Le mot « alopécie » veut simplement dire perte de cheveux. Il en existe plusieurs formes, et la plus fréquente chez la femme porte un nom un peu intimidant : l'alopécie androgénétique. C'est elle qu'on appelle couramment « calvitie », même si, chez la femme, elle ne va jamais jusqu'au crâne dégarni. Elle concerne environ une femme sur cinq vers 40 ans, une sur quatre vers 60 ans, et représente 80 % des pertes de cheveux durables chez la femme. Vous n'êtes donc pas un cas à part.
1À quoi ressemble l'alopécie chez la femme
Chez l'homme, la calvitie dégarnit le sommet du crâne et les tempes. Chez la femme, c'est différent :
- les cheveux s'éclaircissent sur tout le dessus du crâne, de façon diffuse ;
- la lisière du front est souvent épargnée ;
- la raie paraît plus large, le cuir chevelu se voit davantage, surtout sous une lumière vive ;
- les cheveux deviennent plus fins avant de tomber ;
- la perte n'est jamais complète : il reste des cheveux, clairsemés.
Elle peut commencer à tout âge, parfois dès la puberté, mais elle survient le plus souvent à partir de la ménopause, et elle est souvent plus visible au printemps et à l'automne.
2Pourquoi ça arrive
Un cheveu vit en cycles : une longue phase de pousse (3 à 7 ans chez la femme), une courte phase de repos, puis une chute, et un nouveau cheveu repousse dans le même follicule. Dans l'alopécie androgénétique, deux choses se combinent.
D'abord, une prédisposition héréditaire : plusieurs gènes sont en cause, dont un porté par le chromosome X. Ensuite, l'action des androgènes, des hormones dites masculines que le corps féminin fabrique aussi, en petite quantité. L'une d'elles, la DHT (dérivée de la testostérone), raccourcit la phase de pousse : le cheveu a moins de temps pour grandir, il s'affine et tombe plus vite. Au fil des cycles, la chevelure perd de sa densité.
À la ménopause, les œstrogènes baissent alors que les androgènes, eux, restent présents : c'est l'une des raisons pour lesquelles la chute devient plus visible à cette période (voir notre page cheveux et ménopause). La pilule et les traitements hormonaux de la ménopause font aussi partie de ce qui peut la favoriser, et le stress et un excès de cholestérol sont des facteurs de risque possibles.
3Les autres alopécies, à ne pas confondre
Toutes les pertes de cheveux ne sont pas une alopécie androgénétique. On trouve notamment :
- la chute diffuse passagère (après une forte fièvre, une opération sous anesthésie générale, un choc émotionnel, l'arrêt d'une contraception hormonale) : les cheveux tombent en abondance environ trois mois après l'événement, puis repoussent complètement ;
- la chute diffuse durable : stress chronique, manque de fer, de zinc, de magnésium ou de calcium, régimes trop stricts, troubles de la thyroïde, diabète mal équilibré, dépression sévère, certains médicaments ;
- les chutes par plaques, le « trou » dans les cheveux : la pelade (d'origine auto-immune) ou la teigne (une infection par un champignon), qui se traitent ;
- la chute de traction liée aux coiffures serrées ou aux soins agressifs.
Une raie qui s'élargit lentement n'a pas la même cause qu'une plaque ronde apparue en quelques semaines. C'est pourquoi un avis médical vient avant tout traitement : ces signes ont d'autres causes possibles. Notre page chute de cheveux chez la femme les détaille une par une.
4Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Observez : depuis quand, où (dessus du crâne, plaques, front), en continu ou par vagues. On perd normalement 50 à 100 cheveux par jour ; au-delà, ou si une zone se dégarnit plus que le reste, notez-le.
- Prenez une photo de votre raie, toujours au même endroit et avec la même lumière, tous les deux ou trois mois : c'est plus fiable que l'impression du miroir.
- Desserrez les coiffures : queues-de-cheval tirées, chignons serrés et tresses tendues fatiguent la racine.
- Espacez défrisages, permanentes et colorations, qui font partie des causes de chute.
- Mangez varié et évitez les régimes très restrictifs, qui figurent parmi les causes de chute durable.
- Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant ou un dermatologue avant d'acheter un produit : il cherchera une autre cause (fer, thyroïde, médicament) et vous dira si un traitement local vous convient.
5Les traitements qui existent
Les traitements pour la femme sont peu nombreux, mais ils existent. Le plus connu est le minoxidil, une lotion à appliquer sur le cuir chevelu, vendue en pharmacie sans ordonnance obligatoire et non remboursée. Chez la femme, seule la forme la moins concentrée est indiquée ; la plus concentrée est réservée aux hommes, car elle augmente le risque de poils en dehors de la zone traitée. Il faut de la patience : l'effet apparaît au bout de quelques mois, la chute peut même augmenter au début, et à l'arrêt les cheveux reviennent à leur état de départ en quelques mois. Le pharmacien ou le médecin vous indique comment l'utiliser.
D'autres pistes passent par le médecin : le choix d'une pilule adaptée en cas de dérèglement hormonal, ou la spironolactone, qui n'a pas d'autorisation dans cette indication en France. Le finastéride, utilisé chez l'homme, est contre-indiqué chez la femme. Tout cela est détaillé dans notre page traitements de la chute de cheveux.




