la moins concentrée est indiquée ; la plus concentrée est réservée aux hommes, car elle augmente le risque de poils en dehors de la zone traitée. Il faut de la patience : l'effet apparaît au bout de quelques mois, la chute peut même augmenter au début, et à l'arrêt les cheveux reviennent à leur état de départ en quelques mois. Le pharmacien ou le médecin vous indique comment l'utiliser.

D'autres pistes passent par le médecin : le choix d'une pilule adaptée en cas de dérèglement hormonal, ou la spironolactone, qui n'a pas d'autorisation dans cette indication en France. Le finastéride, utilisé chez l'homme, est contre-indiqué chez la femme. Tout cela est détaillé dans notre page traitements de la chute de cheveux.

Toutes les solutions, d'un coup d'œil

Avec ou sans ordonnance, remboursé ou non, et ce qu'on en sait aujourd'hui.

SolutionOrdonnanceRembourséCe qu'on en sait
Gestes du quotidien (coiffures non serrées, peu de défrisages, colorations et permanentes)OrdonnanceNonRembourséNonLes coiffures serrées, les défrisages, les colorations et les permanentes peuvent eux-mêmes faire tomber les cheveux.
Minoxidil en lotion sur le cuir cheveluOrdonnanceNonRembourséNonC'est le traitement local de l'alopécie androgénétique chez la femme (forme la moins concentrée), avec un effet après plusieurs mois et à poursuivre pour le garder.
Pilule contraceptive choisie par le médecinOrdonnanceOuiRembourséSelon les casEn cas de dérèglement hormonal, le médecin peut choisir une pilule qui régule les fluctuations des hormones.
SpironolactoneOrdonnanceOuiRembourséSelon les casElle semble avoir une efficacité chez la femme mais n'a pas d'autorisation en France dans cette indication.
Perruque, complément capillaire ou accessoires (foulards, turbans)OrdonnanceSelon les casRembourséSelon les casL'Assurance Maladie les prend en charge, sur ordonnance d'un dermatologue, quand la perte de cheveux est due à une maladie ou à son traitement.
Compléments alimentaires pour les cheveuxOrdonnanceNonRembourséNonLeur efficacité contre la chute n'est en général pas prouvée.

Un aperçu général : le bon choix se fait avec votre médecin, selon votre situation.

6Les compléments, expliqués honnêtement

Les gélules « cheveux » contiennent souvent de la biotine (vitamine B8), de la vitamine B5, de la cystéine, de la méthionine ou de la levure de bière. Soyons clairs : leur efficacité contre la chute n'est en général pas prouvée, sauf en cas de carence réelle. Les autorités européennes refusent d'ailleurs à la cystéine, à la méthionine et à la levure de bière toute allégation sur la pousse des cheveux. Il y a aussi des précautions : la cystéine est à éviter si vous faites des calculs rénaux, la méthionine en cas de maladie du foie, de maladie cardiovasculaire ou de cancer. Si une prise de sang montre un manque de fer, c'est le médecin qui décide d'un traitement.

7Calvitie au niveau du front : est-ce la même chose ?

Pas forcément. Dans l'alopécie androgénétique de la femme, la lisière du front est justement souvent préservée. Un recul de la ligne du front, des tempes ou des sourcils mérite donc un avis de dermatologue, pour en trouver la cause.

8Alopécie chez une femme jeune : faut-il s'inquiéter ?

L'alopécie androgénétique peut commencer tôt, parfois dès la puberté. Chez une femme jeune, le médecin recherche aussi un trouble hormonal, une carence ou une chute passagère après un événement (accouchement, arrêt de la pilule, maladie). Plus le diagnostic est fait tôt, plus le traitement adapté peut être commencé tôt.

9Perruques et compléments capillaires

Quand la chute est due à une maladie ou à son traitement, l'Assurance Maladie prend en charge perruques, compléments capillaires et accessoires (foulards, turbans, bonnets), sur ordonnance d'un dermatologue, renouvelable tous les 12 mois, auprès d'un distributeur agréé. La prise en charge peut être totale en cas d'affection de longue durée liée à la perte de cheveux. Pour le moral aussi, ces solutions comptent : si la chute vous pèse, dites-le à votre médecin, et faites le point sur les autres changements de la peau avec notre page peau et cheveux après 40 ans.

Où en êtes-vous ?

Chaleur, sommeil, humeur, cycle : quelques questions pour mettre des mots sur ce que vous vivez et préparer votre rendez-vous.

Faire le questionnaire

?Vos questions

L'alopécie androgénétique de la femme peut-elle aboutir à une calvitie totale ?

Non. Chez la femme, elle n'est jamais complète : les cheveux restent présents mais clairsemés sur le dessus du crâne.

Le traitement hormonal de la ménopause peut-il jouer sur les cheveux ?

La pilule et les traitements hormonaux de la ménopause font partie de ce qui peut favoriser l'alopécie androgénétique. Ne modifiez rien seule : parlez-en au médecin qui vous suit.